Vendredi 7 mai 2010 5 07 /05 /Mai /2010 10:20

  LA MALAISIE

 

 La première bonne surprise que nous réserve ce pays, cest létat du réseau routier. Si en Thaïlande, lautoroute est bonne, ici elle est magnifique ! De grands arbres lombragent, des massifs fleuris bien entretenus la jalonnent. La nature est magnifiquement verte et tout respire lopulence. Les aires dautoroute sont nickels et lon trouve les mêmes choses que chez nous dans les stations essence. Du coup, jai presque limpression dêtre revenue en France.

 

Cette impression est renforcée par le fait que dans ce pays, cest lalphabet tel que nous le connaissons qui est utilisé. Du coup, on peut lire les panneaux, même si on ny comprend rien.

  

Et les panneaux publicitaires constituent la seconde surprise. On y voit des photos sur lesquels des femmes souriantes et maquillées avec soin portent un foulard sur leurs cheveux. On avait oublié que nous sommes dans un pays majoritairement musulman. Au départ, nous ne pensions pas venir en Malaisie, et nous navons donc rien lu, rien préparé pour notre séjour ici. Nous avons renoncé à Bali, ayant rencontré de nombreux voyageurs très déçus par ce pays. Cest donc aux lieux et places de Bali que nous avons choisi, au dernier moment, de venir en Malaisie.

  

Notre première halte dans ce pays se fait sur lîle de Penang, à Georgetown.

 

 

 I°) GEORGETOWN 

 

Cette ancienne ville coloniale a été ainsi baptisée par les Anglais en l'honneur du roi Georges III.

Nous arrivons par le bac, duquel nous avons une vue imprenable sur la ville.

 

 

Nous trouvons facilement une guest-house bien placée dans le vieux quartier.

Le personnel, très agréable, fait son maximum pour nous donner des infos pratiques sur la ville et on apprécie la gentillesse et les sourires de tous. L’accueil des malais est chaleureux, et tous sont absolument bilingues en anglais.

 

Quant à la ville en elle-même, elle présente un mélange des populations surprenant. Cette ancienne ville coloniale est très cosmopolite. Les communautés malaise, chinoise, indienne, thaï, birmane, ... vivent apparemment en harmonie.

Chacun garde pourtant sa culture, son identité, sans se soucier de se fondre dans la masse. Les quartiers sont bien délimités, et totalement différents les uns des autres. C’est ainsi que l’on se promène avec plaisir dans le quartier indien, contemplant les saris colorés que portent les femmes, et se délectant de pâtisseries orientales. On passe ainsi d’un quartier à l’autre, voyant se succéder aux mosquées fréquentées par les Malais musulmans, les nombreux petits commerces chinois bourrés d’articles de toutes sortes.

 

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Mais les Indiens ne sont pas en reste lorsqu'il s'agit de magasins emplis de babioles et produits en tout genre. Je rentre ainsi dans un "temple de la beauté" où sont vendus des produits pour le moins surprenants à mes yeux : décalcomanie de tatouages éphémères pour les mains, ou encore bijoux à placer entre les deux yeux, kits de maquillage de la parfaite indienne.

 

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L' architecture de la ville se distingue elle-aussi de tout ce que nous avons pu voir jusque là.

 Dans le vieux centre ville, les maisons à un étage sont serrées les unes contre les autres. Elles sont toutes bâties sur le même modèle, avec de larges arcades faisant office de trottoir et d’abri en cas de fortes pluies.

 

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On se rend d’ailleurs compte de l’efficacité de ces constructions lorsqu’un orage éclate sur la ville, porteur de pluies torrentielles, qui inondent la rue en quelques minutes. Le niveau de l’eau monte à une vitesse stupéfiante, à 40 cm de haut. Mais redescend aussi vite, avalé par les nombreuses bouches d’égout.

 Le pauvre Adrien, traumatisé par notre mésaventure au Laos, est terrifié par le bruit du tonnerre qui fait trembler les vitres. J’espère que cette peur ne continuera pas à le hanter, et qu’il réussira à oublier cette mauvaise expérience.

 

 Mais la ville présente également un aspect moderne, avec ses hauts buildings, ses supermarchés impeccables, et ses fast-foods aux enseignes américaines.

 

 On passe quelques jours vraiment sympas à Georgetown, alternant les promenades dans la ville, qui nous mènent régulièrement jusque dans un parc ombragé où des jeux pour enfants sont installés, et les petits repas pris sur le pouce dans les rues.

On rencontre ainsi un couple franco-allemand avec leur petit garçon de 3 ans. Encore une fois, je constate que les gens dont nous croisons la route au cours de ce voyage ont fait un choix de vie bien différents de la majorité de nos contemporains. C’est bien le cas de Danilo et Marie, qui se sont rencontrés en Mongolie, et ont vécu plusieurs années en Ethiopie, où ils exerçaient respectivement les métiers de charpentier et d’infirmière dans une ONG.

 

 Nous mangeons pour trois fois rien dans la rue, comme on l’a fait jusque là au cours de notre voyage, à chaque fois que c’était possible. En Malaisie, on trouve, et c’est une nouveauté, des petits stands de burgers qui font le bonheur d’Adrien. A côté de cette nourriture américanisée, les Chinois préparent quantité de soupes, tandis que les Indiens proposent tandooris, nans, currys, et autres spécialités de leur pays. Alors, autant dire que c’est facile de trouver quelque chose qui nous convienne !

  

La ville, bâtie au bord de la mer, dans le détroit de Malacca, n’est cependant pas une destination balnéaire. On se rend vite compte qu’ici il est impossible de profiter de l’eau, plutôt boueuse. La couleur de l'eau, et l'étroite bande de sable ne donnent aucune envie de farnienter ici.

 

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Ce n’est pas très grave, nous avions l’intention de mettre le cap à l’est, vers les îles Perhentian.

 

    

LES ILES PERHENTIAN

 

Nous prenons un bus de nuit pour rallier le port d’embarquement pour les îles.

Si le confort du bus dépasse tout ce que nous avons connaître jusqu’ici avec ses grands sièges inclinables, la climatisation, poussée à son maximum, va nous frigorifier toute la nuit. C’est un problème que nous avons régulièrement rencontré en Asie. Les gens ne savent pas régler la climatisation et pour eux il fait bon autour de 18°. Avec la canicule qui règne au dehors, le choc thermique est d’autant plus violent. Alors, dans ce bus de nuit qui ressemble plus à un camion réfrigéré, on s’arrange comme on peut. Je ferme les aérations qui fonctionnent, je bouche celles qui sont cassées avec des kleenex. J’enveloppe Adrien dans une serviette de bain, tandis qu’il s’allonge sur des sièges restés vides. D’ailleurs, c’est bien lui de nous trois qui dormira le mieux, profitant de cet espace.

 

Nous arrivons tôt dans la matinée à l’embarcadère et embarquons avec d’autres touristes à bord d’un speed-boat. Les gilets de sauvetage distribués sont en nombre insuffisant, mais cela n’empêche pas le pilote de foncer. Chaque accélération frappe durement l’eau et fait gicler des gerbes d’eau autour de nous. Heureusement les gouttes d’eau qui s’accumulent sur nos lunettes de soleil ne nous empêche pas de distinguer les îles qui se profilent au loin.

 

Les passagers sont débarqués au fur et à mesure du choix d’hébergement qu’ils ont fait, que ce soit sur la petite (Kecil) ou la grande île (Besar). En effet, les Perhentian sont composées de ces deux îles uniquement. L’une d’elle est restée inhabitées pendant des années, tandis que dans l’autre seul un petit village de pêcheurs existait. Elles bénéficient maintenant de tout le confort moderne, mais sont restées un petit paradis, où les touristes viennent profiter d’une mer transparente et des plages de sable clair.

Je ne déroge pas à la règle, et tombe sous le charme dès notre arrivée. Jusqu’ici, nous n’avions pas encore vu une eau si limpide, tirant sur le turquoise. En Thailande, pour trouver ça, il fallait s'éloigner des côtes. Et l'eau n'a jamais été aussi claire. Là, c'est la vraie carte postale...

 

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Et ce qui me séduit particulièrement, c’est que les poissons sont là, à quelques mètres du bord. Pas la peine de faire des kilomètres en mer pour aller les admirer, ils sont tout près.

 

L’autre aspect très agréable de l’île, c’est qu’il n’y a aucune route terrestre, donc aucun bruit de véhicules. Un petit sentier qui suit la plage permet d’accéder à quelques autres plages, et c’est tout. La jungle a gardé ses droits partout ailleurs. C’est un véritable mur végétal qui se dresse, dense et impénétrable. J’imagine que c’est à cela que ressemblaient les îles thaïlandaises il y a une quinzaine d’années. La Malaisie nous apparaît donc à ce point de vue beaucoup plus authentique et préservée que sa très touristique voisine, même si nous sommes surpris du nombre de touristes français que nous croisons ici.

On sympathise ainsi avec un couple de parisien, Mattéo et Léa revenus passer quelques jours en amoureux aux Perhentian, après les avoir visité l’été passé avec leurs enfants.

 

Ou encore avec un couple franco-brésilien et leur fils du même âge qu’Adrien, qui vivent au Vietnam et sont ici pour les vacances.

C’est d’ailleurs en leur présence que nous partons pour une journée snorkelling en bateau. Le bateau fait quatre arrêts, qui nous permettent à chaque fois d’admirer de nombreux poissons, anémones de mer, coraux, et même requins et tortues !

 

Lors d’un arrêt, le pilote du bateau nous indique que c’est ici que l’on a le plus de chance d’apercevoir des requins, absolument inoffensifs. Alors, pas d’hésitation, on plonge ! Dans les premières minutes, à part quantités de poissons multicolores, on ne voit rien. On nage, on nage, en regardant partout autour de nous. Mais Ludo voit un premier requin, qui s’enfuit à notre approche. On ne se décourage pas et on continue notre recherche. Tout à coup, on en voit un ! Il mesure un bon mètre de long, et nage au fond de l’eau. C’est un petit requin à pointe noire. Il nous a repéré, c’est sur, et semble s’amuser de cette course poursuite dont il fait l’objet. Il nous balade ainsi pendant plusieurs minutes, avec une facilité déconcertante, alors que nous devons nager de toute nos forces pour parvenir à rester à sa hauteur. Et lorsqu’il décide qu’il en a assez, il s’éloigne en deux coups de queues.

 

Sur un autre spot, les tortues viennent manger des algues au fond de l’eau. Comme d’habitude, Ludo est le premier à sauter hors du bateau. C’est donc à lui que revient le privilège de les voir en avant-première. Il guide même le bateau pour qu’il nous approche le plus possible des tortues. Mais elles ne nous attendent pas et filent vers les profondeurs à toute allure. Je nage un bon moment sans rien apercevoir, desespérant presque de les apercevoir. Je finis par distinguer une forme caractéristique au fond de l’eau. Mais oui, c’est bien une tortue, et de belle envergure. Là aussi, il nous faut nager de toutes nos forces pour rester près d’elle, et admirer son évolution si gracieuse dans l’eau.

 

On se rend également à Turtle Beach, adorable petite plage de sable blanc, où nous sommes pratiquement seuls, et où l’eau est encore plus translucide qu’ailleurs, si c’est possible !

 

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En été, c’est sur cette petite plage que viennent pondre les tortues, enfouissant leurs œufs dans le sable. En longeant les rochers, c’est un véritable festival de poissons, de concombres de mer, de coraux, et même un couple de seiches énormes posé au fond de l’eau. Jusque là, toutes les seiches de ma connaissance étaient soit grillées sur un barbecue, soit préparées en sauce ! C’est donc la première fois que je les vois vivantes, dans leur environnement naturel.

 

On assiste avec stupéfaction à un cours de snorkelling donné à un groupe de jeunes Japonais, venus plonger comme nous dans cet endroit paradisiaque. Visiblement, ils ne savent pas nager, et sont saucissonnés dans leurs gilets de sauvetage, alors que l’eau leur arrive à la taille. Studieux, ils écoutent attentivement et sans broncher les explications de leur moniteur. Il leur faut plus d’une demi-heure pour apprendre à mettre le masque sur la tête et le tuba dans la bouche, après de nombreux essais. Et encore, ce n’est pas gagné pour tous …

 

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Les quelques jours que nous passons aux Pérhentians défilent vite, comme dans tout endroit où l’on se sent bien. On se baigne beaucoup, profitant sans relâche d’une belle plage à laquelle on accède après quelques minutes de marche. On fait beaucoup de snorkelling aussi, à quelques mètres de la plage. On a la surprise de constater que les petits requins à pointes noires viennent tout près du bord, alors que l’eau nous arrive aux genoux.

 

Le seul point négatif de l’île, c’est son ambiance un peu morne. Le soir venu, alors qu’il pourrait être si agréable de siroter un verre en regardant les étoiles, restaurants et bars ferment tôt. Le but, non avoué, mais clairement affiché, est d’éviter la consommation d’alcool dans l’île. C’est d’autant plus vrai dans les établissements tenus par des musulmans. Cette politique rigoriste attire des touristes avec un profil différent de ceux que nous avons pu voir jusque là. C’est ainsi que nous remarquons les nombreux couples venus de France, dont les femmes voilées et habillées de la tête au pieds (à part le visage et les pieds, on ne voit pas le moindre centimètre carré de peau) semblent se sentir à l’aise dans cette atmosphère. Moi, je ne peux qu’imaginer à quel point ce doit être désagréable de se baigner dans cette tenue, et à quel point il me serait frustrant de renoncer à bronzer ou à plonger.

 

Nous quittons l’île au bout de quelques jours pour nous rendre à Singapour.

 

 

III°) SINGAPOUR

 

Nous prenons un bus de nuit (encore un) pour arriver à Singapour tôt dans la matinée. Cette fois-ci, on s'est équipé en conséquence pour affronter la clim : pull polaire et serviette de toilettes en guise de couvertures...

 

Après une nuit, où comme d'habitude, Adrien est le seul à bien dormir sur son siège, nous arrivons à Singapour. Et c'est le passage obligé de la douane, puisque nous allons séjourner dans une ville indépendante du reste de la Malaisie. La corvée : il faut sortir du bus nos sacs à dos, les passer au scanner, présenter les passeports, remplir des fiches, encore et toujours. La "frontière" avec la Malaisie est située dans un immense bâtiment ultra-moderne, qui doit voir défiler tous les jours des centaines de personnes venant travailler à Singapour. En tout cas, ça ne plaisante pas ici : interdiction absolue de faire des photos, et les caméras, installées un peu partout filment nos moindres faits et gestes.

 

Nous, nous sommes pressés d'arriver et un peu lassés de toutes ces formalités.

Nous voilà enfin déposés en centre ville, à la gare routière. On prend un taxi, et on arrive à l'hôtel, super bien situé dans le coeur de ville, et proche des quartiers chinois et indiens, à deux pas du métro, et des multiples centres commerciaux de la ville.  On considère cet aspect des choses pour ne pas déprimer à mort devant la tristesse carcérale de notre chambre. D'ailleurs, Adrien l'appelle "la cellule", car avec ses quatre murs gris, et sa fenêtre donnant sur un puit de jour, elle évoque sans conteste une prison. Quant aux toilettes et douches, elles sont communes avec les autres détenus : sur le palier.

Nous décidons malgré tout de rester ici pendant la durée de notre séjour (on a prévu 5-6 jours sur place) : l'hébergement est peu onéreux pour la ville, et idéalement placé. On fera en sorte d'oublier la simplicité, voire la précarité de la chambre, en passant le plus de temps possible dehors.

 

Bon, il nous faut changer un peu d'argent, et nous habituer pour quelques jours à la monnaie en vigueur ici : le dollar singapourien. On s'y fait vite, le taux de conversion est facile.

 

Maintenant, nous partons à la découverte de cette ville si particulière. Et oui, Singapour est une île, une ville indépendante et une cité-Etat. Rien que ça !

 

 

Les différences avec le reste de la Malaisie sont énormes. Ici, tout est résolument moderne. Les buildings rivalisent d'originalité, eton reste ébloui par ce magnifique hôtel en forme de bateau, tout en haut de trois immenses immeubles.

 

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Ce qui est frappant à Singapour, et très agréable, c'est l'omniprésence de l'eau. Difficile d'imaginer que la rivière de  était auparavant le cœur de la cité où les premiers immigrants vivaient tant bien que mal et d'où Singapour se transforma d'obscur village de pêcheurs en magnifique port. Le long de ses berges qui, dans le passé, étaient principalement occupées par des entrepôts, ateliers, les quais ont été entièrement rénovés et sont maintenant des lieux de villégiature pour les Singapouriens et les touristes.

 

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Les plus animés sont Clarke Quay, où l'on se promène avec plaisir, le long de ses nombreux restaurants et boutiques en plein air, et Boat Quay, avec ses pubs, ses bars à vins et restaurants avec terrasses le long des berges.

 

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Le soir, la ville s'illumine. On continue la balade, sans aucun souci pour notre sécurité. On n'arrive pas à s'arracher à ces visions en technicolors.

 

 

La prospérité de la ville saute également aux yeux, surtout pour nous qui avons encore en mémoire la pauvreté des pays précédemment visités.  Ici, la crise qui touchait nos pays occidentaux avant notre départ (et qui doit encore durer) ne semble pas exister. Les gens consomment, et consomment encore. Restaurants, bars, cafés, boutiques de luxe se succèdent, et sont pleins de monde. A tout heure du jour, et jusque tard le soir, tout est ouvert et plein. Les immenses centres commerciaux se bousculent (plus de 120 dans la ville, chacun comptant environ 3 ou 4 étages : ça en fait des boutiques !

 

On est stupéfait de voir à quel point la ville est propre, presque aseptisée. Ici, pas un chewing-gum par terre, pas un papier. Quant à son métro, c'est le rêve de tout citadin ! Absolument impeccable, D'ailleurs, il est totalement interdit de manger, boire ou macher du chewing-gum à l'intérieur, sous peine d'amende salée !

  

Pas de doute, l'ancienne Singapura, "cité du lion" selon une légende malaise, est devenu un tigre économique éclatant de dynamisme.

 

Autre surprise : la  ville étale une stupéfiante diversité culturelle et ethnique.  On part visiter les quartiers Chinois et Indiens, tout proches de l'hôtel. C'est un vrai plaisir de retrouver quelques petits plats qu'on avait bien aimé en Chine, comme les dumplings (sorte de raviolis). Ou de découvrir la cuisine indienne, qu'on connaît mal. On se régale de délicieux lassis à la mangue, toujours aussi rafraîchissant sous cette chaleur.

 

 

 

 

 

 

Par florence - Publié dans : LES PAYS VISITES
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Lundi 26 avril 2010 1 26 /04 /Avr /2010 13:22

LE LAOS

 

 

I°) La région des 4.000 îles

 

Nous roulons encore quelques kilomètres après la frontière. Nous avons décidé de faire une première halte au Laos dans la région des 4.000 îles.

On ne s’attend pas toutefois à ce que le bus nous laisse au bord de la route, avec la vague indication du chemin à prendre. Même s’il n’est pas très tard (18 h) il fait nuit noire. Un jeune couple descend également du bus à cet endroit là. Nous chargeons donc nos sacs sur le dos, et marchons en leur compagnie dans la rue principale du village, avec pour seules lumières celles de nos deux lampes électriques. Les villageois, installés devant leur maison, nous regardent passer, intrigués. Les chiens nous suivent en aboyant. Les sacs sont lourds, il fait très chaud, et la route nous semble bien longue. De plus, on ne sait pas du tout si nous allons trouver un bateau au bout du chemin, comme on nous l’a indiqué. Mais comme il n’y a rien d’autre à faire, on marche et on marche encore.

Nous finissons par arriver au bout de la rue, toujours plongée dans l’obscurité. Le fleuve est là, et en face c’est le village dans lequel nous avons prévu de séjourner quelque temps. Il n’y a personne autour de nous, à l’heure qu’il est aucun bateau ne semble plus traverser. Que faire ? Finalement, un homme surgit de l’obscurité et nous propose de nous amener de l’autre côté. On discute un peu le prix, et on finit par se mettre d’accord. Dans le noir, à tâtons, nous prenons place sur une petite barque, lestés de nos bagages. La navigation sur le fleuve prend peu de temps, mais dans ces conditions, c’est une expérience inédite.

Nous arrivons de l’autre côté du fleuve, et trouvons l’hôtel que nous cherchions, sur l‘île de Khong. On est complètement épuisé après cette journée (plus de 12 heures de bus), et couvert de poussière. On ne rêve que d’une seule chose : une bonne douche !

 

On espère que le dollar est accepté ici, car nous n’avons pas eu la possibilité de retirer des kips, la monnaie locale. Cela ne pose pas de problème, et nous donne le temps de nous acclimater à cette nouvelle devise (1 euro = 10.000 kips).

 

Après une bonne nuit de repos, nous sommes prêts à découvrir l’île. On se rend compte de la beauté des lieux dès le petit déjeuner. La terrasse surplombe le Mékong, dans la luminosité dorée du matin. Des dizaines de petits îlots, disséminés dans le fleuve, semble noyés dans la végétation. Le courant emporte les plantes aquatiques qui racinent dans l’eau. Des jeunes moines font leurs ablutions dans le fleuve, des enfants s’y baignent, des femmes y lavent leur linge.

 

Dès que l’on quitte les berges du fleuve, c’est d’autres spectacles qui nous attendent. Dans les rues du village, les maisons en bois sur pilotis se suivent et se ressemblent. Les saucisses sèchent dans le jardin, tandis que les enfants disputent une partie de foot dans les rizières desséchées.

 

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Un peu plus loin, nous sommes bloqués par un troupeau de buffles qui traversent la route sans se presser.

 

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Le lendemain, on décide d’en voir un peu plus, et on loue des vélos pour se promener dans les alentours.

Malgré la chaleur accablante, on fait une balade magnifique, et on se régale !

Notre seul regret, c’est que c’est la fin de la saison sèche, et que les rizières, qui doivent offrir de superbes dégradés de verts en saison des pluies, sont complètement sèches et à l’abandon. L’herbe roussie dans les champs signale ce manque d’eau, et seuls les palmiers semblent ne pas en souffrir.

 

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De modestes maisons en tôle et bois s’alignent le long du fleuve, devant lesquelles les enfants sont rassemblés pour jouer. Coqs et poules font partie intégrante du paysage, picorant près des maisons, tandis que les buffles se suivent le long de la route.

 Il fait de plus en plus chaud, heureusement que la route est absolument plate !

 

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On fait une halte dans un village au bord du fleuve. Avec ses rues en terre battue, et ses commerces au toits de tôle ondulée, il nous semble des plus pauvres.

 

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Pourtant, les boutiques sont remplis d’objets de toutes sortes, ainsi qu’un marché de fruits et légumes.

On s’arrête dans un café sur pilotis, où l’on se rafraîchit de thé vert glacé, observant les quelques bateaux qui naviguent sur le fleuve.

 

Le lendemain, on décide de faire une balade en bateau sur le Mékong. Vu la chaleur, on préférerait partir le matin pour la demi-journée seulement. Mais il n’y a qu’une seule formule à la journée, et malgré nos réticences on finit par se décider. On embarque avec quelques autres touristes sur un petit bateau à moteur, simplement équipé d’une bâche pour nous protéger du soleil et de petits bancs en bois.

Malgré l’inconfort et le bruit, la balade sur le Mékong reste agréable. Une végétation épaisse entoure le fleuve, et des arbres majestueux penchent leurs branches jusque dans l’eau.

 

 

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Les troupeaux de buffles s’ébrouent sur les berges et nous regardent passer de leur air placide. Les pêcheurs, en équilibre instable sur leurs frêles embarcations, jettent leurs filets à l’eau.

 

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Quelques maisons sur pilotis se dressent le long du fleuve, plantées sur cette terre rouge entourée de hauts palmiers.Les îlots sont, quant à eux, inhabités.

 

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Au bout d’une heure et demi de navigation, nous arrivons dans un petit village.

L’organisation de cette balade, que je trouvais déjà plutôt aléatoire, devient alors carrément inexistante. On nous indique qu’il est possible de se rendre en vélo jusqu’à des cascades. Pour cela, il faut louer les vélos (non compris dans le tour payé), et rouler 12 kilomètres aller-retour. Or nous sommes déjà en fin de matinée, et la chaleur, à la limite du supportable, va se transformer en fournaise dans quelques heures. Quelques personnes décident de partir malgré tout.

 Nous, nous optons pour la solution de tranquillité et nous restons dans le petit village, à nous promener. Il est d’ailleurs adorable, avec son chemin de terre qui le traverse de part en part, emprunté par les enfants qui rentrent de l’école.

 

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Cette île rassemble les jeunes routards babas cools qui apprécient la tranquillité qui règne ici. Les hébergements proposés sont des plus basiques, mais s’alignent le long du fleuve, et offrent un panorama magnifique.

 

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On prend le temps d’apprécier le paysage, et de déjeuner dans un petit resto local. Nos compagnons de la journée reviennent enfin de leur balade à la cascade, rouges et essoufflés. Nous reprenons le bateau et rentrons à l’hôtel.

 

II°) PAKSE

 

Au Laos comme au Cambodge, il n’y a pas de train de voyageurs. Nous sommes donc condamnés à prendre le bus pendant notre périple dans ce pays.

Après 4 heures de bus local (sans clim), on arrive à Paksé. Ah, ici les tuks-tuks sont d’une sorte encore inconnue ! Il y a des variantes significatives, du petit tuk-tuk à deux places, à la camionnette bâchée, pouvant accueillir une dizaine de touristes et leurs valises.

 

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Le premier hôtel, repéré sur internet, est malheureusement complet. Nous tentons notre chance ailleurs, sous une chaleur suffocante. Les sacs à dos pèsent d’autant plus lourd quand il fait si chaud…

 

Au 4ème hôtel, situé au bout d’un chemin en terre battue, nous trouvons enfin de la place, et nous décidons d’y rester, même si le confort de la chambre nous paraît bien précaire. Ce qui ne m‘enchante pas, c‘est qu‘elle est au rez-de-chaussée de l’hôtel (par contre, ça plaît aux insectes rampants).

 

Dès le premier abord, la ville nous paraît sans grand intérêt. Une petite balade dans les rues confirme cette impression. Une avenue traverse la ville de part en part, où se concentrent quelques restaurants et petits commerces. C’est d’ailleurs là que nous trouverons de quoi nous restaurer. Ailleurs, il n’y a rien. Le soir venu, les rues adjacentes sont plongées dans l’obscurité, et seules les lumières émanant des maisons permettent d’y voir un peu. Dans ces rues, trottoirs et goudrons n’existent pas. Nous marchons dans la terre battue, et une fine poussière rouge recouvre vite nos pieds et nos vêtements.

 

La ville est cependant la porte d’accès au plateau des Bolovens, où se cultivent thés et cafés. Nous louons donc une moto pour monter jusque là, tentant d’échapper à la fournaise ambiante. La route est calme, si calme que cela ne cesse de nous surprendre. Peu de motos circulent et encore moins de voitures. De petites maisons en bois et en tôle s’alignent le long de la route, entourées d’une végétation brulée par le soleil. Les Laotiens, installés dans des hamacs tendus entre les pilotis de leurs maisons, sommeillent. Avec cette chaleur, que pourraient-ils faire d’autre ?

 

En arrivant sur le plateau des Bolovens, nous constatons une différence notoire de température. Et cela se ressent sur la végétation, beaucoup plus verte par ici.

On admire les plantations de thé et de café, on s’arrête pour en déguster quelques tasses.

Nous garons la moto pour poursuivre notre chemin à pied jusqu’à une impressionnante cascade. Là, au cœur de la jungle, deux chutes d’eau issues de la même rivière plongent sur plus de 100 mètres.

 

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Malgré les panneaux de mise en garde, nous nous aventurons un peu plus près.

 Le petit sentier qui descend vers les cascades au travers de la jungle est glissant et dangereux. On s’accroche aux branches les plus proches, aux racines des arbres pour ne pas tomber ( mais nos tongs ne sont pas vraiment adaptées pour ce genre de randonnée) A mi-chemin, la vue sur les cascades est magnifique, saisissante. Dommage, on ne peut pas descendre plus bas, car le chemin devient impraticable. D’ailleurs, vu la difficulté pour remonter, c’est sûrement mieux se s‘arrêter là !

 

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De retour en ville, la chaleur est encore plus vive. On s’arrête pour se rafraîchir avec un jus de canne à sucre fraîchement pressé. Nous trouverons cette boisson délicieusement sucrée absolument partout au Laos, et en boirons abondamment.

 

 

 

Mais le temps se couvre d’un seul coup, et on rentre à l’hôtel juste à temps pour échapper à la pluie. Un orage d’une violence incroyable s’abat sur la ville, et transforme les rues en bourbier. La ville, déjà peu attrayante, me semble à présent sinistre. On décide de poursuivre notre chemin dès le lendemain.

 

  III°) De PAKSE à VIENTIANE

 

Le trajet jusqu’à Vientiane est long et nous décidons de faire deux étapes sur la route : Savannakhet et Thakhek.

Nous reprenons un bus local, dans lequel nous voyageons dans les mêmes conditions que les Laotiens. Les poules vivantes sont parquées dans la soute, une moto est chargée à l’avant du bus, une roue de camion et un vieux poste radio sont abandonnés à l’arrière. Des vieux torchons sales pendent aux fenêtres en guise de rideaux. Les amortisseurs fatigués ne remplissent plus leur fonction depuis longtemps, et les secousses sont rudes. Mais le pire c’est la chaleur qui règne à bord. Lorsque le bus roule, un peu d’air circule et permet une relative aération. Mais dès qu’il s’arrête, la chaleur nous tombe dessus comme une chape de plomb. Le moindre mouvement est synonyme de transpiration, et nos tee-shirts sont vite moites et collants contre les sièges en skaï troués.

 

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Le paysage est certainement très beau à la fin de la saison des pluies, lorsque les rizières déploient toutes leurs nuances de vert. Mais, pour l’heure, tout est sec et semble irradier de chaleur. Le calme règne sur la route, absolument déserte. J’imagine que cela doit avoir du charme lorsqu’on roule en moto, mais dans les conditions et à l’époque de l’année où nous voyageons, nous n’en retirons aucun agrément.

 

Nous roulons ainsi plus de 6 heures, qui nous paraissent une éternité. Adrien est comme d’habitude d’une sagesse exemplaire, mangeant ce que nous trouvons au bord de la route (des brochettes de cuisses de poulet sur des piques de bambous) et restant sans bouger sur son siège.

 

Le soulagement d’être enfin arrivés à SAVANAKHEK dure peu, tant la petite ville nous déplaît. On décide de n’y rester qu’une nuit et de repartir dès le lendemain matin. Pour le moment, on va faire un tour en ville. Mais l’animation est inexistante, et il semble même que la ville ait sombré dans la léthargie la plus totale. On trouve cependant un jeu gonflable pour enfants. Après les nombreuses heures de bus de la journée, c’est un bon moment de défoulement pour Adrien. Sa présence surprend les autres enfants, et spécialement une adorable petite fille qui lui tourne autour …

 

Dès le lendemain matin, nous partons pour Thakek. Encore plusieurs heures de bus local, dans la chaleur et l’inconfort. Et toujours le même paysage desséché en cette période de l’année. Cette ville ne présente pas plus d’intérêt que l’étape précédente.

Nous la fuyons donc dès le lendemain en reprenant un bus pour la capitale. On espère retrouver un peu d’enthousiasme là-bas, car pour le moment je me sens déprimée par nos journées vides de sens.

 

Dans le bus, je remarque soudain le bras de Ludo, constellé de boutons. Il en est le premier surpris, ne ressentant aucune démangeaison. On verra un peu plus tard que les boutons s’étirent en une longue bande sur le dos. Alarmée, et ne sachant pas comment les soigner, je lui conseille d’aller à la pharmacie. On lui apprend que ce sont des poux de corps, quelle horreur ! Je passe les jours suivants à le tartiner de pommade au camphre, recommandée par la pharmacie locale. Les boutons mettront une dizaine de jours à disparaître.

 

IV°) VIENTIANE

 

Enfin, nous voilà dans la capitale du Laos ! Enfin, la ville ne ressemble pas vraiment à une capitale … Les avenues ne sont pas vraiment surchargées en trafic routier, les immeubles sont rares, et font plutôt place aux maisons basses et à quelques belles demeures coloniales.

 

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Nous trouvons l’hébergement que nous souhaitions, un hôtel qui offre l’agrément d’une petite piscine. Et au stade où nous en sommes, nous ne souhaitons plus qu’une chose : avoir moins chaud.

Nous nous sentons un peu prisonniers de ce climat, qui nous oblige à calculer nos sorties le matin et en fin d’après-midi, quand les températures sont plus clémentes.

Là, on se promène avec plaisir dans les rues de Vientiane, qui nous stupéfient par le calme qu’il y règne. A peine sortons-nous du cœur de ville que les rues sont désertes. Le petit quartier du cœur de ville concentre les rares magasins, les cafés et les restaurants, un petit centre commercial (le seul du pays), la poste, des écoles et des ambassades. Ce qui est assez drôle, c’est que la plupart des administrations ont conservé des noms en français, en plus de leur nom écrit en laotien. C’est ainsi que l’on trouve, à l’autre bout du monde « La Poste » !

 

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Le premier soir, nous avons mangé dans un petit restaurant près de notre hôtel. Les plats sans grande nouveauté, étaient cependant bons, et nous y retournons le deuxième soir. Nous sommes les seuls clients, et la patronne nous voit revenir avec le sourire. Toute la journée, le temps est resté lourd. A peine sommes-nous arrivés au restaurant que le vent se lève brusquement. De violentes rafales soulèvent le sable entassés sur les rives du Mékong en travaux. Le vent tourbillonne et siffle dans les rues, arrachant les branches des arbres, et faisant trembler le vitres du restaurant. Nous contemplons la tempête derrière la grande baie vitrée, d’une hauteur de 3 mètres, sur environ 8 mètres de long. Fascinée par le spectacle, et vaguement inquiète, je ne peux détacher mon regard de la rue. Le vent se fait encore plus violent. C’est alors que l’impensable arrive. Comme au ralenti, je vois les montants de la baie vitrée céder sous les bourrasques et s’arracher par le haut. Elle tombe d’un seul tenant, et le verre explose au contact des tables et des chaises. C’est bizarre comme devant l’imminence du danger, le corps semble réagir avant le cerveau. Je suis debout avant d’en avoir la conscience, et sans prendre le temps de remettre mes tongs restées sous la table. Je la contourne en courant, tandis que Ludo arrache Adrien de sa chaise. Je hurle à leur intention : « cours, cours ! », mais mes paroles sont couvertes par le bruit assourdissant des montants métalliques de la baie vitrée qui s’abattent sur le sol, et d’une pluie de verre qui tombe autour de nous. Et on court comme on fuirait un bombardement, les mains sur la tête. On se réfugie à l’arrière du restaurant, tandis qu’Adrien, les mains toujours plaquées sur ses oreilles, hurle sans pouvoir s’arrêter, terrifié. Le vent s’engouffre en rafales violentes dans le restaurant, puis fait place à l’orage, et à la pluie. D’un seul coup, nous sommes plongés dans le noir. Je tente de rassurer Adrien : nous ne risquons plus rien maintenant, c’est juste une coupure d’électricité. La patronne du restaurant, à la limite de la crise de nerfs, va chercher ses enfants et son mari au premier étage. Elle me désinfecte une petite blessure sous un orteil, que je me suis faite en courant pied nus. Ce n’est rien, juste une égratignure. Mais d’un seul coup, je réalise vraiment ce qui s’est passé, et je craque. Peu importe le nom que l’on peut lui donner : chance, destin, instinct de survie, ou intervention divine, ce qui est sûr c’est que l’on aurait pu mourir ici.

La bonne nouvelle, c’est que nous ne payons pas la note ! La patronne nous offre ce repas, qui a bien failli être le dernier.

Nous émergeons du restaurant dès que la pluie s’arrête. On nous fait un chemin de cartons, posé sur le verre brisé. Nous passons devant notre table et de nos chaises, recouvertes de longs morceaux de verre acérés comme des poignards.

 

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Je boitille jusqu’à l’hôtel, dans les rues inondées et saccagées par la tempête. Dans notre chambre, comme dans la rue, l’obscurité est complète, car l’electricité n’est toujours pas revenue. Eclairé par la lampe de poche, Ludo décide de repartir pour le restaurant afin de prendre quelques photos de cette mémorable soirée. Adrien et moi, nous nous éclairons à la bougie, fournie par l’hôtel.

 

Le lendemain matin, nous repassons devant le restaurant. Dès qu’elle me voit, la patronne se met à sangloter et s’écroule dans mes bras. J’essaie de la consoler, nous allons bien tous les trois.

 

On tente de retrouver un peu d’enthousiasme pour aller à la découverte de la capitale

. Le charme tranquille de Vientiane fait effet, et on se promène avec plaisir dans les rues calmes. Une avenue (qui n’a rien à voir avec les Champs Elysées) mène jusqu’à « l’arc de triomphe laotien ». La similitude de ce monument avec son homologue parisien est amusante, à l’autre bout du monde ! Derrière ce monument, tous les soirs, les habitants viennent profiter des fontaines musicales.

 

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La capitale n’est pas grande, et on se rend facilement d’un point à l’autre à pied. Ce qui est impressionnant à Vientiane, c’est l’absence de bruit et d’animation. Pourtant, c’est la capitale du pays ! Mais dès 9 heures du soir, on dirait que tout le monde est couché. Il faut vraiment se rendre dans le cœur de ville, dans le quartier touristique pour voir quelques restaurants encore ouverts, et remplis de monde.

On se régale d’une douceur du pays, les gaufres au lait de coco, délicieusement parfumées. Ou encore d’une variété de amok au poulet, qui est une façon de cuire le poulet à l’étouffé dans une feuille de bananier.

 

Mais la chaleur est vraiment trop exténuante, et dépasse allégrement les 40° à l’ombre. Nous renonçons à l’idée de nous rendre à Luang Prabang, découragés à l’avance par les nombreuses heures de bus qui nous attendent.

Nous quittons le Laos plus tôt que prévu. Ce pays, dont nous avons souvent entendu parler en termes élogieux, nous a déçu. Nous sommes persuadés qu’une grande part de cette déception vient du fait que nous ne l’avons pas visité au bon moment de l’année. De plus, après les sourires des Khmers, le comportement des Laotiens est bien moins agréable. Enfin, on a été véritablement stupéfaits des prix pratiqués pour certains services (comme les courses en tuk-tuk, bien plus chères que dans les autres pays), où la qualité des prestations proposées.

 

 

Du LAOS (VIENTIANE) à LA MALAISIE (GEORGETOWN)

 

Nous quittons donc le pays à bord d’un train spécial qui ne fait que traverser le pont de l’amitié au dessus du Mékong.

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Une fois ce petit parcours accompli, nous passons la douane et arrivons en Thailande. De là, nous prenons un train de nuit afin de rejoindre Bangkok.

Au Laos, on nous a vendu des billets à bord d’un compartiment non climatisé, prétextant que c’était les seules places encore disponibles. Je visite le train, déjà en gare, alors que nous sommes installés dans notre compartiment. Il y a plein de places dans les wagons climatisés. Je fonce aux guichets, et demande à changer nos billets. Et comme on est en Thailande, où tout est possible, c’est fait immédiatement, et ça ne pose aucun problème. Nous déménageons nos affaires 3 minutes avant le départ.

 

Le train couchette est confortable, et il fait bon. Mais je passe une mauvaise nuit, avec un poids sur l’estomac qui m’empêche de dormir. A l’arrivée à Bangkok en début de matinée, je suis encore plus mal. Je ne me sens pas la force de continuer jusqu’en Malaisie, et de supporter encore de nombreuses heures de trajet. De toute façon, les trains pour la Malaisie sont complets jusqu’à la semaine suivante. Nous n’avons pas beaucoup de choix : soit nous restons à Bangkok jusque là, soit nous descendons sur la côte thailandaise dans l’idée de prendre un bus pour la Malaisie dans quelques jours. On opte pour cette seconde solution, qui me permettra de me remettre. Et puis, au vu des manifestations violentes dans les rues de Bangkok, on ne va pas prendre le risque d’y séjourner.

 

Nous reprenons le train le jour même, jusqu’à HUA HIN, grosse station balnéaire sur la côte. Je me sens de plus en plus mal dans le train, complétement vidée de mes forces. A l’arrivée, je n’arrive même plus à porter mon sac à dos. Heureusement, nous trouvons un taxi dès la sortie du train, qui nous amène jusqu’à l’hôtel. Celui-ci est complet, mais nous trouvons un autre hébergement dans la même rue. Fiévreuse, je m’écroule sur le lit à peine arrivée, et m’endors instantanément. Pendant les deux jours suivants, je ne fais quasiment que dormir. Impossible d’avaler une bouchée, impossible de me lever. Le troisième jour, enfin, j’arrive à bouger un peu.

 

Ludo et Adrien ont mis à profit ce temps mort pour aller à la plage, même si elle n’est pas très agréable ici. L’eau a la même couleur que celle de la méditerranée, ce qui dissimule quelques rochers sur lesquels il est facile de se blesser. Le côté touristique est exploité à fond, avec promenades à dos de cheval sur la plage et vente de bibelots. Cependant, l’endroit à l’air de plaire aux Thaïs, qui viennent en nombre pour s’y baigner. Comme à leur habitude, ils vont dans l’eau entièrement habillés.

 

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Quand arrive le jour de prendre le bus pour la Malaisie, je suis à peu près rétablie. Même si je n’ai toujours pas la force de porter mon sac à dos. Ludo est obligé de faire un aller-retour de notre hôtel jusqu’à l’arrêt de bus pour y transporter son sac et le mien, qu’il ne peut porter en une seule fois, vu le poids et l’encombrement.

 

Nous attendons longuement notre bus de nuit pour la Malaisie, qui arrive avec presque deux heures de retard. . Enfin, le voilà ! On commençait à se dire qu’on s’était fait avoir en achetant à l’avance ces billets pour un bus fictif… Mais on apprend que les émeutes dans les rues de Bangkok l’ont empêché de circuler normalement, d’où le retard. Le bus est confortable, mais l’accueil et l’organisation déplorables. On claque la porte au nez de l’une des passagères qui se plaint du volume sonore du poste télé, on nous réveille à 6 heures du matin à grands cris, on nous débarque au bord de la route dans un petit resto local qui ne propose que des chips et des pâtes à cette heure matinale.

Après toute une nuit dans le bus, nous roulons encore une journée entière à bord d’un mini bus. On sympathise avec un jeune français, venu passer quelques mois en Australie pour travailler, mais qui a finit par échouer en Asie. Ca fait passer le temps de discuter, et nous finissons par arriver à la frontière.

Après les formalités de passage des frontières, nous voilà enfin en Malaisie !

 

Par florence - Publié dans : LES PAYS VISITES
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Mercredi 24 mars 2010 3 24 /03 /Mars /2010 15:00

LE CAMBODGE

Du 1er au 26 mars 2010

I°) KO KONG


Nous passons la frontière à pied, et ce pour la deuxième fois du voyage. Après le poste frontière thaïlandais, nous marchons une centaine de mètres jusqu’au poste frontière cambodgien. Sans quon le demande, nos bagages ont été chargés sur une petite remorque, poussée par un jeune garçon. Pour le service rendu, javais bien lintention de lui donner quelque chose, mais il fait grise mine devant le billet de 50 baths (environ 1 euro) que je lui tends. Sans se dégonfler, il m'en réclame le double ! Ca commence bien, ce pays

De nombreux Cambodgiens sont agglutinés devant le poste frontière dans l’espoir de soutirer un peu dargent aux touristes en leur offrant leurs services (taxis pour la plupart, aide pour remplir les papiers nécessaires à lobtention du visa )
Nous surveillons nos affaires avec vigilance, rassemblant nos sacs près de nous, et ne quittant pas Adrien du regard. Pour la première fois au cours de notre voyage, nous ne nous sentons pas vraiment en sécurité. Peut-être parce que la pauvreté est palpable dès l’entrée au pays, et les différences de niveau de vie entre touristes et autochtones accablantes. Tous les regards convergent vers notre appareil photo. On nous demande même combien il coûte, et sil fait caméra. Jimagine que sa valeur représente une véritable petite fortune pour tous ces gens. Je me sens très mal à laise dun seul coup, et je mempresse de le ranger, ne sachant pas déchiffrer derrière les visages souriants des Cambodgiens la simple curiosité ou la jalousie.

Nous n’
avons pas fait établir les visas pour ce pays, sachant quil était possible de le faire à la frontière. Effectivement, les visas sont rapidement prêts, moyennant 20 euros chacun, alors quils coûtent en réalité 20 dollars

Pas de doute, les employés des douanes se mettent quelques dollars dans les poches. D'après ce que j'ai pu lire, ou ce qu'on nous a raconté sur le pays, la corruption règne à tout niveau. Je constate avec amertume devant notre argent qui s'envole que c'est vrai.

Il nous faut maintenant un taxi pour aller jusqu'àla ville de Koh Kong, située à 8 kilomètres.


Je consulte mon guide de voyage, afin de connaître le coût de ce trajet. Je manque m étouffer dindignation devant le prix que les taxis nous proposent : plus du double ! Lun d eux a même le culot de me dire que si je trouve moins cher que ça, il nous amènera en ville pour le même prix. Une manière comme une autre dessayer de me prouver que son tarif exhorbitant correspond à un prix juste. Tout ça commence à me mettre sérieusement en colère, et je pars sur le parking à la recherche de quelquun dhonnête, si ça existe. De nombreuses voitures sont garées là, mais aucune narbore le panneau « taxi ». Je vois alors quen fait ce sont des particuliers qui amènent les touristes en ville avec leurs propres véhicules. Lorsquon comprend que je cherche une voiture, je suis entourée dune véritable meute de Cambodgiens, chacun criant plus fort que son voisin pour remporter le marché. Je reviens vers Ludo et Adrien restés à lombre, avec une base de prix plus raisonnable. Cela correspond à celui que propose un jeune homme réservé, resté près dAdrien et Ludo. Il avait déjà donné son prix précédemment, mais jétais tellement furieuse contre le précédent que je ne lavais même pas entendu Comment perdre un quart dheure pour rien, et dégouliner de transpiration sur un parking en plein soleil.
 
Nous partons donc avec lui, et nous ne le regrettons pas. Il est adorable, et va se mettre en quatre pour nous les jours suivants.

En attendant, la route se déroule devant nous, déserte, comme accablée par la chaleur. Quelle différence avec les belles routes de Thaïlande ! L
asphalte est irrégulière, craquelée, alors que la route na que quatre ans. Il ny a aucune signalisation, aucun marquage au sol. Et surtout, il ny a quasiment pas de circulation.


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 L’impression de pauvreté qui se dégage du pays est accentuée lorsque nous arrivons en ville.

 La poussière tournoie dans les rues inondées de soleil, et presque désertes. Avec la chaleur étouffante qui règne ici, je comprends qu’il y ait peu de promeneurs. Mais où sont passés les véhicules ? Les seuls qui circulent sont des tuk-tuk ou des motos, très rarement des voitures. On se croirait dans une ville fantôme du far-ouest américain.


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Dara nous conduit jusqu’à un premier hôtel qui ne nous convient pas. Chaque chambre comprend un seul grand lit, ou deux petits lits. Et nous sommes trois.

Il nous amène jusqu’à un autre hôtel qui, lui, est parfait. En plus, il y a une petit piscine, bienvenue par la chaleur qui nous accable. Nous nous installons ici pour quelques jours.


Nous aurons la surprise de revoir Dara les jours suivants, venu nous rendre visite à l’hôtel. On découvre en discutant avec lui qu’il est à Koh Kong depuis peu de temps. Il est venu s’installer ici avec sa famille lorsqu’il a perdu son emploi à Phnom Penh où il était professeur d’anglais. Il enseignait à des jeunes issus de familles aisées, qui ont perdu beaucoup d’argent dans des mauvais placements lors de la crise, et ont alors retiré leurs enfants de ces écoles, devenues trop chères. Le frère de Dara, installé à Koh Kong, lui a proposé de venir le rejoindre ici et lui prête sa voiture. Désormais, Dara va chercher des touristes à la frontière toute proche, et les conduit jusqu’en ville.


Lors de nos promenades en ville, nous remarquons vite qu’ici, comme au Vietnam, l’influence de la cuisine française se fait encore sentir. Il est facile de trouver du pain, vendu à tous les coins de rue. Et ça, on apprécie ! Nous avons la surprise de découvrir que les Cambodgiens l’utilisent pour préparer des sandwichs, avec crudités et charcuterie. En Asie, de la charcuterie ! C’est la première fois au cours de notre voyage que nous en trouvons aussi facilement.

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L’accueil des Cambodgiens nous étonne, dans un pays si pauvre. Les sourires illuminent tous les visages, surtout ceux des enfants, que nous trouvons extraordinairement beaux. Dès qu’ils le peuvent, les gens engagent la conversation avec nous, curieux de savoir d’où nous venons et ce que nous faisons ici.
Alors que nous marchons dans les rues de la petite ville, nous découvrons une petite école primaire. Le directeur de l’école nous aperçoit devant le portail, et nous salue aimablement. Comme tous les Khmers âgés, il parle français. Il nous invite à entrer (inimaginable en France !) pour voir les enfants dans les classes.

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Comme nous ne voulons pas les déranger dans leur travail, nous restons sur le seuil de la porte. Dans ces locaux en tôle ondulée, il fait une chaleur de plomb. Des tables sont posées sur le sol en terre battue. Malgré ces conditions difficiles, chaque élève est attentif aux explications de la maîtresse. C’est une belle leçon pour Adrien, que je ne manquerai pas de lui rappeler à l’avenir.

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En sortant de l’école, nous sommes abordés par un jeune garçon que Ludo avait rencontré la veille. Il s’appelle Tara. Comme beaucoup d’autres, il propose ces services pour nous faire découvrir les environs en moto. Lui aussi est très gentil et souriant, et nous nous mettons d’accord sur le prix, et sur une balade pour le lendemain.
 

Le lendemain matin, Tara nous attend devant l’hôtel avec sa moto. Je monte derrière lui, tandis que Ludo et Adrien prennent place sur un scooter. Nous laissons la ville derrière nous, empruntant la route principale, toujours aussi déserte.

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On prend un chemin de terre qui nous amène jusqu’à la mer toute proche. Là, quelques baraques ont été installées et proposent rafraîchissements et en-cas. C’est très sommaire, et tout à fait dépaysant. Coqs et poules picorent dans le sable, près des tables ou sous les hamacs.

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Ludo et Adrien vont se baigner, mais reviennent déçus. La consistance du sable mouillé est très particulière, et fait penser à de la vase. Il y a bien peu de visiteurs sur cette longue plage, qui n’a pas l’attrait de ses voisines thaïlandaises. Les enfants vivant dans les cabanes environnantes, livrés à eux-mêmes, s’approchent de nous. Une fois de plus, je les trouve extraordinairement beaux. Ils sont pauvrement et salement vêtus, mais merveilleusement souriants.

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Nous reprenons la route, toujours déserte et écrasée sous le soleil, en direction des chutes de Tatai. Heureusement que notre guide est avec nous, nous n’aurions jamais trouvé l’entrée, au bout d’un chemin de terre. L’accès est payant, et les gardiens tombent un boulot de dingue.

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Nous nous garons sur un petit parking entouré de détritus. Une fois de plus, ils jonchent le sol. La protection de l’environnement et l’écologie sont des vues de l’esprit dans ce pays, où il y a un gros travail de sensibilisation à faire auprès de la population.

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Après avoir franchi les sous-bois, nous débouchons sur les chutes. En cette saison, l’eau n’est pas très abondante, mais il paraît qu’à la saison des pluies, elles forment une succession de rapides bouillonnants. Là, nous trouvons quelques bassins qui nous permettent de nous tremper, de nous rafraîchir un peu. L’eau est pure et transparente, venant des hautes Cardamomes, la chaîne de montagnes la plus proche.

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Nous nous préparons à partir de Koh Kong, et achetons des billets de bus pour Sihanoukville.
Nous demandons à Dara, qui vient régulièrement nous voir à l’hôtel, de les acheter pour nous. Cela nous coûte la même somme qu’en passant par l’intermédiaire de notre hôtel, et je préfère que ce soit Dara qui gagne un peu d’argent dans cette transaction. Cette fois-ci, il amène son plus jeune fils avec lui, un bébé de 15 mois. Le pauvre petit bonhomme a une main atrophiée, qui n’a pu être découverte qu’à la naissance, faute d’échographie. Dara nous dit que beaucoup d’enfants ont ce genre de malformation, conséquence peut-être des privations encourues par leurs parents lors de leur propre croissance.

Dara nous invite à rejoindre le reste de sa famille à un concert en plein air qui se donne ce soir. On ne va pas rater ça, un concert Khmer ! Sur un terrain vague, une estrade accueille un petit groupe de musiciens avec chanteur. Le public est venu nombreux, en famille et en moto. C’est-ce qui est drôle ici : les cambodgiens ne conçoivent pas de se déplacer à pied. Les retardataires se faufilent parmi les spectateurs sur leurs deux-roues. Et lorsqu’ils s’arrêtent, ils restent assis sur leurs motos.


Dans cette foule, nous sommes bien sûr les seuls touristes. La famille de Dara, sa femme et ses deux autres enfants, sont là. Adrien leur a donné quelques petits jouets en plastique, et s’accroupit dans la terre pour jouer avec eux.

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La femme de Dara se met en quatre pour nous faire plaisir. Elle nous offre des morceaux de canne à sucre, des sortes de galettes vendues dans des petits stands ambulants. Mais les enfants ont repéré un manège et nous y entraînent. En fait, les petites motos sont simplement suspendues par des câbles, tournant autour d'un axe central. Nous offrons un tour de ce manège aux enfants, où Adrien s’amuse autant, si ce n’est plus que les autres.


Nous quittons nos hôtes, et regagnons l’hôtel car nous devons nous lever tôt le lendemain matin pour prendre le bus.

 


II°) SIHANOUKVILLE


Le départ pour Sihanoukville est bien difficile. Le réveil ne sonne pas à l’heure dite (normal, on a oublié de mettre le volume …). Je me réveille brusquement, étonnée d’entendre des gens se baigner si tôt dans la piscine. Et oui, mais ce n’est pas si tôt, et nous avons un quart d’heure pour être prêts ! On saute dans nos vêtements, on boucle nos sacs à la hâte (heureusement que nous les avions préparé la veille). Nous grimpons dans un tuk-tuk jusqu’à la station de bus, où l’on embarque juste à temps.
Des enfants mendient avec insistance aux abords de la station, des infirmes nous accostent, des vieilles femmes en haillons nous supplient de leur donner un peu d’argent. C’est dur de voir ça, d’être confronté à la misère aussi directement.


Le voyage jusqu’à Sihanoukville se passe bien, l’état de la route est correct, le bus plutôt confortable et climatisé. Les beaux paysages se succèdent, la forêt des Cardamomes que nous longeons s’étire interminablement.

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A Sihanoukville, nous trouvons un hôtel qui offre un très bon rapport qualité-prix. Son atout principal, c’est sa piscine, dont nous profitons largement. Il fait si chaud ! C’est difficile de se motiver pour bouger, ne serait-ce que pour aller à la plage toute proche.
Mais peut-être est-ce parce que nous sommes très déçus de la plage principale, nommée Occheuteal Beach. Les abords de la plage ressemblent plus à une décharge publique, avec quantité de détritus qui traînent. La plage en elle-même, longue et bordée de pins maritimes devait être belle … il y a quelque temps. Maintenant, les bars et restaurant se sont appropriés les lieux, installant parasols, fauteuils, tables et chaises au coude-à-coude.

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Il ne reste qu’une toute petite bande de sable pour passer le long de l’eau, et c’est trop étroit pour y installer sa serviette. Le touriste n’a donc pas d’autre choix que de poser son sac à la terrasse d’un café, et d’y payer ses consommations. Entre deux cocktails, il a l’occasion de sortir encore son porte-monnaie, lorsqu’il cède aux offres insistantes et renouvelées des petits vendeurs ambulants. Manucure, pédicure, massage, vente de colliers, bracelets, fruits, soupes, etc … Tout cela est proposé sans relâche.

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De leur côté, les petits chiffonniers font les poubelles pour tenter de récupérer les plastiques qu’ils revendront. Ce sont souvent de très jeunes enfants, qui parcourent ainsi la plage.

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Pour les téméraires qui tentent la baignade, il faudra éviter les nombreux bateaux et jets-skis qui n’ont ici aucun périmètre de sécurité. Contrairement à moi, Ludo et Adrien arrivent tout de même à passer un bon moment ici, en rejoignant des jeux gonflables géants installés dans l’eau.


Lorsque nous quittons la plage, c’est pour voir des bandes d’enfants mendiants dans les rues, les yeux hagards, et respirant des petits sacs plastiques remplis de colle. Le moins qu’on puisse dire, c’est que les nombreuses associations humanitaires qui existent au Cambodge ont du travail pour de longues années encore.

Sihanoukville ne nous séduit pas, loin de là. C’est pourtant la seule station balnéaire du pays, mais elle manque cruellement de charme. C’est dommage, cela pourrait être bien agréable de s’y relaxer à l’ombre des pins maritimes, et de profiter d’une eau à 30°.


Nous louons un scooter pour sillonner les environs. Nous longeons la côte, découvrons le port et les modestes maisons et petits commerces des Khmers. On s’arrête pour déjeuner dans une de ces petites gargotes, uniquement fréquentée par la population locale. On s’installe et on déguste des crèpes au soja qui ressemblent étrangement à celles qu’on a pu goûter au Vietnam. Et oui, la cuisine cambodgienne a subi les influences culinaires des pays voisins, en plus de celles du lointain pays colonisateur, la France.

Un jeune garçon assis à côté de nous, propose des petits biscuits secs à Adrien. Nous le retrouvons un peu plus tard, se promenant en moto sur la route. Sophat, c’est son nom, semble avoir envie de discuter, de nous montrer sa région, et il va rester avec nous jusqu’en fin d’après-midi. C’est plutôt surprenant de faire des rencontres comme ça, et de constater à quel point les jeunes cambodgiens sont avides de discussion avec les étrangers.
Nous nous arrêtons avec lui sur une première jolie petite plage.

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Voilà une plage qui me plaît : elle est uniquement fréquentée par des Khmers, et aucun commerce ne s’y est installé.

On se baigne donc avec plaisir, sous les regards surpris des Cambodgiens. Comme en Thaïlande, je remarque que les gens se baignent entièrement habillés. Pour ne choquer personne, je garde mon paréo, et me baigne dans cette tenue.
En discutant avec Sophat, nous avons la confirmation de ce que l’on pensait : cette pratique a pour but de se protéger activement du soleil. Comme tous les asiatiques, les gens d’ici ont une vénération pour les peaux blanches. Ils s’habillent de manière à exposer le moins de peau possible au soleil, enfilant gants, pantalons, chemises à manches longues, chapeaux. Certaines femmes arrivent même à enfiler leurs tongs sur des chaussettes !

Ce comportement, à l’opposé de nos habitudes d’Occidentaux, nous fait sourire, nous qui rêvons de vivre en vêtements d’été toute l’année, nous qui profitons des moindres rayons du soleil pour avoir bonne mine.


Sophat nous conduit ensuite jusqu’à une seconde plage, où les Khmers ont l’habitude de venir pique-niquer. Ils se sont installés avec toute leur famille sur des nattes, abrités du soleil par les pins maritimes. Les boîtes déjeuner, en polystyrène sont jetées dans la nature dès qu’ils n’en ont plus l’usage. Tout autour d’eux, les ordures s’accumulent, et s’accrochent aux arbres, aux herbes, s’enfoncent dans le sable. Ils semblent totalement inconscients de cette pollution, et je me dis une fois de plus qu’il y a un sacré travail de sensibilisation à effectuer dans ce pays.


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Il fait encore chaud, en cette fin d’après-midi, et Adrien ne peut pas résister à l‘appel de l‘eau tiède. Je l’accompagne dans l’eau pour une dernière baignade. L’eau est incroyablement chaude, elle n’atteint jamais ces températures-là en France. Sauf quand il y a une vague de chaleur exceptionnelle, où les méduses échouent en bord de mer. J’ai à peine le temps d’avoir cette inquiètante pensée, que je ressens une brûlure au bras. Au même instant, Adrien se plaint d’avoir mal près de la cheville. Nous sortons rapidement de l’eau. Pas de doute, c’est bien une méduse qui nous a piqués. La blessure d’Adrien est très superficielle, elle a dû à peine le frôler. La mienne, par contre, est bien visible, avec des grappes de petits boutons serrés. Ca me brûle de plus en plus, et nous décidons de rentrer à l’hôtel pour nous soigner. Avec du désinfectant et un peu de biafine, ces deux bobos disparaissent dès le lendemain.


Sophat accompagne Ludo pour acheter des billets de bus à la gare routière pour notre prochaine destination : la capitale, Phnom Penh. Par l’intermédiaire d’un de ses amis, qui y travaille, nous les payons moins chers que ceux au tarif « spécial touriste ». Nous sommes cependant conscients que les prix payés par les Cambodgiens pour la même prestation sont bien moindres.

Le lendemain matin, alors que nous négocions le prix de la course en tuk-tuk pour aller jusqu‘à la gare routière, nous avons la surprise de voir arriver Sophat. Il tient à nous escorter jusqu’à la gare routière.
Sur place, une pagaille monstrueuse règne. On nous indique un bus, puis un autre, censés aller à Phnom Penh. Lorsque nous approchons des bus en question, il s’avère que ce n’est pas du tout leur destination. Sophat se renseigne mieux : le bus vient de partir, et il n’y en a pas d’autre aujourd’hui. Il s’est trompé sur l’horaire qu’il nous a indiqué … Plusieurs mois passés en Asie m’ont appris à rester cool en toute situation, et à comprendre qu‘il y a toujours une solution. En l’occurrence, Sophat nous propose de prendre un tuk-tuk et de rattraper le bus avant qu’il ne quitte la ville. On engage donc une course poursuite à travers la ville, le tuk-tuk se fraye un chemin parmi les autres véhicules, fonce, prend des raccourcis … et on finit par apercevoir notre bus arrêté à un feu rouge. Notre tuk-tuk accélère encore, le rattrape, et se plante devant lui, l’empêchant ainsi de redémarrer. Ce final hallucinant déclenche les fous rires que nous retenions pendant la course, et l’étonnement des passagers occidentaux du bus. Les asiatiques, eux, restent stoïques, comme en toute circonstance. Après un revoir rapide avec Sophat, nous nous installons dans le bus. Et c’est parti pour 4 heures de transport en commun.
En cours de route, quelques Khmers montent dans le bus. Comme il n’y a plus de places, ils s’installent dans la travée centrale, sur des tabourets en plastique miniatures, leurs enfants sur les genoux. Ceux qui ont des places assises portent aussi leurs enfants. Il est inimaginable pour eux de payer une place supplémentaire pour un enfant. Je regarde Adrien, confortablement installé sur son siège …

 


III°) PHNOM PENH


A notre arrivée dans la capitale, nous sommes agréablement surpris par la ville, et le calme relatif qui y règne. Mais peut-être qu’on s’attendait à une capitale aussi bruyante, aussi grouillante que son homologue Thaïlandaise. Or, ici, il n’y a « que » deux millions d’habitants. Quelques belles maisons coloniales, des espaces verts, peu de hauts d’immeubles, et  la présence du Mékong contribuent au charme de la ville.

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Nous logeons ici dans un guest-house tenue par une famille francophone, dans un quartier résidentiel. Adrien est le plus heureux quand il découvre un petit garçon de son âge, Davi, avec lequel il sympathise bien vite. On voit bien que les copains commencent sérieusement à lui manquer, et on s’arrage pour revenir de nos visites au moment où Davi rentre de l’école, de façon à ce qu’il puisse jouer avec lui au maximum.


Nous partons visiter le Palais royal dans le centre ville.
Le palais, plutôt récent (début du XXème siècle), d’inspiration traditionnelle khmère, nous séduit par la finesse de son architecture. De belles tuiles vernissées recouvrent la toiture, une flèche surmontée d’un bouddha à quatre têtes s’élance vers le ciel, des sculptures dorées resplendissent au soleil.

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A l’entrée des jardins, on remarque un arbre vraiment particulier. C’est l’arbre de Sala, un arbre sacré dont les feuilles poussent tout en haut, et les fleurs tout en bas. Surprenant, non ?

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Nous traversons les allées parfaitement alignées et plantées de massifs et d’arbres, pour rejoindre la salle du trône. Comme toujours en Asie, lorsqu‘on entre dans un temple ou un palais, nous nous déchaussons et laissons nos chaussures à l‘entrée. C’est ici que les cérémonies du couronnement avaient lieu, et on peut encore y voir le trône d’apparat en or au milieu de la pièce.


Nous continuons la visite par la pagode d’Argent, qui tire son nom des 5000 carreaux d’argent (d’un kilo chacun) qui pavent le sol. On ne peut en voir que quelques uns, car la plupart sont recouverts de tapis. La vaste pièce contient encore bien des trésors, dont un bouddha en jade, un autre recouvert d’or et incrusté de plus de 2000 diamants.

Dans l’enceinte du palais et de la pagode, c’est un havre de paix et d’harmonie qui règnent.

Fin de la tranquillité dès que nous en ressortons. Nous ne pouvons pas faire un pas dans la rue sans être poursuivis par les conducteurs de tuk-tuk nous proposant leurs services, à grand renfort de cris : « hello sir, tuk-tuk ? Where do you want to go ? Tuk-tuk cheap, cheap » Ils ne peuvent pas comprendre que nous voulons marcher, car ici, comme dans la majorité des pays asiatiques que nous avons traversés, la marche à pied est une activité inexistante. Et pour cause, il n’y a pratiquement pas de trottoirs. Lorsqu’ils existent, ils sont en piètre état ou servent d’étals aux petits artisans, et aux commerçants qui y déballent leurs marchandises.

Parfois ils servent de refuge aux mendiants de la ville. Des enfants tendent la main aux abords des lieux les plus touristiques, seuls, livrés à tous les dangers d’une grande ville.

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Cela me serre le cœur de voir tous ces petits si misérables, manquant à l‘évidence du strict minimum pour vivre, errer ainsi dans les rues. Pourtant nous décidons de ne pas leur donner d’argent, qui tombe le plus souvent dans d’autres mains. Nous prenons l’habitude d’avoir sur nous de la nourriture, des briques de lait et des biscuits afin de les distribuer.

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Nous allons visiter le Musée du crime génocidaire, établi dans la prison même où ont eu lieu ces atrocités. Avant ces années noires (de 1975 à 1979), c’était un lycée, que l’on reconnaît bien à ses bâtiments à étages dispersés autour de la cour centrale.

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Plus de 15.000 personnes sont passés entre ces murs, subissant les tortures les plus sadiques, avant d’être exterminés dans un camp en dehors de la ville. Aucun prisonnier n’a pu s’échapper d’ici, et seuls 7 d’entre eux furent retrouvés vivants.

La visite commence fort, par les salles d’interrogatoires, ou plutôt de tortures. Dans ces pièces, presque nues, il n’y a qu’un petit lit métallique, auquel on attachait les prisonniers. Le lit lui-même était branché sur le courant électrique. Les éclaboussures de sang sont encore visibles sur le plafond, et des tâches sombres couvrent aussi le carrelage.

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Dans la cour, les tortionnaires Khmers rouges se servaient d’un portique de sport comme potence, et y pendaient les prisonniers par les pieds. Les jarres, encore visibles, servaient pour les ranimer, avant de les y noyer définitivement.

Un autre bâtiment est rempli de cellules minuscules, et les balcons protégés de fil de fer barbelé pour empêcher les prisonniers de se suicider en se jetant du haut des étages.

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Dans ce même bâtiment, le rez-de-chaussée propose une exposition de photographies en noir et blanc des visages des détenus, prises à leur arrivée dans la prison. J’ai la gorge nouée en contemplant ces visages figés, en imaginant leur calvaire. Ils sont presque tous très jeunes. Il y a aussi des enfants, et des bébés avec leurs mères. Quels crimes pouvaient-ils bien avoir commis pour mériter de tels châtiments ? Du temps de Pol Pot, il suffisait pour être considéré comme un opposant au régime, de porter des lunettes (même pour les enfants), d’être un enseignant, un cadre, un ingénieur, un fonctionnaire, ou d’appartenir à une famille d’intellectuels.


Dire que c’est à peine l’année dernière que le procès contre les leaders des Khmers rouges s’est ouvert. Le tortionnaire en chef de cette prison, est l’un des cinq inculpé. Quand on sait que la corruption règne dans le pays, que le premier ministre actuel est un Khmer rouge repenti ayant tout a perdre dans ce procès, on peut s’interroger sur son issue…


Secoués par cette visite, on tente de retrouver le moral en arpentant les rues animées de la ville. Ludo achète des petits coquillages à une marchande ambulante. Ca ressemble à des tenilles crues, confites dans du sel et séchées au soleil. J’en mange une ou deux, mais c’est terriblement salé. Les garçons, eux, adorent.

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Nous allons jusqu’au marché russe, où un amoncellement de marchandises déborde des stands. Céramiques, bibelots, foulards, linge de maison, vêtements, bijoux, CD et DVD, nourriture, ou pièces détachées de voitures ou motos se côtoient. Nous avons une petite pensée pour Thierry, qui adorerait voir ça.
On déjeune là, malgré la chaleur de plomb qui s’abat sur les tôles ondulées des toits.

 

La chaleur est si intense au Cambodge que nous avons changé notre emploi du temps habituel. Nous ne sortons que le matin, et rentrons à la guest-house aussitôt après le déjeuner. Adrien fait son travail scolaire en début d’après-midi, dans la fraîcheur de la chambre climatisée. Il a le plaisir de retrouver ensuite son copain Davi, qui sort de l’école.


Le marché central est, quant à lui, plus ordonné que le marché russe. Le bâtiment est une curieuse construction jaune, à laquelle se raccrochent des grappes de petits stands extérieurs. On y retrouve les mêmes souvenirs pour touristes, et les mêmes dizaines de conducteurs de tuk-tuk, qui interpellent le client à grands cris.


Nous achetons à la gare routière toute proche des billets de bus pour notre prochaine destination, Battambang.


L’agitation, le bruit et la poussière règnent sur cette place, où nous nous frayons péniblement un chemin jusqu’au guichet.

Nous quittons la capitale pour Battambang le lendemain, en fin de matinée, munis de nos tickets.

 

IV°) BATTAMBANG


En attendant notre bus, on achète du pain et de la vache qui rit, seul fromage facilement disponible ici. Avec des bananes et des chips, ces sandwichs composeront un en-cas pour le voyage.

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L’état de la route jusqu’à Battambang est correct, et le bus plutôt confortable. Le seul problème, c’est que le chauffeur s’obstine à faire profiter les passagers du poste de télévision, dont la qualité audio et vidéo est lamentable. Et si on peut éviter de regarder l‘image qui tressaute, on ne peut pas ne pas entendre le son, désagréablement criard. En plus, on est juste sous la baffle, et le volume sonore est poussé à son maximum. Adrien grimace et s’enfonce les doigts dans les oreilles. C’est terriblement fort et je fais des signes désespérés au chauffeur pour qu’il baisse le son. A part nous, la cacophonie ne semble gêner personne. Je me suis souvent fais la remarque qu’en Asie les gens étaient capables de supporter et presque d’apprécier le bruit à un niveau maximal, qui chez nous serait qualifié de pollution sonore.

Heureusement, quelques Khmers qui regardent curieusement Adrien s’aperçoivent du malaise, et font baisser le son. C’est un peu moins fort seulement, mais plus supportable. Je prête mon MP3 à Adrien, quitte à perdre quelques dixièmes d’audition, autant que ce soit avec de la musique qu’il aime.


En chemin, nous croisons des motos-charrettes, un concept nouveau jusqu’ici. Comme son nom l’indique, la moto tracte une charrette, sommairement aménagée au moyen de quelques bancs pour recevoir des voyageurs. Les Khmers s’entassent dans ce transport collectif, que j’imagine particulièrement inconfortable et lent, sous le soleil et dans la poussière de la route. En comparaison, et malgré le problème du bruit, nous sommes installés comme des rois dans ce bus. En cours de route, les passagers prennent place dans l’allée centrale, sur leurs mini-tabourets en plastique. De telles conditions de transport ne les empêchent pas de garder le sourire, et de partager gentiment avec nous les fruits qu’ils ont emportés.


A notre arrivée à Battambang, les tuk-tuk sont là, comme d’habitude. Nous avons à peine le temps de descendre du bus qu‘ils se précipitent, véritable nuée humaine. Evidemment, nous détonnons au milieu des passagers Khmers, et sommes une cible toute désignée. Et c’est au plus débrouillard, au plus rapide des chauffeurs que revient la victoire. Celle d’amener les touristes jusqu’à leur hôtel, en leur faisant payer le prix maximum. Le marchandage fait partie de la culture asiatique, préalable nécessaire au respect. On le sait bien maintenant, mais il y a des fois plus pénibles que d’autres. Par exemple, quand on est fatigué après une demi-journée passée dans un bus, quand on est chargé de nos bagages … On se plie aux règles du jeu malgré tout. Notre chauffeur tente de nous persuader de faire une balade avec lui le lendemain, prétextant qu’il est le moins cher du marché. Nous prenons son numéro de téléphone, cela peut toujours servir.
Nous nous installons à l’hôtel, mais alors que nous ne pensions y rester que deux ou trois jours, nous allons rester bloqués ici une semaine. Cas de force majeure : au début, c’est Ludo qui est malade, bientôt suivi par Adrien. Je résiste miraculeusement à leurs problèmes gastriques, ce qui est vraiment étonnant vu mes antécédents.


Il fait toujours aussi chaud, peut-être encore plus qu’à Phnom Penh. Dès 10-11 heures du matin, c’est intenable. Tout est sec, poussiéreux. Le moindre pas dehors est synonyme de transpiration. Laissant Ludo se reposer dans la chambre, Adrien et moi prenons un tuk-tuk pour rejoindre les eaux tièdes de la piscine, installée dans un petit complexe sportif. Nous admirons au passage les belles maisons coloniales de la ville, la façade du musée, heureux de rouler et de recevoir un peu d’air.
La grande piscine que nous découvrons est déserte. Fidèle à ses habitudes, Adrien passe son temps dans l’eau, et surtout sous l’eau, nageant et plongeant sans répit. J’essaie de me souvenir que pendant ce temps, c’est l’hiver en France, un hiver particulièrement rude cette année. Mais c’est décidément trop loin de notre quotidien, trop loin de la chaleur qui règne ici, trop loin de la température des eaux de cette piscine. En fin d’après-midi, quelques Khmers et quelques expatriés viennent faire des longueurs après leur journée de travail. Pour rentrer à l’hôtel, nous prenons une moto-dop, dont le terme vient peut-être des mots français moto double. Nous montons donc à l’arrière d’une des nombreuses motos qui sillonnent la ville à la recherche de clients. C’est un mode de transport pratique et peu onéreux pour les courtes distances, mais que nous ne pouvons pas emprunter quand nous sommes tous les trois.

Le lendemain, Ludo va mieux, et peut nous accompagner en ville. Nous commettons l’erreur de sortir déjeuner, alors que la chaleur est à son maximum. On se traîne, à la recherche d’ombre salvatrice, tout en transpirant abondamment. Au bout de quelques mètres, Adrien est livide et s’accroupit sur le trottoir. Je suis obligée de le porter, il ne peut plus avancer d’un pas, se plaignant de maux de tête et de ventre. Heureusement , le restaurant est tout proche. Assis sur sa chaise, à l’ombre et près du ventilateur, il devrait se remettre vite. Ce n’est pourtant pas le cas. Ses lèvres blanches et son front moite nous inquiètent et nous font craindre un évanouissement. On décide de le ramener dans la chambre d’hôtel. Ludo s’avance avec lui, pendant que je m’occupe de faire emballer le repas que nous avons commandé. A peine sont-ils partis qu’ils sont déjà de retour. Adrien fonce aux toilettes la main collée à la bouche : il restitue son petit déjeuner dans la seconde qui suit. Après ça, il va un peu mieux, mais nous nous dépêchons de rentrer pour le rafraîchir et le soigner. Malgré tous les médicaments que je lui donne, il y a peu d’amélioration les jours suivants. Il ne s’alimente plus du tout, mais accepte heureusement de boire (thé, coca-cola, eau minérale, bouillon) et dort beaucoup.

Nous nous relayons à ses côtés, sortant à tour de rôle pour ne pas le laisser seul.


Ludo part faire un tour dans la campagne environnante, surprenant des scènes de vie pittoresques, tels ces enfants qui se baignent dans la rivière, ou ces femmes charriant de lourds rochers près du fleuve. On avait déjà remarqué au Vietnam que les ouvriers du bâtiments étaient souvent des ouvrières, ainsi que les éboueurs étaient des éboueuses.

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Sans le dire à Adrien, on commence à être sérieusement inquiets sur son état, et on envisage d’aller voir un médecin, malgré nos craintes sur ses compétences et les possibilités de soins dans cette ville. Ah, dire que quelques jours auparavant, nous étions dans la capitale ! Le matin où nous nous décidons à aller consulter, Adrien se réveille en meilleure forme, et en ayant faim. Sauvés !


Avant de repartir enfin de Battambang, nous voulons voir l’attraction locale : le bamboo train.

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Nous prenons place sur ces petites plates-formes en bambou montées sur bogies et entraînées par un moteur (genre tondeuse à gazon). On s’attendait à un tortillard, se traînant péniblement le long des rails. Finalement, le train atteint la vitesse honorable de 25-30 km/heure, ce qui est impressionnant quand on est assis au ras des roues, à l‘air libre. La voie ferrée, datant du siècle dernier, laisse apparaître de beaux espaces entre les rails, lesquels procurent secousses et soubresauts. Le bruit du moteur, mêlé à celui des chocs métalliques est assourdissant, et ne nous permet pas la moindre discussion. Mais le moment le plus pittoresque est sans nul doute la rencontre avec un autre train, venant en sens inverse. Comme il n’y a qu’une voie, et aucune possibilité de bifurcation, il y a donc un train de trop. Les Khmers ont trouvé un règlement : le moins chargé cède la place. Pour cela, démontage du train en 30 secondes, et en trois éléments : 2 essieus, et la plate-forme. Tout est déposé sur le côté de la voie, puis replacé sur les rails lorsque la voie est libre.

A deux reprises, nous sommes ainsi contraints à effectuer cette opération qui fait partie du charme du bamboo train. La balade à bord du train permet de découvrir la campagne environnante, constituée de rizières à perte de vue (mais malheureusement sèches en cette période de l’année). Elle permet aussi d’approcher au plus près la population locale, qui vit dans des hameaux desservis par le bamboo train. Les enfants sont comme toujours particulièrement souriants et curieux, n’hésitant pas à s’approcher de nous pour nous saluer et nous montrer leurs jeux.

Nous quittons Battambang pour Siem Reap, toujours au moyen d’un bus, puisqu’au Cambodge les trains de voyageurs n’existent pas.

 

V°) SIEM REAP


La gare routière de Battambang où nous attendons notre bus offre son lot de curiosités. La plus singulière réside sans nul doute dans les paniers de « friandises » locales. Des petites marchandes ambulantes proposent ainsi des beaux insectes grillés, de taille respectable. De quoi caler une petite faim le temps du voyage. Dommage, on a déjà bien déjeuné ce matin !

 

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Les soutes du bus sont déjà pleines de sacs de riz et diverses marchandises transportés par les autres passagers. Il n’y a plus la moindre place pour nos sacs à dos, qui se retrouvent au milieu de l’allée centrale, et obstruent le passage. Cela oblige les passagers à une véritable gymnastique pour sortir du bus. Mais personne ne s‘en plaint, cela semble normal et habituel.

A peine sommes-nous montés dans le bus, qu’un Khmer entame la conversation avec moi. Agé d’une quarantaine d’années, il parle un français laborieux et hésitant, n’ayant pas souvent l’occasion de le pratiquer. Alors là, il est ravi de pouvoir discuter, et surtout de poser des questions. Certaines sont innocentes, d’autres plus surprenantes, voire choquantes pour les occidentaux que nous sommes. C’est ainsi qu’il insiste pour savoir combien coûte ma montre. Ou qu’il semble atterré d’apprendre que je n’ai qu’un seul enfant, et me conseille d’en avoir d’autres (au moins trois de plus), afin qu’ils s’occupent de moi lorsque je serai vieille.

Quant à Ludo, il a pour voisine une jeune femme qui passe son temps à grignoter les insectes qu’elle a acheté à la station de bus.

 

Nous arrivons à Siem Reap, dernière étape de notre voyage au Cambodge. L’intérêt principal du coin, c’est la présence toute proche des célèbres temples d’Angkor.

 

Nous nous installons dans une guest-house tranquille tenue par un Français et son épouse Cambodgienne. Si les chambres sont modestes, le jardin est très agréable avec ses hamacs sous paillottes, et nos hôtes particulièrement accueillants et attentifs. C’est un vrai plaisir de discuter avec eux, et de se reposer dans les hamacs après la visite des temples.

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Nous décidons de prendre un forfait sur trois jours, qui nous permettra de découvrir quelques uns des 287 temples sans nous presser. Et puis, il fait si chaud qu’on comprend vite que l’on ne pourra faire les visites que le matin, ou en fin d’après-midi.

 

Nous prenons un tuk-tuk qui nous conduit sur le site, à 8 km de Siem Reap. La route est exceptionnellement bonne, on sent que d’importants moyens ont été déployés pour faire face à l’afflux touristique.

Nous commençons par le plus célèbre des temples. Devant nous se dresse le majestueux temple d‘Angkor Wat.

 

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Angkor, en khmer, cela signifie capitale. Et oui, Angkor, de sa création au 9ème siècle, jusqu’à son déclin au 13ème siècle, était la capitale du pays. Et les nombreux temples, dont il ne reste aujourd’hui que des ruines, étaient entourés de maisons de bois et de paille, où vivaient les paysans du royaume.

 

D’immenses douves protègent Angkor Wat. Après avoir franchi le magnifique pont, entièrement couvert d’une chaussée de pierres, nous arrivons devant l’entrée du temple. Que c’est beau ! Les balustrades de pierre représentent un naga, c’est-à-dire un serpent géant à 7 têtes, considéré comme le roi des animaux marins et le gardien des richesses sur la terre. A l’intérieur, ce sont les bas-reliefs qui nous éblouissent par la finesse des sculptures, patinés par l‘usure du temps. La fameuse scène du Râmâyana , une histoire d’amour et de jalousie, est représentée ici, sur plus de 200 mètres de long. Dans une autre galerie, c’est la scène du barattage de la mer de lait qui est sculptée. De ce barattage naissaient des créatures fantastiques, largement représentés ici.

L’intérieur du temple est un véritable labyrinthe de couloirs, galeries, escaliers, cours, petits autels. Il reste peu de statues, car le site a subi un véritable pillage au cours du dernier siècle.

 

Nous montons à la tour centrale par un escalier extérieur en pierre, dont l’accès est interdit aux enfants. Adrien râle sérieusement, mais accepte de rester en bas, le temps de notre ascension. De là-haut, la vue sur l’entrée du temple, cerné par la forêt alentour est extraordinaire.

 

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Nous visitons aussi le Bayon, temple montagne, remarquable avec ses tours à visages. Chacune d'entre elles est ornée de quatre grands visages orientés vers les quatre points cardinaux. On se croirait alors dans une forêt de pierre, une forêt de 200 gigantesques visages aux regards mystérieux regardant dans les 4 directions.

 

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 Le Bayon est resté longtemps une énigme. Construit au 12e siècle, les étages inférieurs du Bayon sont un panthéon consacrés aux dieux Khmers du début de sa construction à une époque de transition entre l'hindouisme et le bouddhisme, et l'étage supérieur est consacré à Bouddha. De fabuleux bas reliefs de 1200m de long au Bayon, et représentant plus de 11000 personnages sculptés, très grandes fresques relatant les combats et batailles navales entre les Khmers et les Chams, ainsi que la vie quotidienne.

 

On visite également le Ta Phrom, pour lequel j’ai un véritable coup de cœur.

Difficile d’imaginer aujourd’hui que ce monastère bouddhiste fut le plus gigantesque d'Angkor où vivaient 120000 personnes 8 siècles auparavant

Aujourd’hui, la nature a repris ses droits et envahi le site. La Conservation d'Angkor a sauvé les monuments principaux, mais n'a pas "nettoyé" le Ta Phrom de tous les arbres et racines qui l'avaient envahi et laissé ses droits à la jungle, tels que l'ont trouvé les premiers découvreurs. Et c’est sûrement ce qui fait son charme !

Les racines ressemblent à des serpents qui disloquent et dévorent les statues et les murs, et des arbres géants coiffent les têtes des stuppas. J'ai l'impression d'être dans une forêt maléfique, qui ne veut pas laisser échapper ses dieux et qui les détruit ....

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 On décide d’aller voir le coucher du soleil sur le Prè Rup , autre temple montagne. Celui-ci est considéré comme un temple funéraire. Au bas de l’escalier, on voit encore une grande cuve qui servait aux crémations.

 On grimpe en haut de la pyramide à trois gradins, à plus de douze mètres de haut. De là haut, bien sûr, la vue est extraordinaire. Assis sur les pierres chaudes de soleil, les pieds dans le vide, on profite de la clarté de cette fin de journée, en discutant avec notre voisin, un guide francophone. Le soleil, véritable boule de feu rouge, descend lentement, se cache un moment dans les nuages, puis finit par se fondre à l’horizon.

C’est un moment magique, que l’on apprécie à sa juste valeur.

 

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Lorsque nous nous décidons à redescendre, nous sommes assaillis par les nombreux enfants qui vendent cartes postales, petits objets en bambous, flûtes et autres souvenirs pour touristes. Difficile de résister lorsqu’ils nous affirment que grâce à ces ventes, ils pourront aller à l’école. Ce sont essentiellement des fillettes, venues des villages alentour. Une fois de plus, je suis frappée par la beauté des visages et les sourires qui les illuminent. Et une fois de plus, Adrien est confronté à la réalité de ces vies, si différentes de la sienne.

 

Nous nous promenons dans Siem Reap, ville touristique par excellence, du fait de sa proximité avec le site d’Angkor. Mais cela reste bien agréable de trouver en abondance des petits restos, des cafés, et même des petits supermarchés. On ne résiste pas longtemps à l’appel de quelques produits occidentaux qui nous manquent, comme le chocolat, ou les BN. Comme toujours, c’est un vrai plaisir de boire dans la rue les jus de fruits qui sont préparés à la demande. C’est sûr, c’est-ce qui me manquera à la fin de ce voyage : les jus de fruits fraîchement pressés, aux délicates saveurs exotiques !

On dîne dans des petits restos de rue, dont les normes d’hygiène ferait sans doute frémir en France. Mais depuis que nous sommes en Asie, nous nous sommes habitués à des choses moins aseptisées, et généralement on ne s’en porte pas plus mal.

 

Nous nous aventurons également dans des quartiers plus authentiques, où les maisons sont parfois bien modestes. Les rues par ici sont en terre battue, et la fine poussière rouge de cette terre recouvre tout.

 

Nous rencontrons un couple de Français, avec leur petite fille de 5 ans. Ils ont vendu tout ce qu’ils possédaient en France et sont partis, avec la vague idée d’ouvrir un commerce quelque part en Asie. Ils ont visité l’école française de Siem Reap, dans l’éventualité d’y inscrire leur fille en septembre prochain.

Nous décidons nous aussi d’aller voir cette école, ce petit morceau de France à l’autre bout du monde.

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Nous arrivons à l’école en fin de matinée, et coup de chance c’est l’heure de la récréation. Nous entrons dans la cour, et un instituteur s’approche de nous. Il est très sympathique, et nous discutons ensemble un moment. Il nous propose de nous faire visiter l’école. On se déchausse à l’entrée et on pénètre à l’intérieur, pieds nus. C’est vraiment drôle car c’est en fait une grande maison dont les pièces ont été aménagées en salle de classe. Une salle de bains subsiste encore, vestige du passé.

C’est l’école idéale, celle dont tous les parents rêveraient pour leurs enfants ! Les classes sont composées de moins de 10 élèves, ce qui garantit un suivi personnalisé de chacun. Un ordinateur est à la disposition des enfants, avec bien sûr un accès à internet. Il y a aussi une bibliothèque, bien fournie en livres. Après les cours, les enfants ont accès à des activités extra scolaires sur place. Nous rencontrons les autres enseignants et la directrice, tous très sympas et ouverts (un grand bonjour à toute l’équipe, et aux enfants si vous nous lisez !) Spontanément, ils proposent à Adrien de venir partager une demi-journée de classe. Un peu intimidé, il accepte cependant sans hésiter. Et le lendemain matin, nous le laissons à l’école. Lorsque nous revenons le chercher à midi, il est ravi de l’expérience. Il nous raconte qu’il a joué au foot pendant la récré avec ses nouveaux copains, qu’il a travaillé sur le panda, et qu’il a fait des recherches sur internet. Il a également raconté son voyage à sa classe, à la demande de la maîtresse. Quand je pense qu’en France, son instituteur ne prend même pas la peine de lire à la classe les cartes postales qu’Adrien envoie de tous les pays que nous avons traversés …

 

Mais il est temps pour nous de quitter le Cambodge. Nous décidons de prendre le bus pour rejoindre le Laos, malgré les heures de route qui nous attendent.

Ah, quel trajet ! La première partie est à la limite du supportable. Nous nous levons très tôt, car le départ est à 6 heures du matin. La première mauvaise surprise, c’est que nous sommes installés dans un minibus, vieillot et surtout sans climatisation. Les seules places disponibles sont au fond, mais offrent encore moins de place et de confort. Adrien et moi changeons de place, et obligeons les passagers installés sur deux sièges à se pousser. Le moins qu’on puisse dire, c’est que le Britannique à côté duquel je m’assoie n’est pas très content. Mais au cours du voyage, il se déride. Avec ma chance habituelle, je tombe sur un bavard, qui me raconte sa vie (en anglais bien sûr). Mais, comme parler ça donne soif, il n’hésite pas à s’envoyer quelques bonnes rasades de whisky. Super, en plus d’être bavard, il est alcoolique. Il fait chaud, les fenêtres du minibus sont ouvertes dans l’espoir de laisser rentrer un peu d’air, et je suis assommés sous un flot de paroles. Pour tenter d’éponger l’alcool qu’il ingurgite, et le faire taire pendant qu’il mange, je lui donne des bananes. Adrien est à peine mieux loti que moi, car son voisin est tellement gros qu’il déborde de son siège et lui laisse une place minuscule. Quant à Ludo, il est resté à l’arrière, coincé entre le siège de devant et les bagages placés dans le coffre. On roule presque sans s’arrêter pendant des heures et des heures. C’est interminable, et il fait si chaud. Vers 14 heures, nous changeons de bus. Les conditions de voyage sont alors nettement meilleures, puisque nous sommes maintenant dans un grand bus (vive la climatisation !) et enfin réunis.

En fin d’après-midi, nous arrivons enfin au poste frontière. Le bus nous débarque pour les formalités habituelles. On remplit des papiers, et on paye … 1 dollar chacun pour un coup de tampon sur nos passeports ! Là encore, c’est du vol non dissimulé, mais est-ce que l’on a vraiment le choix ? Nous payons donc, et passons au Laos. Et on remplit d’autres papiers, encore et encore. Notre seule crainte, c’était qu’on ne nous délivre pas le visa à la frontière terrestre, ce que nous avons lu dans tous les guides de voyage. Cependant, l’agence qui nous a venu les billets à Siem Reap nous a assuré le contraire. Alors, qui croire ? C’est maintenant le moment de vérité. Ouf, on nous délivre les visas sans problème !

Ca y est, nous sommes au Laos.

 

 

Par florence - Publié dans : LES PAYS VISITES
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Mercredi 10 mars 2010 3 10 /03 /Mars /2010 11:47

VI°) KANCHANABURI


Nous prenons un taxi qui nous amène jusqu’à la gare. Et de là, un train jusqu’à Kanchanaburi , 130 km à l’Ouest. Le confort dans le train est spartiate, et l’atmosphère à peine rafraîchie par les ventilateurs fixés au plafond, tandis que les fenêtres, grandes ouvertes, laissent entrer un air chaud.

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La petite ville est calme et reposante, après l’agitation et le bruit de Bangkok. On apprécie tout particulièrement sa situation, au bord de la rivière Kwaï. Nous trouvons d’ailleurs un hôtel qui propose, comme beaucoup d’autres ici, des rafthouses, c’est-à-dire des maisons construites sur pontons flottant. La maison oscille doucement au gré des flots et nous berce par ce léger mouvement. J’ai une petite pensée pour Karine : elle aurait détesté dormir là !


Le lendemain, on reprend le train pour une excursion à la journée à Nam Tok, village voisin. L’idée est surtout de passer au dessus du célèbre pont, et de longer la rivière Kwaï. La voie ferrée traverse effectivement le pont de la rivière Kwai, ou du moins le nouveau pont, reconstruit par les Japonais. Le premier a coûté la vie à bien des hommes, prisonniers occidentaux et travailleurs asiatiques, décimés par la malaria et de terribles conditions de vie. Pendant la seconde guerre mondiale, et sous le contrôle de l’armée Japonaise, plus de 130.000 hommes ont travaillé à l’édification de ce pont, au prix de terribles souffrances, et parfois de leur vie.


Nous sommes également venus ici dans le but de rejoindre une réserve d’éléphants, tenue par un Français. On entre en contact avec lui grâce à internet et il nous envoie une voiture avec chauffeur pour nous conduire jusque chez lui, à une centaine de kilomètres de là.

Avant de partir de Kanchanaburi, on a la surprise de découvrir un bébé léopard, exhibé en plein centre ville. Il est là pour assurer la publicité du centre animalier voisin. Sa courte attache lui permet à peine de se lever, et il tourne en rond sur son estrade. Il a l’habitude de voir du public, d’être admiré et caressé, pourtant Adrien n’est franchement pas rassuré.

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Nous faisons plusieurs arrêts sur la route, et longeons à pied pendant un moment la ligne de chemin de fer. Je suis impressionnée : les piliers qui soutiennent le chemin de les rails en hauteur sont entièrement en bois, rongés à certains endroits par l’humidité ou les insectes. Comment tiennent-ils encore ?

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Nous avons également la frayeur de voir que nous ne sommes pas seuls sur la voie : un serpent s’y tient immobile, et semble totalement hypnotisé par les lointaines vibrations d’un train qu’il est le seul à percevoir.


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On s’arrête également à des sources d’eau chaude où plusieurs bassins permettent de choisir entre une eau chaude ou très chaude, avant de se plonger ensuite dans la rivière d’une fraîcheur saisissante.

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Mais ce que nous attendons avec impatience, c’est l’arrivée chez François et la rencontre avec les éléphants. Nous sommes accueillis par François et sa grande famille, dans un site magnifique. La maison principale surplombe un immense lac artificiel, tandis que des bâtiments annexes s’ouvrent sur le jardin.
Nous allons saluer les éléphants, ou plutôt les éléphantes, et leur donner les bananes que nous leur avons apportées. Elles enroulent leur trompe autour des bananes et les glissent dans leur bouche avec gourmandise, et ils en redemandent toujours. C‘est déjà très impressionnant d‘être si prêts d‘elles, j‘imagine demain lorsqu‘il faudra les monter...

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Cerise sur le gâteau : François a une jeune singe femelle, tout à fait adorable, que l’on toucher et même porter. Elle n’est pas farouche, ni agressive, même si ses petites mains s’accrochent de préférence à nos cheveux, et cherchent à arracher tout ce qui peux briller sur nos tee-shirts. Elle a une nette préférence pour les hommes, et en particulier pour Ludo, dont elle tombe éperdument amoureuse. Elle l’épouille longuement et consciencieusement, avant de se lover dans ses bras et s’endormir. Elle s’appelle Madonna, ce qui provoque dialogues délirants entre Adrien et moi, du genre : « tu te souviens, quand Madonna a sauté sur papa pour lui chercher des poux ? ».


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Adrien trouve ici deux compagnons de jeux : les deux petits garçons de François qui présentent l’avantage de parler français, et de nous raconter leur vie ici en Thaïlande.


Le lendemain, nous sommes prêts pour une grande première : promenade à dos d’éléphants ! Ici, on monte à cru, derrière les oreilles de l’éléphant. La plus grande difficulté consiste à gravir l’éléphant, comme on pourrait gravir une montagne. Car chez François, pas d’estrade pour aider le touriste empoté. Dommage, car là, je me sens vraiment empotée… La technique pour monter sur l’éléphant est simple : il faut s’accrocher à son oreille d’une main, agripper les replis de sa peau de l’autre, tandis qu’on pose un pied sur son genou, et que l’autre pied tente de trouver un point d’appui sur le dos de l’éléphant. Mais si la technique est simple, la réalisation est difficile.
Ma première ascension est pitoyable, François et le mahout (c’est la personne qui s’occupe de l’éléphant, son dresseur) sont obligés de me pousser pour que je parvienne à me hisser en haut. Voyant que j’ai autant de mal à monter, Adrien renonce à me rejoindre, effrayé également par la masse que représente cette éléphante. Ludo monte plus facilement que moi, il faut dire que son éléphante est beaucoup plus jeune et plus petite que la mienne. François a préféré nous adjuger, à Adrien et moi-même, l’éléphante la plus adulte et donc la plus calme.

De là-haut, je me cale derrière les oreilles de mon pachyderme, et j’essaie de me tenir comme je peux. Et c’est bien ça le souci : comment ne pas tomber quand on n’a rien pour s’agripper ? Il paraît qu’il faut poser ses mains sur les bosses de la tête de l’éléphant. Moi, je veux bien, mais il n’y a rien pour s’y agripper. Heureusement, notre vitesse de croisière n’est pas bien élevée, et l’éléphant pose ses pattes précautionneusement sur le chemin.
Arrivés devant la rivière, Adrien prend sur lui pour me rejoindre et monter derrière moi. Il fait preuve de courage, car c’est la partie la plus impressionnante de la balade qui va avoir lieu.

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Les éléphants s’avancent lentement dans le lac. Pas après pas, ils s’enfoncent dans l’eau, et finissent par s’y plonger entièrement. Ce qui veut dire que nous aussi, nous sommes dans l’eau ! L’eau du lac est chaude et sombre, sans possibilité de distinguer le fond garni d’algues gluantes. Ca m’impressionne moins que de sentir la masse mouvante de l’éléphant sous mes jambes, et je presse Adrien de s’éloigner à la nage. Ludo a réussi à se maintenir sur son éléphant, pas tout à fait entièrement immergé. Une fois Adrien arrivé aux maisons flottantes, je reviens vers mon éléphante. François, resté sur la berge, m’encourage à remonter sur son dos. J’essaie, et j’y suis presque, lorsqu’elle plonge à nouveau et me déséquilibre. Je suis de nouveau dans l’eau, mais cette fois coincée entre les deux éléphants. L’espace d’un instant, j’ai très peur d’être écrasée, je ne sais même pas s’ils m’ont vue. Je panique, et crie à l’aide. Ludo m’attrape et me hisse sur son éléphant, d’où nous plongeons quelques secondes plus tard. Nous rejoignons Adrien.
Depuis les maisons flottantes, nous avons une vue incroyable sur les deux éléphants qui se baignent, sur fond de jungle luxuriante. Ils sont bientôt rejoints par les mahouts, qui viennent s’amuser dans l’eau avec eux, et leur frottent énergiquement le dos et la tête.



Le lendemain, la balade à dos d’éléphant se passe mieux : je monte moins péniblement, Adrien est d’accord pour me rejoindre de suite, et nous sautons à temps dans l’eau pour ne pas risquer d’être réduits en bouillie par les deux pachydermes.


Nous faisons aussi une balade en bateau sur le lac, en compagnie des deux petits garçons de François. La journée touche à sa fin, et les couleurs du lac sont incroyables. Un ciel de vert, de bleu et d’or se reflète sur l’eau, tandis que nous approchons de petits villages de pêcheurs ou de troupeaux de buffles qui paissent au bord.


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Nous repartons de chez François à grand peine, surtout Adrien qui a du mal à quitter les animaux, et ses nouveaux copains. Avant de rejoindre Kanchanaburi, on s’arrête ainsi aux chutes d’eau d’Erawan, où sept niveaux de cascades nécessitent deux heures de marche dans la forêt. L’endroit est magnifique, avec ses piscines naturelles d’un vert translucide, dans lesquelles les petits poissons s’approchent sans crainte des nageurs. Mais nous n’apprécions pas vraiment ce voisinage, malgré les bienfaits supposés de l’action des poissons sur la peau. Ici, on les appelle « doctors fishs », car ils enlèvent les peaux mortes sur les jambes et les pieds. A Bangkok cette pratique avait un grand succès, et nombre de touristes s’arrêtaient pour tremper leurs pieds dans des sortes d’aquarium remplis de poissons médecins.

Arrivés à Kanchanaburi, nous avons tout juste le temps de prendre un bus pour Bangkok. Nous ne nous attardons pas dans la capitale et récupérons les passeports au plus tôt, avant de filer à l’immigration pour une extension d’un mois de nos visas. Ces formalités expédiées, nous fonçons à l’aéroport et prenons le premier vol pour Chiang Mai.

VII°) CHIANG MAI


Dès notre arrivée à Chiang Mai, nous tombons sous le charme de la ville. Bien qu’étant la seconde ville du pays, elle n’a rien à voir avec l’agitation, la pollution et la chaleur de Bangkok. Ici, il y a pourtant beaucoup de touristes, et le trafic en moto ou en taxi est réel, mais la ville est à taille humaine, le centre étant délimité par quatre anciennes douves qui forment un carré.

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Dès que l’on s’éloigne un peu du cœur de ville, on découvre des petits quartiers paisibles, avec de l‘espace, de la verdure, et des maisons basses. A Chiang Mai, on a l’impression d’être à la campagne tout en restant en ville ! L’air est respirable, presque frais le soir, car nous sommes dans le nord du pays, et en altitude.

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Notre hôtel est agréable, au calme, tout en restant assez proche du centre. Et en plus, il y a une piscine ! Comme toujours, cela ravit Adrien. Mais la température de l’eau n’est pas la même que dans le sud du pays, et maintenant on devient difficiles...


Nous louons un scooter pour nous promener en ville et dans les environs. Comme toujours, on se régale à se balader ainsi, librement, au gré de nos envies.

Nous montons jusqu’au Doi Suthep, situé sur les hauteurs de la ville. Dans les côtes, le scooter peine un peu à nous porter tous les trois. Il faut dire que la montagne culmine à plus de 1600 mètres d‘altitude !

De là haut, la vue est imprenable sur la ville et les alentours.

Un escalier à la rampe colorée et sculptée en forme de dragon mène jusqu’au sommet, où un temple bouddhique se dresse.

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En redescendant, on fait une halte au zoo de la ville. En Chine, nous sommes restés sur notre faim, et n’avons pas eu l’occasion de voir de pandas. On espère les voir ici, surtout Adrien. Le zoo de Chiang Mai n’a strictement rien à voir avec celui de Kunming, heureusement ! Ici, les enclos sont spacieux et propres pour tous les animaux, et abritent girafes, lions, tigres, panthères, hippopotames, flamands roses, etc…
Mais les stars incontestées des lieux sont les pandas, qui bénéficient de toutes les attentions : espace réfrigéré et aseptisé, où les visiteurs sont contraints de passer leurs chaussures dans une solution alcoolisée pour ne pas propager leurs microbes dans l’enclos. Les flashs sont interdis, et les appareils photos minutieusement contrôlés. Le public est invité à rester calme et silencieux, le bruit et l’agitation pouvant stresser les animaux. Tant de précautions prêtent à sourire, mais les pandas sont des animaux fragiles et dont la survie, même en captivité, est difficile.

Enfin nous allons voir la ou plutôt les stars des lieux ! Et comme une grande vedette, il se fait attendre. De sa démarche nonchalante, le panda entre enfin en scène. Il est aussitôt mitraillé de photos, tandis qu‘il se dandine devant son public. .


THAILANDE-SUITE-2010-02-01-027.JPG Il prend la pose adéquate pour lentement déguster ses tiges de bambou. On savoure notre chance de pouvoir admirer un animal devenu si rare

Nous nous promenons avec plaisir dans la ville, ou d’innombrables cafés, restaurants, bar, salons de massages se jouxtent. Ici plus qu’ailleurs en Thaïlande, je suis impressionnée par le nombres d’Occidentaux en couple avec des jeunes filles Thaï.


Nous nous rendons dans l’un des nombreux marchés de la ville, qui constituent également son charme. Ici on trouve de tout, et à des prix imbattables ! J’imaginai toutefois beaucoup de contrefaçons de grandes marques venant de Chine, et j’ai la surprise de découvrir un bel artisanat, tant au niveau des bibelots que des vêtements. D’ailleurs, je m’achète pas mal de choses à Chiang Mai : jupes, débardeurs, barrettes ou piques pour cheveux … je fais des folies ! Mais à ces prix là, ce sont des folies très raisonnables.


Nous avons le plaisir de retrouver sur le marché un couple de Français que nous avions rencontré à Krabi, et avec lesquels nous avions sympathisé. Chantal et Denis se promènent en quête de bonnes affaires sur un marché de nuit. On va se revoir plusieurs fois les jours suivants, et partager quelques bons moments autour d’un plat thaï.


Nous retrouvons également Arnaud, le cousin de Ludo, venu ici pour affaires. Venant souvent à Chiang Mai, il y connaît beaucoup de monde, des expatriés pour la plupart. On va faire la connaissance de ce groupe, avec une mention spéciale pour Larry, 50 ans, Anglais de son état, et sans nul doute le plus sympa de tous. Il nous invite chez lui et se met en quatre pour nous préparer un bon repas, joue avec Adrien au lance-pierre, et finit par le lui offrir.


Je profite également des possibilités de la ville pour prendre un cours de cuisine thaïe. J’abandonne les garçons l’espace d’une journée, une journée pour moi toute seule. On vient me chercher à l’hôtel avec un pick-up rempli d’autres cuisiniers en herbe. Tout le monde parle anglais là-dedans, et le cours de cuisine se fait dans la même langue. Bon, il va falloir que je m’accroche pour arriver à comprendre et à cuisiner en même temps, ça n’est pas gagné… Nous passons d’abord au marché et notre guide nous montre les différentes sauces utilisées dans la cuisine thaïe, et absolument indispensables pour réaliser les différents plats. Je regarde les bouteilles d’un peu plus près. Ce n’est pas vraiment une surprise, mais plutôt une confirmation de ce que je pensais : les exhausteurs de goût sont omniprésents. J’ai une pensée pour Lionel, allergique au glutamate, qui ne pourra jamais goûter à la cuisine thaie.

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Nous remontons en voiture jusqu’au centre de cuisine, installé à quelques kilomètres de la ville, dans un grand jardin empli d’herbes aromatiques et d’arbres fruitiers.

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Le lieu respire le calme et l’organisation. D’ailleurs, tout est parfaitement orchestré pour le déroulement du cours. Chacun se voit assigner une place devant un billot en bois et un fourneau. Les ingrédients nécessaires à la préparation des plats sont fournis au fur et à mesure.

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J’apprends à réaliser quelques plats typiques du pays, comme la soupe au poulet et au lait de coco, les phat taïs, ou le riz aux mangues. Je suis stupéfaite par la rapidité et la simplicité des plats. Une fois les fruits, la viande et les légumes émincés, la cuisson au wok est ultra rapide, et il suffit de faire revenir le tout avec sauce, sucre et eau à feu vif. On déguste ensuite nos plats, installés autour d’une grande table. Mais les plats sont confectionnés en quantité importantes, et chacun repart avec ses « oeuvres ». Je vais pouvoir soumettre mes plats à la critique de Ludo et d’Adrien.


Nous décidons de quitter provisoirement Chiang Mai pour découvrir la ville de Pai où nous allons passer le week-end. Arnaud et nous partons avec les scooters pour une véritable expédition : 4 heures de route de montagne. Elle serpente et grimpe dans la forêt, et le scooter de Ludo, moins puissant que celui d’Arnaud a bien du mal à se lancer à l’assaut des côtes. En plus de grimper sérieusement, la route fait des lacets impressionnants (il paraît qu‘il y a plus de 1800 virages jusqu‘à Pai), dans lesquels j’ai la désagréable impression que le scooter va glisser et tomber, nous entraînant dans sa chute. J’essaie de dominer cette angoisse la plupart du temps, mais je ne peux m’empêcher de crisper mes mains (et mes ongles) sur le tee-shirt d’Arnaud dans les descentes les plus serrées ou lorsque nous longeons un ravin.

Pour passer le temps, et surtout ne plus penser à un éventuel accident, j’admire le paysage. La route est particulièrement belle, avec ses collines calcaires recouvertes de végétation épaisse, ses vallées et ses petits villages isolés.


Je ne m’attendais pas à voir ça, mais un poste de contrôle avec des hommes lourdement armés est installé sur la route.

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Nous sommes à quelques kilomètres de la frontière birmane, et les clandestins qui viennent tenter leur chance en Thaïlande sont repoussés sans ménagement vers leur pays, non sans avoir passé quelques nuits en prison.


Nous arrivons à Pai en fin d’après-midi, et trouvons un hébergement pour la nuit, des petits bungalows en bambou sur les hauteurs de la ville. Le seul souci, c’est qu’ici, en altitude, les nuits sont vraiment froides. Ca nous change des températures auxquelles nous sommes habitués depuis quelques mois, et nous allons avoir froid toute la nuit. Le lendemain, nous changerons d’endroit, et trouverons des chambres mieux isolées.


Pour le moment, nous déambulons dans les rues de Pai, et nous ne sommes pas les seuls touristes à apprécier ses charmes rustiques. Il faut dire que l'emplacement du village, au milieu des montagnes à de quoi séduire...

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Les petites rues du village sont envahies d’une clientèle occidentale, jeune et plutôt baba cool. L’endroit est idéal pour rayonner dans les environs, faire des treks dans les montagnes à la rencontre des minorités ethniques, ou … de rien faire du tout. Nous, pour les deux jours que nous passerons ici, nous choisissons cette dernière option. Nous profitons simplement de la douceur de vivre qui règne ici, de la facilité à dénicher bar et resto sympa, ou des délices proposés dans les petits stands de rue. Au menu : brochettes, petits flans dans des feuilles de bananiers, raviolis chinois ou frites fraîches. Chacun y trouve son bonheur.

Les balades dans les environs de Pai sont aussi très agréables, et comportent leurs lots de surprises. Nous trouvons ainsi, en pleine campagne, une sorte de fête foraine, où les manèges sont entièrement manuels. Adrien monte sur une grande roue en bois, actionnée par la force de deux hommes.

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Des petits chevreaux gambadent joyeusement aux alentours, et on ne peut résister au plaisir de les caresser.

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Le long des routes, des forêts de jeunes tecks ont été replantées en lignes droites.  Jamais je n’aurai imaginé qu’un teck ça ressemblait à ça…

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La campagne est sèche, on sent que l’eau se fait rare en cette saison.


Nous repartons de Pai, sans savoir que le trajet du retour sera parsemé d’embûches. Juste après avoir passé le poste de contrôle que nous avions rencontré en venant, Ludo se rend compte qu’une roue de son scooter vient de crever. Tout en pestant sur notre malchance, on ne peut s’empêcher de se dire que ça aurait pu être pire si cela nous était arrivé quelques kilomètres plus loin, loin de tout. Nous revenons donc vers le poste de contrôle pour solliciter l’aide des militaires. Ludo et Arnaud leur demandent si lors du passage des pick-up, ils peuvent expliquer notre situation aux conducteurs. L’idée est que nous puissions charger le scooter sur un des pick-up, et monter à bord jusqu’à Chiang Mai, où nous ferons réparer la roue. On attend longtemps, et sans succès. Soit les véhicules sont pleins, soit un Occidental seul dans sa voiture refuse de nous aider, soit deux filles ont manifestement peur de se trouver seules avec deux hommes à bord. Jusque là, je suis restée en retrait avec Adrien. Je comprends que nous aurons plus de chance à nous deux. Je l’entraîne sur la route, et me plante au milieu, armée de mon plus grand sourire à l’adresse de deux occupants d’un pick-up. Le véhicule s’arrête, on s’explique, et le scooter est chargé sur le plateau du pick-up, tandis que Ludo et Adrien prennent place à l’intérieur. Arnaud et moi, nous reprenons la route avec son scooter.

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Nous nous retrouverons à Chiang Mai, après quelques difficultés, puisqu’Arnaud n’a plus de batterie dans son portable et que nous restons injoignables pendant un bon moment. Mais, l’aventure se termine bien. Les Thaïs qui ont conduit Ludo et Adrien jusqu’à Chiang Mai, les déposent devant un garage, où ils font réparer la roue crevée pour deux euros !


Nous quittons Chiang Mai peu après, et prenons un train de nuit jusqu’à Bangkok. Au départ, j’ai l’impression qu’il y a erreur, car je ne vois aucun compartiment avec des couchettes. En fait, ce sont les places assises en journée qui se transforment la nuit venue en couchettes, comme dans les caravanes. Une hôtesse passe donc pour procéder à l’installation des lits, et nous sommes confortablement installés pour la nuit.
 Nous arrivons à Bangkok en début de matinée et nous repartons directement de la gare en bus en direction de Ko Chang.

VII°) KO CHANG

 

Après 5 heures de bus, qui passent relativement vite grâce aux vidéos diffusés, nous arrivons à Trat, encore située sur le continent. De là, nous prenons le bac jusqu’à Ko Chang, où nous arrivons une grosse demi-heure plus tard. Des pick-up aménagés, avec banquettes à l’arrière, attendent les visiteurs pour les conduire jusqu’à leurs hôtels.

La route monte et zigzague dans les tournants serrés, obligeant le chauffeur à une conduite sportive. Je suis impressionnée par les montées et les descentes que nous faisons, de vrais montagnes russes ! A la saison des pluies, la route doit devenir extrêmement glissante et dangereuse.


Nous n’avons rien réservé, pour la bonne raison que nous pensons rester une quinzaine de jours ici, et que nous savons par expérience qu’il est plus facile de négocier les prix de vive voix. Nous nous arrêtons dans le village de Kai Bae, qui semble disposer d’atouts non négligeables : jolie plage, nombreux hôtels et commerces de proximité sans toutefois trop de monde. Il se fait tard, et nous n’avons pas vraiment le temps de chercher l’hébergement que nous souhaitons pour ce soir, lestés de nos bagages. Cette première nuit, nous dormons dans une « cabane » à peine améliorée, où des rideaux moisis pendent des fenêtres, et où seule l’eau froide coule du pommeau de douche.
Je me fais dévorer par les moustiques comme jamais, et des cloques énormes couvrent mes jambes. Je comprends qu’avec la présence de la jungle toute proche, il faudra user et abuser des lotions anti-moustiques. D’ailleurs, les jours suivants, nous apprenons à nous tartiner généreusement le corps, le moindre centimètre carré de peau découvert étant cruellement attaqué.


Le lendemain, nous nous séparons à la recherche de l’hôtel idéal. Nous devons accueillir ici des amis venus de France, et nos critères sont stricts : proximité de la plage, piscine, clim et eau chaude dans des chambres confortables, le tout à prix minimum. Ludo part en scooter vers le sud de l’île, Adrien et moi patrouillons dans le village à la recherche de la perle rare. On se retrouve deux heures plus tard pour faire le point . Les hôtels du sud sélectionnés par Ludo sur la base de nos critères dépassent notre budget. De notre côté, après avoir visité au moins 5 établissement, nous en avons trouvé un qui rentre dans le cadre imposé. Un petit bémol cependant : la plage n’est pas directement aux pieds de l’hôtel. On espère que cela plaira quand même à nos amis.

En les attendant, on profite des joies de la mer et de la piscine, dont la température des eaux avoisinent les 35° dans chacune d‘elles. Difficile d’en sortir dans ces conditions, et nous n’arrivons à nous décider qu’à la nuit tombée.

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Nous louons également un scooter et partons en reconnaissance dans le sud de l’île.


Le jour qu’Adrien attendait avec impatience arrive enfin : celui d’aller chercher nos visiteurs à l’aéroport de Trat. S’il est si content de les voir, c’est surtout parce qu’il va ainsi retrouver son meilleur copain, Robin. Moi aussi, je suis très contente, je vais enfin avoir un peu de répit, et il ne me répétera plus 50 fois par jour qu’il lui tarde qu’il arrive. L’aéroport de Trat est particulièrement pittoresque : entièrement ouvert sur l’extérieur, avec ses petites constructions au toit de palmes, et sa piste d’atterrissage toute proche. Les retrouvailles des deux petits garçons sont émouvantes. Robin court vers Adrien, visiblement heureux de le revoir. Adrien rayonne de joie, lui aussi, et serre son ami dans ses bras. Pourvu que leur amitié puisse durer et les accompagner tout au long de leur vie…


De notre côté, nous accueillons Cécile et Nicolas, contents de voir des visages amis. Ils semblent fatigués, et un peu désorientés. Ils ont quitté la France sous le froid de l’hiver, particulièrement rigoureux cette année, et se retrouvent à l’autre bout du monde au soleil. Nous leur avons évité de rechercher un véhicule pour rejoindre l’île et nous avons acheté pour eux les places dans un mini-van climatisé. Adrien grimpe aussi dans la voiture, il ne veut plus quitter son copain ! Nous deux, nous repartons en scooter. L’équipe entière se reforme sur le bac dans un premier temps, puis à l’hôtel.
On les laisse s’installer avant de les amener dîner dans un petit resto très sympa que nous avons déjà testé. Les deux petits garçons sont conquis par l’endroit qui s’apparente à une cabane en bois sur étages. Un vrai rêve d’enfant !
On s’installe au premier étage, où nous occupons les deux seules tables basses, mi-assis, mi-allongés sur des coussins. Le temps passe vite, à discuter et apprécier les délices de la cuisine thaïe, que nous faisons découvrir à nos amis. Mais il est temps que la soirée se termine et qu’ils puissent enfin se reposer.


Le lendemain, c’est donc journée cool autour de la piscine tout d’abord, puis à la mer ensuite.

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Robin ne finit pas de s’étonner de la chaleur ambiante, lui qui vient de quitter l’hiver par le miracle d’un trajet en avion.

Les deux enfants jouent et jouent encore, ne s’accordant une trêve que le temps du repas, que Robin n’oublie jamais. Les jours suivants, les eaux tièdes de la piscine continueront d’exercer un puissant attrait sur les deux petits, qui y passeraient bien tout leur temps.
Surtout quand on leur offre un petit cocktail de jus de fruit frais pour se désaltérer…


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Nous décidons de faire un peu d’exercice, et louons des kayaks pour rejoindre un petit îlot en face. Il n’est pas loin, pourtant il faut lutter contre les courants pour y arriver, et pagayer en rythme, en restant insensible à la brûlure qui se diffuse dans les muscles des bras.

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Mais c’est très sympa, et on se prend au jeu, faisant même la course pour arriver les premiers.

Une épaisse végétation mange la majorité de l‘ilot, laissant une petite place à une fine bande de sable sur laquelle on s’installe. Les deux petits garçons se prennent vite pour Robinson Crusoé, surtout lorsqu’ils découvrent un grand tronc d’arbre mort, qu’ils investissent comme cabane.

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Nous nous baignons, en faisant attention aux oursins repérés un peu plus loin. Leurs piques démesurées trahissent facilement leur présence. Pas de piqûre à déplorer !

On savoure notre déjeuner, composé de sandwichs … au fromage ! Oui, du délicieux fromage, que Cécile et Nicolas nous ont rapporté de France. Ah, c’est bien la nourriture du terroir qui nous manque le plus !

Pourtant, la nourriture en Thaïlande est délicieuse et variée, et il est bien rare que nous soyions déçus par le contenu de nos assiettes. On fait découvrir un petit resto qui ne paie pas de mine à nos amis, et dans lequel nous prendrons l'habitude de déjeuner. Les plats, typiquement du pays, sont goûteux, et surtout très bon marchés, puisque chaque plat coûte 30 baths, soit 80 centimes d'euro environ. Après tout le temps que nous avons passé en Thaïlande, nous sommes désormais habitués à payer si peu pour un bon repas, mais cela stupéfait Cécile et Nicolas. Même les deux petits garçons apprécient l'endroit, et se précipitent pour saluer le mainate bilingue du restaurant, qui leur répond de sa voix stridente, en thaïs ou en anglais. Le serveur les a pris en amitié, et ne manque jamais une occasion de leur montrer la collection des pendentifs de bouddhas du patron, ou les intéresser aux matchs de boxes thaïs retransmis à la télévision. On comprend d'ailleurs que lui-même pratique ce sport lors de son temps libre.
En Thaïlande, comme dans l'ensemble de l'Asie, les repas ne se terminent pas par des desserts. Les fruits sont généralement réservés pour un autre moment de la journée. On pallie à cette carence en consommant glaces, fruits, ou yaourts achetés à l'épicerie du village. Un jour, alors que nous sommes encore installés à table, nous avons la surprise de voir deux hommes en motos s'arrêter pour nous proposer de leur acheter du miel. Et ça, c'est du miel naturel ! Les abeilles sont bien visibles, noyées dans cet or liquide. On va en prendre une bouteille d'un litre, et s'en régaler, mélangé au yaourt. Il est particulièrement parfumé, peu sucré et pourtant presque caramélisé. Un délice !

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 Nous fêtons les anniversaires d’Adrien et Robin, presque à la bonne date. Nous leur faisons plaisir en allant au resto-cabane qu’ils adorent. Les cadeaux, portés de France, sont peu nombreux, mais plaisent aux garçons. Ils arrivent toutefois à râler parce qu’une coupure d’électricité sur l’ensemble de l’île plonge le resto dans l’obscurité, et ne leur permet pas de jouer comme ils le voudraient.  Trop gâtés, certainement ...


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Nous louons un autre scooter, sur lequel prennent place Nicolas, Cécile et Robin. Ainsi motorisés, nous allons pouvoir explorer l’île. Nous roulons à faible allure car les scooters ont du mal à grimper les côtes impressionnantes de l’île. On profite des paysages magnifiques, s’arrêtant dès qu’un beau point de vue nous permet d’admirer la côte.

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La balade à dos d’éléphant reste un incontournable, et nous nous laissons tenter une fois de plus.
Ici, l’activité est beaucoup plus touristique et encadrée que chez François. Une estrade permet de s’installer sur l’éléphant sans effort, et des sièges fixés sur son dos de s’y maintenir sans crainte. Les plus courageux s’aventurent à s’asseoir derrière les oreilles de leur éléphant. A l’aller, c’est Nicolas et Ludo qui s‘y collent, au retour Cécile avec Robin (après quelques encouragements) et moi avec Adrien.

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La balade est géniale, et nous donne l’occasion de nous enfoncer dans la jungle, chose que nous ne ferions pas sans éléphants.
 
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Nous arrivons près d’une rivière presque à sec. Il y a encore assez d’eau pour permettre aux éléphants de s’y baigner, ce qu’ils font toujours avec autant de plaisir. Quant à nous, cette eau stagnante ne nous attire pas, et nous restons sur
la berge à les regarder. Les mahouts les rejoignent, et s'occupent d'eux activement, les lavant et leur frottant le dos.

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Nous suivons la côte lors de nos balades en scooter. De tout façon, nous n’avons pas vraiment le choix, puisque c’est la seule route de l’île, et encore …elle n’en fait pas le tour entier. Elle se termine brutalement par une piste privée, qui mène à un hôtel.

Les singes ont pris l’habitude de descendre de la jungle et d’aller au bord de la route, dans un tournant en épingle, où ils reçoivent quantité de bananes de la part des passants. Ils s’installent sur les panneaux de signalisations, les pancartes publicitaires, ou se tiennent un peu en retrait dans les arbres. Ils nous observent attentivement, curieux et presque amusés des cris de surprise ou admiration devant leurs bébés, des crépitements des appareils photos. On a parfois l'impression que ce sont eux qui sont venus voir les humains dans leur milieu naturel et non le contraire.

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Mais pas de bon séjour en Thaïlande sans profiter des eaux limpides et des fonds riches en poissons. Place à la plongée !
Nous partons donc pour une excursion en mer d’une journée.
Le début commence mal, car après être venus nous chercher à l’hôtel, les organisateurs nous font attendre longuement sur la plage pour embarquer. On comprend qu’ils ont réussi à remplir le bateau un peu plus en allant chercher d’autres touristes au dernier moment. Cécile fait l’expérience des réactions asiatiques dans ce type de situation. Alors que l’on demande si l’on va enfin partir, parce que le temps passe et qu’on a payé pour la journée entière, et c’est pas qu’on s’énerve, mais quand même… On nous répond, avec un grand sourire que le bateau est puissant, et que nous serons vite dans les îles. Et oui, c’est-ce que font les asiatiques en cas de situation embarrassante : ils sourient. Je crois que je vais essayer ça de retour en France, ça a le mérite de déstabiliser son interlocuteur !
 Les retardataires finissent par arriver, et on prend place dans le bateau. C’est un speed-boat, pas tout jeune, mais effectivement nerveux.

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Nous nous précipitons à l’avant pour profiter de la vue sur l’océan. Mais ce que l’on n’avait pas prévu, c’est qu’on va aussi profiter des sensations fortes, dignes d’un grand-huit. Le bateau fonce à toute allure, bondit au dessus des vagues, et tape durement la surface de l‘eau. Les enfants se tiennent fermement au rebord, équipés de leurs gilets de sauvetage. Mais Adrien n’est pas vraiment à l’aise, et rejoint son père à l’intérieur, où les remous sont bien amoindris. Je reste à l’avant, avec Cécile, Nicolas et Robin, riant et criant à chaque à-coups qui me secouent sans répit. Cécile s’éclate autant que moi, si ce n’est plus. J’ai une petite pensée pour Karine, qui aurait apprécié ce moment à sa juste valeur !

Mais tout à une fin, et bientôt le manège s’arrête.
Nous sommes devant un îlot rocheux, et chaussons masques et tubas pour la première plongée. Elle s’avère magnifique, avec un grand nombre de poissons venus nous saluer, mais surtout avec des anémones et des coraux de toutes les couleurs. On se régale et on ne voit pas le temps passer. Du coup, Ludo, Adrien et moi sommes pratiquement les derniers à regagner le bateau. Nos amis sont sous le charme de cet « aquarium » grandeur nature, où tant d’espèces différentes évoluent.
 L’enchantement se prolonge dans îlot suivant, que nous rejoignons en quelques minutes. Là encore, j’ai le plaisir de constater que les fonds sous-marins regorgent de vie, et que les coraux sont en bonne santé. J’adore voir les poissons se cacher dans les anémones, comme dans une chevelure agitée par le courant.


La pause déjeuner se fait sur une petite île inhabitée, où nous passons la majorité de notre temps libre dans l’eau, admirant les différentes teintes de bleus qui la composent, encore différentes de la couleur du ciel.

 

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L’arrêt suivant se fait à Ko Maak, grande île plutôt plate, bordée de palmiers et de pins maritimes, sur laquelle les bungalows s’étalent discrètement le long de pelouses verdoyantes.
Sa belle plage en arc-de-cercle invite à une petite sieste, protégé de la chaleur du soleil sous les arbres.

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Nicolas choisit d’être plus actif, et se met à la recherche d’une belle noix de coco. Ici, ce n’est pas difficile à trouver, mais encore faut-il réussir à l’ouvrir… Et ça, c’est beaucoup moins évident. Avec beaucoup de patience, il enlève la première enveloppe verte, puis les fibres qui la recouvrent, et arrive enfin à la noix elle-même, dans laquelle il perce un trou. Elle est pleine d’eau, et nous buvons avec plaisir le liquide sucré. Le couteau de Nicolas a réussi à ouvrir la noix, mais la noix aura raison de la lame, qui ne résiste pas à une telle épreuve. C’était le prix à payer pour déguster la chair tendre et savoureuse du fruit, dont nous nous gavons.

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Nous repartons de Ko Maak.
Notre dernier arrêt est pour l’île de Ko Yai, plus pittoresque, avec peu d‘hébergements, plus semblables à des cabanes qu‘à des hôtels, à flanc de jungle et donnant directement sur la plage. C’est marée basse et les rochers affleurent presque au ras de l’eau. L’avantage, c’est que les poissons venus s’y réfugier et s’y nourrir sont nombreux, l’inconvénient, c’est qu’on a à peine assez d’eau pour nager. On prend garde de ne pas se blesser sur les cailloux, sur les coraux qui sont à peine quelques centimètres au dessous de nous.

Il paraît qu’il est temps de repartir, mais nous ne sommes pas pressés, tout comme n’était pas pressé notre bateau ce matin. Et oui, en bons Français râleurs que nous sommes, nous estimons que le temps perdu ce matin ne doit pas nous empêcher de profiter pleinement des joies de cette dernière plage.

On finit quand même par s’extraire de l’eau, et regagner lentement le bateau.


Les deux enfants prennent place à l’avant, entre Ludo et moi. Adrien a compris qu’il ne risquait rien, et va bien s’amuser sur le trajet de retour (même si ça ne se voit pas, vu sa tête sur la photo).

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Comme un animal pressé de regagner sa tanière, le bateau s’élance sur les flots avec toute la vitesse dont il est capable. Il décolle et semble parfois voler au-dessus des eaux. Mais lorsqu’il retombe sur la mer… aïe, aïe, aïe !

Nos lombaires jouent le rôle d’amortisseurs, et j’ai l’impression de m’être tassée de 10 centimètres lorsque nous arrivons.
Mais c’était une super journée, et on s’est vraiment bien amusés. Les fonds sous-marins nous en ont mis plein les yeux.
 

Un soir, nous restons prendre l’apéritif à l’hôtel, afin de regarder le spectacle costumé offert par les filles. Enfin, les filles…. C’est beaucoup dire, puisque la « spécialité » de notre hôtel, est d’être tenu par des travestis, qui, certains soirs, enfilent leurs habits de lumière et montent sur scène. Ils ne sont pas les seuls sur l’île. A Ko Lanta, la population était en grande majorité musulmane, avec à côté de ça quelques spécimens rastas bien allumés. Ici, à Ko Chang, c’est plutôt les travestis. Ca nous donne l’occasion d’expliquer à Robin et Adrien qu’il existe des gens comme ça, vraiment différents. Et comme ce sont des enfants, sans préjugés d’adultes, ils trouvent ça bizarre, mais sans plus. Ils acceptent facilement de poser sur la photo à la fin du show.

Le spectacle, pour lequel nous avions un à-priori, s’est avéré de grande qualité, avec des costumes dignes de grandes scène parisienne.

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Ce qui est plus gênant pour les deux petits garçons, c’est de se rendre compte qu’ils sont l’objet de toutes les attentions de la part des jeunes femmes qui travaillent dans les bars. Je l’ai souvent remarqué au cours de notre voyage, et cela reste vrai ici aussi : les asiatiques adorent les enfants. Spécialement les petits occidentaux, avec leurs peaux blanches. Quelques bars jalonnent l’allée qui mène à notre hôtel. Les filles nous ont facilement repérés avec les deux enfants, et ne laissent pas passer une occasion de les héler à grands cris : « hello, youngs boys », « hello, boys friends ! ». Robin et Adrien sont confus, et regardent ailleurs, en accélérant le pas. Nous, on est pliés de rire. Les filles, s’apercevant de la gêne des deux garçons en rajoutent, réclament un baiser. On finira par s’arrêter un soir, pour y manger une glace. Elles sont ravies et taquinent les deux petits, avant de leur apporter une énorme glace, et un jeu de puissance 4.


Mais le séjour de nos amis touche à sa fin, déjà ! Pour la dernière journée, nous profitons encore des joies de la plage, et roulons avec plaisir en scooter pendant quelques kilomètres, pour nous rendre un peu plus au nord. Cette plage-là, la plus grande de toutes celles que nous avons vu sur l’île, est aussi la plus touristique. Elle attire un tourisme plus âgé, et certainement plus fortuné. Les Thaïs ne s’y trompent pas, et les vendeurs ambulants ratissent la plage, proposant bijoux fantaisie, linge de maison, lunettes de soleil, etc… Nicolas offre aux deux petits un collier avec amulette de Bouddha, et le moins que l’on puisse dire c’est qu’ils sont contents ! Ils paradent avec leurs colliers, affirmant que maintenant ils sont bouddhistes …


Nous déjeunons une dernière fois dans notre modeste petit resto. Jusqu’au dernier jour, Robin et Adrien restent fidèles à leurs habitudes, et prennent invariablement le plat qu’ils adorent : beignets de crevettes, et riz à l’ail. Cécile et Nicolas, quant à eux, ont goûté et apprécié presque toute la carte !


Mais nous nous sommes attardés plus que prévu au restaurant, et il est temps de regagner l’hôtel où une navette doit venir chercher nos amis pour les conduire jusqu’à l’aéroport. Du moins, on l’espère ! Car ce matin, bien que l’on ait indiqué la veille qu’ils s’en allaient, le nécessaire n’avait pas été fait … Il y a des choses qui ne changent pas. Mais quand on arrive, la navette est déjà là, et les attend. Nous avons à peine le temps de nous dire au-revoir, que déjà ils sont partis. Adrien est très triste, et verse quelques larmes sur le départ de son ami. Quant à nous, tout s’est fait si vite que nous n’avons pas vraiment réalisé.

Nous avons décidé de partir aujourd’hui nous aussi, et nous chargeons nos sacs sur nos dos jusqu’à la route. De là, on va tenter de prendre un véhicule pour rejoindre le bac. Les taxis pick-up semblent tous revenir du bac, et non y aller. On attend un moment au bord de la route, sans succès. Il fait chaud, et nos sacs pèsent lourdement sur nos épaules. Heureusement, les filles du bar où nous consommions les glaces nous ont reconnus, et la gentillesse asiatique ne se dément pas, une fois de plus. Elles nous proposent de nous mettre à l’ombre dans le bar, elles vont guetter pour nous le passage d’un taxi. Après plus d’une demi-heure, un pick-up qui se rend au bac s’arrête. Nous y sommes seuls, et grimpons à bord, après avoir salué les filles qui sont toutes venues nous dire au-revoir.

La traversée en bac est rapide, et de l’autre côté, nous trouvons un taxi qui nous amène jusqu’à la ville de Trat. Nous y passons une nuit, et dès le lendemain matin, nous prenons un minibus pour le pays voisin.

Nous quittons la Thaïlande à regret. C'est un pays très agréable, et très facile d'accès pour des voyageurs indépendants avec des enfants. Mais le Cambodge est là, tout près. A nous la suite du voyage !

Par florence - Publié dans : LES PAYS VISITES
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Samedi 23 janvier 2010 6 23 /01 /Jan /2010 05:25

LA THAILANDE

Du 1er décembre 2009 au 1er mars 2010

A notre arrivée à Bangkok, on est impressionné par la classe et la propreté de l’aéroport. D’immenses statues identiques à celles se trouvant à l’entrée des temples saluent notre entrée en Thaïlande.

On l’oublierait presque à l’autre bout du monde, et au vu des températures tropicales, mais c’est bientôt Noël, et l’aéroport arbore fièrement les décorations de circonstances.

Nous récupérons nos bagages et nous nous dirigeons vers la sortie, après avoir retiré un peu d'argent au distribanque : nouveau pays, nouvelle monnaie, et ici c'est le bath (1 euro = 50 baths environ).


Ici, le ballet des taxis est parfaitement orchestré (et on les reconnaît facilement : ils sont roses vifs, ou jaunes et verts ), et chacun attend son tour dans la file d’attente. Pas de faux taxis, pas de rabatteurs à l’horizon. Et ça, c’est reposant. Rapidement, nous prenons place dans un taxi, qui prend la voie rapide pour nous conduire en centre ville. Par contre, la conduite reste la même qu’ailleurs en Asie : sportive ! Le taxi se faufile entre les autres voitures, double, freine brutalement.

Je suis agréablement surprise par l’état de l’autoroute, et le nombre de voitures qui s’y trouvent. Comparé au Vietnam, c’est un autre monde, le monde civilisé tel que nous le connaissons !


Nous descendons à l’hôtel que nous avions réservé via internet, une auberge de jeunesse dans le quartier de Thewet. L’hôtel se situe dans une petite impasse calme, on se croirait presque à la campagne, surtout lorsque nous apercevons un écureuil qui se promène sur les fils électriques.

Il est déjà 21 heures, ce qui est une heure tardive en Asie où tout le monde mange vers 18 heures. On renonce à l’idée d’aller au restaurant, qui risque d’être fermé. Heureusement, un Seven/Eleven se trouve au coin de la rue et nous dépanne pour ce soir. Au menu : chips, pâtes déshydratées et yaourt. Un vrai repas de fête …


Le lendemain matin, nous partons à la découverte de Bangkok.


Nous décidons de prendre le bateau, qui est un moyen de transport bien pratique dans cette grande ville de dix millions d’habitants, victime de monstrueux embouteillages. En plus, c’est facile de s’y retrouver, la rivière Chao Phraya servant d’artère principale à la ville. Il suffit de prendre place à bord d’une embarcation pour descendre ou remonter ce cours d’eau. Le bateau s’arrête à tous les embarcadères, zigzaguant d’une rive à l’autre.

Nous prenons donc le bateau à l’embarcadère le plus proche de notre hôtel, à une vingtaine de minutes de marche. On passe à travers le marché aux fleurs, on admire les nombreux petits étals où les marchandes fabriquent des guirlandes de fleurs que les Thaïs achètent pour leurs offrandes à Bouddha. On remarquera aussi que les conducteurs de taxis, ou de tuks-tuks accrochent ces fleurs à l’avant de leurs véhicules.


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Beaucoup de petits marchands ambulants proposent de quoi grignoter, mais toute cette friture accompagnée de sauces riches en colorants ne nous tente pas. On achète par contre des fruits, ananas et pastèque tout frais, que les marchands coupent en cubes et déposent dans de petits sacs plastiques, d’où on les extrait à l’aide de piques en bois. Et ça, c’est délicieux. Il y a aussi des jus de fruits, 100% fruits pressés, bien désaltérants et goûteux. Ils nous attirent à chaque fois que l’on met le nez dehors : jus de mandarines, jus du fruit du dragon, jus de pastèque …


Tout au long de notre parcours, nous remarquons de nombreux portraits du Roi, exposés un peu partout dans la ville. A chaque fois, les portraits sont entourés de fleurs, de bougies. Nous comprenons vite que les Thaïs vouent un véritable culte à leur Roi, et nous aurons l’occasion un peu plus tard de nous apercevoir jusqu’à quel point ils poussent cette adoration.


Je constate aussi, et je le fais remarquer aux garçons, un nombre important de gens en surpoids. Et ça, c’est une grande surprise. Le mythe de la jolie Thaïe en prend un sérieux coup dans l’aile. Quelle différence avec le pays précédents, où nombre de Vietnamiens étaient minces, avec des traits fins !


Le quartier que nous traversons ne me semble pas des plus propres, et nous ne tardons pas à voir des rats près des bouches d’égouts, attirés par les déchets jetés au coin des rues. Oh non, encore des rats ! Moi qui imaginais que Bangkok serait une ville aseptisée, et bien ce n’est vraiment pas le cas.


Nous arrivons à l’embarcadère; c‘est là que nous prendrons le bateau pour rallier le cœur de ville. Sur un ponton de bois, des marchands vendent des tranches de pain de mie aux couleurs verdâtres dans de grands sacs en plastique. On ne tarde pas à comprendre que ce pain est destiné aux poissons énormes et affamés qui prolifèrent dans le coin. Nous achetons nous aussi ce pain de mie avarié, et nous le lançons aux poissons, créant ainsi une véritable émeute parmi eux. Ils s’agitent, se jettent avec frénésie sur chaque miette, se chevauchent avec de grands battements de queue qui les propulsent carrément hors de l’eau. Cela amuse beaucoup Adrien qui tente de nourrir équitablement chacun d’entre eux. Mais ici, c’est le plus fort, ou le plus rapide qui l’emporte, et qui entraîne son morceau de pain sous l’eau pour tenter de le manger seul, sans partage. Lorsqu’on jette une tranche de pain à un endroit où il n’y a pas de
poisson, on les voit immédiatement se précipiter dessus.

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Nous prenons le bateau, au milieu d’autres touristes et des autochtones. Le bateau est plein, les places assises sont prises d’assaut. Il reste de la place debout, accroché à la rambarde. De là, la vue sur les rives du fleuve est imprenable. La ville offre un contraste saisissant entre tradition et modernité. Les temples les plus connus, comme le Wat Arun avec sa silhouette si particulière, jouxtent des immeubles ultra moderne, des ponts High-tech, tandis que de petites cabanes en tôle et en planches mal assemblées continuent à offrir un habitat aux plus pauvres.



Nous descendons à l’embarcadère le plus proche de l’Ambassade de France. Je veux me faire confirmer que mon passeport doit être refait, sa validité s’arrêtant en juillet 2010. Après avoir patienté plus d’une heure dans la salle d’attente, et avoir vu passer un grand nombre de couples franco-thaïs venus célébrer ici leur union (dans tous les cas, c‘est Monsieur qui est Français, et Madame qui est Thaïe, avec une différence d‘âge pouvant aller d‘une à deux générations entre eux), nous sommes enfin reçus.

Une charmante fonctionnaire m’explique ce que je sais déjà : mon passeport n’a qu’une validité de cinq ans, parce qu’Adrien est porté dessus. Il est valable jusqu’en juillet 2010, mais la plupart des pays demandent, pour délivrer leurs visas, à ce que le passeport soit valable six mois après cette date de délivrance. Conclusion : il faut donc le refaire. Bien entendu, pour cela, il me faut présenter un papier que je n’ai pas : une copie intégrale de nos actes de naissance. Je réfléchis rapidement pour trouver une solution. De la famille va venir nous voir en Thaïlande à la fin de l’année, pour passer les fêtes avec nous. Je vais en profiter pour lui demander de me porter ce papier, et je retournerai à l’Ambassade vers la fin janvier, lorsque nous reviendrons sur Bangkok pour la suite de notre voyage.


Une fois cette formalité à peu près réglée (du moins dans son organisation future), nous reprenons le bateau pour aller visiter le Grand Palais. C’est en fait un ensemble de temples construits à l’intérieur d’une enceinte de plus de 200 hectares. On le voit de loin, avec ses tuiles vernissées rouges et vertes et son stûpa doré qui étincelle sous le soleil. Mais ce n’est rien comparé à ce qui nous attend à l’intérieur : les façades des temples sont recouvertes de faïences de toutes les couleurs, de morceaux de verre, les colonnes sont ornées de sculptures, lourdement chargées de dorures..C’est une profusion de couleurs éclatantes,

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l’un des temples, le plus visité, se trouve la statuette du Bouddha d’Emeraude. Pour aller le contempler, il convient de se déchausser, et de laisser ses chaussures à l’entrée du bâtiment. Une fois à l’intérieur, on aperçoit une petite statuette en jade, placée tout en hauteur, à plus de 10 mètres du sol. Les Thaïs lui vouent un véritable culte, et il y a des règles strictes à respecter ici.   On entre déchaussé dans la pièce, il est interdit de faire des photos, il ne faut pas pointer la statue du pied (en définitive, on s’assoit en tailleur et on observe les Thaïs offrir des bâtonnets d’encens à Bouddha).

 On continue la visite, on admire les immenses statues qui gardent la porte des temples, et dont la reproduction parfaite nous avait déjà frappé à l’aéroport.

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Adrien est quant à lui subjugué par la gigantesque fresque de presque 200 panneaux qui retrace un des récit épique de l’hindouisme, de la naissance du prince Râma 7, en passant par son mariage, l’enlèvement de sa femme, son exil, jusqu’au retour sur le trône. On lui confie l’appareil photo, et il mitraille un peu trop à notre goût. Mais comme c’est facile d’effacer les photos en surnombre, on le laisse faire. Et plus, c'est vrai que les panneaux sont beaux, avec les peintures à l'or fin.

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On quitte le Grand Palais. Le long des rues, des petits marchands ambulants proposent quantité de produits touristiques : cartes postales, petites statuettes, masques, porte-clefs… Mais si on s’éloigne un peu des sites historiques, on voit des choses beaucoup plus étonnantes.
Comme ce marchand d’amulettes, ou ce marchand de dentiers.

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Le bruit et l’agitation qui règnent dans la ville sont épuisants. La circulation semble bloquée en permanence : dans cette ville de plus de dix millions d’habitants, on ressent immédiatement le problème de l’engorgement urbain, sans parler de la pollution ! A part le premier jour, le ciel demeurera uniformément gris… La chaleur qui règne ici rend vraiment pénible la moindre visite. En fait, et paradoxalement ce sont les centres commerciaux qui offrent fraîcheur et repos. Pas le moindre jardin public, pas le moindre espace vert. La rivière semble être le seule élément naturel de la ville, mais la couleur de l’eau est vraiment douteuse … Je ne serais pas étonnée qu’elle serve d’égout.

Nous trouvons facilement de quoi manger dans les rues, qui regorgent de petits restaurants installés sur le trottoir. Quant on parle de restaurant de rue, ça n’a rien à voir avec ce que nous connaissons en France ! Ici, quelques tables et tabourets en plastique sont disposés sur le trottoir, et le cuisinier travaille au moyen d’un petit réchaud à gaz sur lequel il a posé son wok. Il dispose aussi d’une table sur laquelle il coupe ses légumes) On se régale de délicieuses phat thai (ce sont des nouilles frites, agrémentées de légumes et de viande finement émincés).


Le lendemain, nous décidons de profiter des charmes et avantages d’une grande ville pour aller visiter l’aquarium et voir un film au cinéma. Pour cela, direction un des grands shoppings center de Bangkok à Siam Square. On prend un taxi qui nous amène là-bas pour moins de 2 euros. Il y a des prix qui continuent à nous stupéfier…

On passe un bon moment au Siam Ocean Word, un aquarium gigantesque où l’on découvre des espèces méconnues, comme ce crabe-araignée monstrueusement grand, et où l’on admire des espèces fascinantes comme cette raie manta, ou ce requin. Lorsqu’il passe au dessus de nos têtes dans le tunnel de verre, c’est vraiment impressionnant.

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Là, je garde le sourire parce la paroi nous sépare.


La salle de cinéma se situe à un des nombreux étage de ce centre commercial. On tourne un peu en rond avant de comprendre comment y accéder, entre les escalators et les ascenseurs. On finit par trouver et on s’installe confortablement dans les spacieux fauteuils de la salle de cinéma. La première bonne surprise c’est qu’ici on choisit sa place, comme au théâtre en France. Et le prix varie en conséquence. Les meilleurs places restent malgré tout bien moins cher que chez nous. La seconde bonne surprise, c’est que le film est en anglais, sous-titré en thaïs. Pour nous, ça va quand même être plus facile à comprendre ! Même si le film que nous avons choisi est un film catastrophe, où l’action est plus importante que les dialogues…


En sortant du cinéma, on a juste de le temps de grignoter quelque chose à l’étage restauration de cet immense centre commercial, avant qu’il ne ferme. Il y a l’embarras du choix : cuisine japonaise, chinoise, thaïs, italienne, fast food …


Puis nous prenons place dans l'impressionnante file d’attente pour taxis. Mais les taxis, d’un commun accord, ont décidé de ne pas mettre les compteurs. Le prix de la course est fixé à presque 6 euros, soit environ le double du prix normal. Nous attendons longuement notre tour, certaines personnes avant nous, surtout des Thaïs, renoncent à prendre le taxi, devant ce prix prohibitif. Nous, nous n’avons pas vraiment le choix, même si on râle devant cette arnaque caractérisée. Nous finissons par arriver à l’hôtel, vraiment tard, et vraiment fatigué par cette journée. Et comme les mauvaises choses vont toujours ensemble, Ludo oublie son téléphone portable dans le taxi…

Le lendemain, c’est le 5 décembre, jour de l’anniversaire du Roi. En conséquence, tous les monuments de la ville sont fermés. Nous allons tout de même en bateau jusqu’au quartier chinois, et on se perd avec plaisir dans les petites ruelles. C’est un bric-à-brac d’épices, de fruits, de confiseries, de jouets en plastique, de bijoux fantaisie, de chaussures, de vêtements de contre-façon. Les poulets rôtis sont suspendus au-dessus de étals de poissons, des sacs d’épices ou de champignons séchés exhalent leurs parfums chargés.

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Nous nous rendons vite compte que les commerçants ferment leurs boutiques les uns après les autres. Ils semblent pressés de célébrer l’anniversaire du Roi. Et plus le temps passe, plus l’affluence dans les rues est importante. Pratiquement tout le monde est vêtu d’un tee-shirt rose. Des groupes se réunissent au coin des rues, devant les nombreux portraits du Roi : ils allument des bougies, déposent des fleurs.

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L’excitation qui règne partout dans la ville est perceptible, elle semble se communiquer à toute la population.
Nous arrêtons avec grand peine un taxi (ils sont presque tous pleins). La ville, habituellement victime d’embouteillage, est aujourd’hui proche de l’asphyxie. Notre taxi roule au pas, quand il arrive à rouler. Il finit par nous déposer bien avant notre hôtel, il ne peut pas aller plus loin. Des barrières ont été installées dans les rues, et un afflux énorme de piétons se presse sur la chaussée. Nous suivons le mouvement, d’autant plus que d’après notre plan, l’hôtel est par là. Les arbres sont décorés de guirlandes lumineuses qui brillent dans la nuit, les fontaines sont éclairées : l’ambiance est résolument féérique.
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Nous marchons au milieu de cette foule compacte, seuls étrangers au milieu des locaux. On demande notre chemin à un policier : apparemment, nous sommes sur la bonne voie. L’avenue sur laquelle on marche est large, bloquée à la circulation et uniquement empruntée par les piétons vêtus de leurs tee-shirt roses. Pour l’occasion, même les chiens ont revêtus une tenue spéciale !

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Nous suivons la foule, sans bien comprendre où elle va, et ce qu’elle est venue voir dans la rue ce soir. D’un seul coup, tout le monde s’arrête : un cortège officiel de plusieurs voitures passent à toute vitesse. Les Thaïs s’agenouillent, respectueux. Cela n’a duré que quelques secondes, mais ça a suffit à nous stupéfier : impossible d’imaginer la même dévotion en France ! D’ailleurs, à part Carla, qui connaît la date de l’anniversaire de notre Président ?

Il n’y a strictement rien à voir, et le Roi malade n’est même pas là cette année.

La foule reprend sa marche. Elle s’immobilise un peu plus loin, victime du nombre de participants. On ne peut carrément plus bouger d’un centimètre, on est complètement coincé. Je n’aime pas trop ça et je vois au regard de Ludo qu’il est lui aussi inquiet. Les gens allument des petites bougies et chantent. Même si cette foule me semble pacifique, je ne peux m’empêcher de penser à la conséquence d’un mouvement de panique. On porte Adrien, qui ne peut plus respirer, serré contre nous. Un feu d'artifice éclate, à la plus grande joie des Thaïs, qui s'en émerveillent comme des petits enfants, poussant des grands cris d'admiration.
Petit à petit, la foule se disperse et nous parvenons à nous dégager de là. Nous renonçons à l’idée de trouver un restaurant ouvert ce soir, et nous mangeons des brochettes et des fruits dans la rue.

Au bout de 4 jours passés ici, on n’en peux plus  de cette ville bruyante et polluée ! Vivement qu’on se mette au vert, ou plutôt au bleu, en descendant vers la mer.

Nous allons à la gare pour acheter nos billets de train. Quel bonheur pour se faire comprendre en Thaïlande ! Tout le monde parle anglais, et cela nous simplifie la vie. A l’entrée de la gare, un employé nous dirige vers le guichet, et nous donne tous les renseignements nécessaires sur l’horaire du train, le quai, etc… On prend les billets pour le lendemain, pressé de quitter la capitale.

Je réserve par internet une auberge de jeunesse à Bankruit, petite ville sur le golfe de Thaïlande. L’endroit semble bien calme, et peu touristique. Et puis, nous allons enfin pouvoir profiter de la mer ! Nous sommes tous les trois lassés des grandes villes, spécialement Adrien qui finit par pleurer de fatigue et d’énervement dans les rues de Bangkok.


II°) BANKRUIT


Le lendemain, nous prenons le train en début de matinée. Nous avons la surprise de constater que dans le prix du billet (environ 6 euros chacun) on nous sert un petit déjeuner, et plus tard, un déjeuner ! Ah, la SNCF pourrait en tirer quelques leçons, elle qui propose des sandwichs rachitiques et à prix prohibitif.

Le train pour le Sud n’a que deux wagons, et roule si lentement que nous avons largement le temps de profiter du paysage : palmiers et bananiers poussent à foison, entourant de modestes petites maisons en tôle. On aperçoit parfois quelques belles bâtisses, ou des temples richement ornés et décorés. La climatisation est naturelle : des ventilateurs fixés au plafond tentent vainement de rafraîchir la température qui règne à bord.

Je surveille ma montre : à l’heure précise, nous arrivons dans une petite gare. Persuadée que nous sommes bien arrivés à destination, je fais descendre Adrien et Ludo du train…. Et on s’aperçoit trop tard qu’on est descendu une station trop tôt : nous sommes à Prachuab Kirikan. Je m’en veux terriblement. Depuis le temps qu’on voyage, je devrais savoir qu’il ne faut pas se fier aux horaires, et toujours tout vérifier. En plus, quelqu’un de l’hôtel devait venir nous chercher à la gare de Bankruit.

Nous voilà dans une toute petite ville, presque un village. On se renseigne : nous sommes à 60 km de Bankruit. On tente de trouver un taxi : ah, non ici ça n’existe pas ! Il n’y a que des tuks-tuks, et on est vraiment trop chargé pour en prendre un. On nous propose de louer une voiture, à prix d’or. Cette solution n’est pas plus envisageable que la première. Nous décidons de marcher jusqu’à la gare routière, que l’on nous a indiqué. On espère pouvoir prendre un bus pour rejoindre Bankruit. A la gare routière, je discute avec la jeune fille qui attend devant moi. J’apprends qu’il y a effectivement des bus pour Bankruit, mais qu’il faut les prendre à une autre gare routière, située à environ 5 kilomètres d’ici. Spontanément, la jeune Thaïe nous propose son aide. On accepte, bien sûr ! Elle achète son propre billet de bus, puis s’éloigne en moto. Elle revient accompagnée d’un tuk-tuk. Elle lui a expliqué qu’il fallait nous amener jusqu’à l’autre gare routière, et a même négocié le prix pour nous ! On la remercie chaleureusement; elle en est toute gênée. Nous entassons les bagages dans le tuk-tuk, on s’assoit où on peut, et c’est parti. Nous rejoignons l’autre gare routière de la ville, et on prend nos billets de bus.
 La gare routière, c’est en fait une petite maisonnette jaune, avec un banc à l’extérieur.

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Ce qui est pratique ici, c’est qu’elle donne directement sur la voie rapide, une sorte d’autoroute gratuite qui sillonne tout le pays, en très bon état (ça nous change des routes vietnamiennes). Dès que nous avons pris nos billets, l’employé s’endort sur sa chaise (je suppose qu’on l’a réveillé en arrivant). Je suis un peu inquiète : de nombreux bus passent sur la route, certains s’arrêtent, mais comment reconnaître le nôtre ? L’employé nous a dit qu’il nous préviendrait, mais maintenant qu’il ronfle, ça me semble difficile. En fait, il se réveille 5 minutes avant l’arrivée de notre bus (une question d’habitude sûrement) et nous fait signe de monter.

On prend place dans le bus : pas besoin de préciser que nous sommes les seuls occidentaux à bord. Mais il en faut plus pour éveiller la curiosité des Thaïs, habitués à la présence des touristes dans leur pays. La route est excellente, et le bus confortable, climatisé. Echaudée par l’expérience du train, je surveille anxieusement les arrêts. Le problème, c’est que je n’y comprends strictement rien. Le bus s’arrête parfois le long de la route, et ne semble traverser aucune ville. Des passagers descendent à ces arrêts mystérieux. Je demande à mon voisin où nous sommes. Comme tout le monde ici, il parle anglais, et me dit qu’il me préviendra quand nous arriverons à Bankruit. Il m’explique que le bus s’arrête dans les gares routières des villes, toujours placées sur les abords de la route principale. Il faut ensuite rejoindre la ville elle-même, à quelques kilomètres de là, avec les moyens locaux : le plus souvent en moto. Ah, d’accord, je commence à comprendre le système.
Au bout d’une heure environ, et d’après ce que me dit mon voisin, nous arrivons à Bankruit. Nous descendons du bus. Sur une sorte de plate-forme en bambous, deux hommes attendent, allongés : ça doit être la gare routière. Leurs motos sont garées à côté d’eux. Ils nous montrent un papier sur lequel sont répertoriés le nom des hôtels du coin. On retrouve celui où on a réservé : c’est là que nous voulons aller. Pas de souci, ils vont nous y conduire ! Comment ? Mais en moto voyons ! Ils répartissent les sacs sur les deux motos, empilent les bagages, saucissonnent ma valise avec des tendeurs à l’arrière d’une des motos, tandis que nous nous serrons derrière eux.

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C’est dans ces conditions que nous arrivons enfin à l’hôtel.
Heureusement, nos peines sont récompensées, car l’endroit est super sympa. Des bungalows individuels sont disséminés dans un grand parc arboré et fleuri, tout proche de la mer. Il y a même une petite piscine, à la plus grande joie d’Adrien. On s’installe confortablement, et on décide de passer une dizaine de jours ici.


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Le temps va vite filer pendant ces dix jours là ! On occupe le plus clair de notre temps à se baigner : que c’est agréable cette eau chaude, presque à la même température que l’air ! La plage est belle, bordée de palmiers et de pins maritimes. Elle est quasiment déserte, et s’étire sur 5 bons kilomètres. C’est l’occasion pour nous de belles balades, on savoure notre chance d’être ici quasiment seuls, au soleil, à cette période de l’année. On a  bien du mal a imaginer  que noël, c'est dans quelques jours.

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On prend de belles couleurs aussi, sans aucun coup de soleil. Adrien et Ludo caramélisent rapidement, quant à moi, je pourrais facilement me fondre dans la population.


Dans l’hôtel, il n’y a pas foule non plus : on sympathise avec deux couples de retraités français, venus passer quelques jours en Thaïlande après un voyage en Birmanie (bonjour à vous quatre si vous nous lisez !). On compare nos expériences de voyage, avec les bons et les mauvais côtés. C’est toujours agréable pour nous qui sommes partis depuis quelques mois déjà, de pouvoir parler avec des Français sympas à l’autre bout du monde.
 On discute aussi en anglais, même si c’est plus difficile, avec un Hollandais nommé Pollux. A part le chien du manège enchanté, on ne connaissait personne qui portait ce nom. On est donc sûr de le retenir. L’avantage de ce voyage, c’est de rencontrer des gens qui sortent vraiment de l’ordinaire. Pas de doute, c’est le cas de Pollux, qui est venu à Bankruit pour profiter du calme, et qui ne sait pas quand il en repartira. Il est déjà là depuis 5 semaines !


Adrien se trouve des compagnons de jeu inépuisables pour des parties de Bingo. C’est une sorte de loto, très populaire auprès du personnel de l’hôtel. La cuisinière relance régulièrement Adrien pour qu’il vienne jouer avec eux. Comme toujours, il apprécie énormément le jeu lorsqu’il gagne, mais très moyennement lorsqu’il perd. Surtout qu’ici, on joue de l’argent. Enfin, des piécettes de 1 bath, ce qui ne représente pas grand-chose (environ 2 centimes d’euro).


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On s’arrache parfois à grand peine de la plage, pour partir en balade le long de la côte. On loue un scooter,  et à nous la liberté !
On prend un grand plaisir à ces virées sur les petites routes longeant la mer. Nous roulons à petite allure, profitant intensément du paysage. On croise des familles entassées dans des tuks-tuks bricolés, qui nous saluent bruyamment, on observe les petits villages de pêcheurs, avec leurs maisonnettes si modestes, on traverse des marchés odorants avec leurs étals de poissons , on voit des vaches brouter paisiblement aux pieds des cocotiers.

Ludo conduit prudemment, car si les routes sont bonnes et toutes asphaltées, les chiens qui les traversent sont nombreux. La plupart du temps, ils restent tranquillement couchés à l’ombre des maisons, mais il arrivent qu’ils se promènent en meutes le long des routes. J’ai une petite pensée pour Cécile qui a si peur des chiens, et qui doit venir nous voir en Thaïlande …


Les plages sont très longues, et dès que l’on s’éloigne un peu des petites villes, on se retrouve totalement seul. Je n’imaginais pas qu’il puisse encore y avoir des coins près de la mer aussi paisibles en Thaïlande. Les touristes filent directement vers les plages du sud, à Phuket, ou dans les îles comme Ko Phi Phi. Ici, ce sont plutôt des Thaïs qui viennent passer des vacances ou le week-end, car ce n’est pas très loin de la capitale.

Je suis cependant un peu déçue de la couleur de l’eau, qui ressemble beaucoup à celle de la méditerranée, et de l’absence de fonds sous-marins. Impossible de voir le moindre poisson dans cette eau souvent troublée par les vagues et le courant. Cela ne correspond pas à l’idée que l’on se fait des plages thaïlandaises, et je comprends que cela n’attire pas les tours-opérateurs.

Nous sommes tout de même séduit par le calme et l’authenticité qui règnent ici, sans parler de la température de l’eau, quasiment similaire à celle de l’air. Les alizées qui soufflent en permanence permettent de ne jamais souffrir de la chaleur.

Dans ce coin peu touristique, les plages sont plutôt fréquentées par les Thaïs. On observe qu’ils se baignent tous avec leurs vêtements : hommes comme femmes gardent tee-shirt et pantalons dans l’eau, puis sortent de la mer ruisselant. J’imagine à quel point ça doit être désagréable, ces vêtements mouillés qui collent à la peau. Même les jeunes femmes Thaïs qui sont en couple avec des occidentaux ne sont pas en maillot. Ce n’est donc pas une question de moyens, mais véritablement de pudeur. Par contre, ils ne semblent absolument pas choqués de nous voir en maillots de bain.


Nous profitons d’avoir le scooter pour aller manger au restaurant dans la petite ville voisine. Comme toujours, on choisit l’endroit fréquenté par la population locale, ce qui toujours un gage de qualité. L’avantage ici, par rapport à la Chine, c’est que tout le monde parle anglais, et que le menu est traduit dans cette langue. Même si parfois l’accent asiatique nous pose un problème de compréhension, il est facile de commander le plat que l’on veut. Le seul véritable souci concerne les épices, car ici la cuisine est plutôt relevée, ce que nos estomacs ne peuvent pas supporter. Mais, normalement, lorsqu’on demande « no spicy », ça marche. On se régale donc de poissons grillés, de riz et de pâtes frites agrémentées de petits légumes, d‘ananas, de noix de coco, de pastèque et de bananes.


A l’hôtel, les repas sont bons également, et la gentillesse du personnel sans limite. Un soir, Pollux nous apprend que c’est son anniversaire, et on décide d’aller acheter du poisson afin de le préparer au barbecue. En contrepartie d’une somme modique, nous sommes autorisés à utiliser le grill de l’hôtel. On nous prépare une assiette de légumes sautés au wok, qui accompagne à merveille notre thon (acheté un euro au marché du coin).
Un des chiens de l’hôtel, très justement baptisé Lucky, se charge de finir les restes. Après ça, comme tous les soirs, il part en vadrouille sur la plage, accompagné de sa petite copine. Repas à volonté, caresses des touristes, vagabondage et liberté absolue sous le soleil : on a trouvé le chien le plus heureux de la terre !


A l’occasion d’une balade sur la plage, on rencontre une belle femelle golden retriver, qui nous impressionne par son talent à dénicher les crabes. Sur la plage, d’énormes crabes creusent le sable et s’y enfouissent. Leur présence est seulement trahie par les trous qu’ils font pour s’enfoncer. Parfois, les trous sont vides. Pourtant la chienne ne se trompe jamais, reniflant et abandonnant certains trous qui lui semblent sans occupant, et creusant sans relâche dans les autres. Elle finit toujours par débusquer le crabe, l’attrape sans crainte de ses impressionnantes pinces et le coupe en deux d’un coup de dents. Elle suit Adrien dans l’eau, et semble le surveiller dans sa baignade. Elle a l’air de comprendre tout ce que nous lui disons, un animal très intelligent à n’en pas douter. Nous ne sommes pas surpris quand Adrien déclare vouloir l’adopter, et il va être difficile de le faire renoncer à cette idée. Le temps passe pourtant, et nous devons quitter Bankruit pour rejoindre Krabi, dans le sud du pays, où de la famille vient nous voir pour les fêtes de fin d’année.


III°) KRABI

Un tuk-tuk nous amène jusqu'à la gare où nous attendons longuement le train.

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La ponctualité ne semble pas être une priorité absolue, et il semble tout à fait normal que le train ait 3/4 d'heure de retard. Il finit par arriver enfin.
Nous nous installons au milieu des Thaïs et de quelques Occidentaux, qui comme nous, longent la côte Est en train. Le trajet jusqu'à Sura Thani dure 4 heures, mais il est agréable et nous permet de profiter du paysage. Nous devons descendre à Sura Thani pour rejoindre Krabi en bus, car le train ne va pas dans cette direction. On sait qu'il nous reste encore 2 ou 3 heures de bus, et il est presque 18 heures. Pourvu qu'il y ait encore des bus en fin d'après-midi ! Comme souvent, dès que nous descendons du train, nous sommes assaillis par les rabatteurs, qui nous proposent des transferts vers les îles voisines, ou vers le sud du pays. C'est justement dans cette direction que nous voulons aller, mais nous n'apprécions pas vraiment l'empressement du rabatteur à vouloir nous embarquer dans son taxi en direction de la gare routière. Il a beau nous répéter qu'il faut se dépêcher parce que le dernier bus va bientôt partir, je prends le temps d'aller vérifier ce qu'il me dit au guichet de la gare. On me confirme que la gare routière est à l'autre bout de la ville, que les bus pour Krabi se prennent là, et que le dernier bus part vers 18H. Nous fonçons rejoindre le rabatteur ; grâce à sa conduite ultra sportive, on arrive à temps pour le bus. Et c'est reparti pour 3 heures de trajet supplémentaire...
 On est vraiment fatigué de cette journée de transfert qui n'en finit pas. Adrien s'endort, appuyé sur mon épaule.
 Nous arrivons enfin à Krabi, où une voiture envoyée par l'hôtel que j'ai réservé via internet, nous conduit jusque là-bas. Il est presque 22 heures, et après un repas rapide, on ne pense qu'à une seule chose : se reposer !

C'est le lendemain que nous découvrons véritablement l'endroit où nous sommes.
L'hébergement est simple : des petits bungalows sommaires mais avec sanitaires privés, dans un jardin où la végétation aurait bien besoin d'être un peu domptée. Les feuilles mortes qui tombent des arbres en permanence sont balayées tous les matins, et simplement repoussées dans les coins.
Mais l'endroit à de nombreux atouts : c'est très calme (un exploit sur cette côte très touristique), peu onéreux (notre bungalow coûte moins de 20 euros), et l'environnement est magnifique. La petite plage privée est agréable, avec sa végétation tropicale, et l'eau est si chaude ! Ca, c'est vraiment le bonheur, on se baigne dans une mer à 30° !

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Tous les soirs, un superbe coucher de soleil enflamme le ciel, et nous ne nous lassons pas de l'admirer.
Pour ma part, j'élis domicile dans un hamac accroché entre deux cocotiers, d'où j'ai une vue imprenable sur la plage, et sur les pains de sucre qui s'élèvent dans la mer.

On est cependant très déçu des fonds, et de la qualité de l'eau. Ce n'est pas ici que nous verrons des poissons, les marées troublent d'ailleurs l'eau, à moins que ce soit la pollution ...

Dès qu'on s'éloigne un peu du bord de la plage, au moyen d'un canoé, on se rend compte que les collines sont recouvertes de jungle. A certains endroits, la mangrove recouvre la plage et il est impossible d'y accéder. Ce côté sauvage est vraiment beau, même si je n'aimerais pas dormir dehors !

Nous décidons de rester ici environ un mois, pour rayonner dans les environs et recevoir famille et amis qui doivent venir nous voir au soleil.

Nous prenons nos petites habitudes : tous les matins nous sommes réveillés par le chant mélodieux des oiseaux, qui se perchent dans les nombreux arbres du jardin. On aperçoit même un couple de toucans, qui nous observent avec curiosité en penchant la tête sur le côté, génés par leur énorme bec. Les écureuils s'élancent avec agilité et courent le long des branches, pour notre plus grand plaisir. Ce qui est nettement moins agréable, c'est qu'on va voir ici des serpents et des scorpions... Dès le premier jour, Ludo voit un serpent qui se dresse entre les cailloux , tout près d'un bungalow. Il rentre dans son trou dès qu'il l'aperçoit. Quant aux scorpions, des touristes viennent prévenir l'accueil qu'ils ont trouvé cette charmante petite bête dans leur bungalow. Cela n'a pas l'air de traumatiser le personnel, qui se contente de lui couper la queue. Moi, je n'ai jamais vu un scorpion aussi gros, et je suis plutôt impressionnée par un tel voisinage. On prend la sage décison de toujours bien refermer la porte du bungalow, pas question de la laisser entrouverte, même si nous ne devons faire qu'entrer et sortir. Ah, si je pouvais faire un cordon sanitaire autour du bungalow...
J'ai aussi la surprise de voir un varan d'au moins un mètre de long, venu fouiller les poubelles du bungalow voisin. Une fois qu'il a trouvé ce qu'il cherchait, il s'enfuit au plus vite, dissimulé par la végétation.

Entre deux baignades, nous rejoignons par la plage le petit village de pêcheurs tout proche, profitant de la marée basse pour passer sur les rochers. Ici, la plage est plus grande, bordée par les pins maritimes. Une fois la pêche terminée (ici, on pêche de nuit) les barques sont amarrées en bord de plage.

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Sur des grands filets tendus entre des bambous, les pêcheurs déposent les seiches. L'odeur qui s'en échappe est caractéristique !

Nous profitons d'être là pour manger dans un petit restaurant du village, tenu par une petite famille Thaïe. C'est parfois un peu difficile de se faire comprendre, mais quand les jus de fruits arrivent, quel régal ! Des purs jus d'ananas, de bananes, de mangues, pressés une minute avant, pour 50 centimes d'euros. Les plats coûtent à peine plus chers, et sont vraiment bons.
Après ça, on continue notre balade sur la plage.
Tout au bout, quelques beaux hôtels se partagent les lieux. Pas de doute, ils sont bien trop onéreux pour nous. Mais, moyennant quelques euros, on peut profiter de la belle piscine de l'un d'eux. Adrien s'éclate, et passe son temps à plonger et nager sous l'eau. Un vrai poisson !

A s'amuser comme ça, le temps passe vite, et c'est déjà la fin de l'après-midi. Nous ne sommes pas vraiment sûrs de pouvoir rentrer en passant par la plage, car la marée a bien remontée. Pas d'autre choix, il faut prendre la route. Cela ne nous enchante pas, car il y a peu d'éclairage. Voitures et motos nous obligent à la plus grande prudence, et nous changeons de voie avant d'en croiser une. Ludo ne veut pas marcher sur les bas-côtés, où l'herbe empêche de voir où l'on met les pieds. Il craint la présence des serpents, et la suite va lui donner raison ! Alors qu'il marche au milieu de la route, et que nous le suivons, je remarque quelque chose qui se tortille au sol. Je hurle de peur : un serpent à anneau rouge et noir vient de lui passer entre les jambes, sans qu'il le voit. Adrien s'accroche à moi, terrifié. Il serre sa main dans la mienne, trempée de sueur. J'essaie de me dominer pour ne pas l'effrayer plus encore. On se dépêche de rentrer, et on se promet à l'avenir de ne plus être dehors à la nuit tombée.

Nous louons aussi un scooter pour nous rendre jusqu'à Krabi. Nous sommes à 25 kms de là, mais la route est agréable. La ville, si elle n'est pas très belle, offre tous les services qu'on peut en attendre : une bonne pizzéria pour ceux, qui comme nous, sont en manque de nourriture occidentale, des magasins avec des produits occidentaux ...
Sur le retour, nous nous arrêtons à Ao Nang, qui est la station balnéaire la plus prisée. C'est une véritable concentration de magasins vendant souvenirs, maillots de bains, paréos, tongs, et de bars-restaurant.
Un peu trop touristique à mon goût : il y a ici beaucoup plus d'Occidentaux que de Thaïs.

Les fêtes de Noël approchent, et avec elles l'arrivée de ma mère et de ma soeur Camille. Nous sommes impatient de les voir, et Adrien encore plus !

 

Nous allons à l'aéroport de Krabi afin d'accueillir nos visiteuses.
Derrière une paroie vitrée, on aperçoit les premiers voyageurs qui descendent de l'avion. Le temps passe mais elles n'arrivent toujours pas. Je commence à m'inquiéter : pourvu qu'elles n'aient pas raté leur correspondance à Bangkok ! Mais non, les voilà ! Les retrouvailles sont chargées d'émotion, et puis on a tant de choses à se raconter.
Elles semblent fatiguées du voyage, et elles arrivent avec leurs microbes... J'espère que le soleil et la chaleur vont leur faire du bien.
C'est leur premier voyage en Asie : les différences avec l'Europe leur sautent aux yeux, c'est un vrai choc des cultures ! Le côté exotique ressort d'autant plus qu'il fait chaud, et que quelques heures auparavant elles étaient soumises aux rigueurs du froid parisien.
 Nous les ramenons jusqu'à l'hôtel. J'ai quelques craintes sur la simplicité de l'hébergement, mais cela semble leur convenir. Pour le moment, et après leur premier repas thaï, il est l'heure d'aller dormir.

Les jours suivants, nous alternons baignades, séances lectures et bronzages sur la plage.
On les emmène en balade sur la grande plage des pêcheurs : c'est plus agréable de s'y baigner, le sable est fin et il n'y a pas de rochers dans l'eau.
Adrien profite à fond de tous les moments passés avec sa grand-mère et sa tatie, et elles sont souvent prises à partie pour ses jeux. Et nous, ça nous fait des vacances !

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Nous retournons à la piscine du bel hôtel voisin, et on passe un agréable après-midi à s'y baigner, ou à lézarder au soleil, confortablement installés sur les transats. Adrien, quant à lui est fidèle à ses habitudes, et ne décolle pas de la piscine.

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On sait maintenant qu'il faut repartir avant que la nuit tombe...

Lors de l'une de nos balades sur la plage, un pêcheur nous montre l'énorme poisson-lune qu'il a ramassé dans ses filets : terrifié d'être hors de l'eau, l'animal se gonfle comme une outre, hérissant ainsi les piquants qui recouvre son corps. Le pêcheur le remet à l'eau. Mieux vaut éviter de poser le pied dessus !

Le jour de Noël est bien particulier cette année. Il fait si chaud qu'on a bien du mal à se rendre compte qu'on est à cette période de l'année ! La famille, habituellement réunie pour les fêtes, n'est pas au complet. Il n'y a bien sûr ni repas traditionnel, ni sapin décoré : l'ambiance est toute différente, avec nos tongs aux pieds ...  Quant aux cadeaux, ils ne sont ni nombreux, ni volumineux, au vu de la place dont nous disposons pour les transporter. Cette année, Adrien ne reçoit pas une pile vertigineuse de cadeaux, et c'est très bien. Nous revenons à l'essentiel : quelques livres, des jeux pour sa console, et c'est tout ! Le mythe du père Noël s'écroule tout seul, sans peine ni ressentiment. Mais c'est vrai que les doutes étaient présents dans l'esprit d'Adrien depuis longtemps...


Quelques jours plus tard, nous décidons de faire une sortie en bateau dans l'île voisine : koh hong.

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Pour cela nous prenons un petit bateau à moteur, affrété par l'hôtel, et appelé ici bateau longue-queue. Avec nous dans le bateau, il y a deux jeunes femmes et leurs deux enfants. Et c'est parti pour la journée !
Le paysage est magnifique : les ilôts couverts de végétation tropicales se découpent à l'horizon avec leur forme caractéristique en pain de sucre. Dommage que le bateau soit si bruyant, cela gâche la sérennité qui se dégage des lieux. Au bout d'une heure de navigation, le bateau ralentit et s'engage entre deux énormes rochers. Quelle surprise !

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Nous débouchons sur une sorte de piscine naturelle, dans laquelle l'eau est d'un vert lumineux.
 L'endroit est magnifique, mais nous ne sommes pas seuls ! D'autres bateaux font également halte ici, et y déversent leurs occupants. On s'équipe tout de même : masques et tubas, et on plonge. Mais il y a peu de fonds, et les poissons ont sans doute fuis la foule. Cela reste agréable d'y nager, tant l'endroit est surprenant : de hautes falaises nous entourent, recouvertes de jungle, et seul le passage que nous avons emprunté en bateau permet de rejoindre la mer.

Nous repartons en bateau jusqu'à l'île de koh hong. Cette fois encore, d'autres touristes investissent les lieux, mais c'est vrai que nous sommes fin décembre, et c'est la haute saison ici.
Malgré le monde, l'endroit me plaît : plage de sable blanc bordée de collines en pain de sucre recouvertes de végétation, eau transparente et chaude.

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On va y rester quelques heures, et c'est ici que nous faisons la pose déjeuner au moyen de paniers repas préparés par l'hôtel. Pas de sandwichs jambon-beurre-cornichon à l'horizon, dommage ! A la place, salade de riz et fruits frais. Frugal, mais bon.
On se baigne avec grand plaisir dans cette eau claire, et ici il y a des poissons ! Munis de nos masques et tubas, on plonge et on nage sous l'eau au milieu d'eux.
Dès qu'on sort de l'eau, le soleil tape sérieusement, et on se réfugie à l'ombre des arbres plantés sur la plage pour déjeuner. 
Après le déjeuner, la baignade est moins agréable, car sous l'influence des marées, la mer commence à se retirer.

Nous reprenons le bateau : le dernier arrêt se fera sur un adorable petit ilôt, relié par une bande de sable à l'îlot voisin.

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Mais à peine commençons-nous à plonger que nous remarquons d'énormes oursins, aux redoutables piques venimeuses ! Adrien n'est pas rassuré et sort de l'eau : il restera sur le sable avec Camille et sa grand-mère.
Ludo et moi nous restons dans l'eau, décidés à continuer la plongée, tout en faisant attention à ne pas nous faire piquer. Je n'ai jamais vu de pareils oursins, leurs piques mesurent au moins 50 cm. !
Une des jeunes femmes qui est avec nous sur le bateau, se fait piquer au pied. Le problème, c'est que l'épine s'est cassée et qu'un morceau reste planté dans son pied. Cela n'a pas l'air d'inquiéter le capitaine du bateau, qui se contente de lui mettre un peu d'ananas sur la blessure. Il lui assure que demain les épines sortiront seules de la peau : j'ai de sérieux doutes. J'ai pris un spray antiseptique dans mon sac : cela permettra au moins de désinfecter la plaie.
Nous rentrons à l'hôtel sans autre incident, fatigués mais enchantés de notre journée au grand air.


Un autre jour, nous louons des scooters afin d'aller en balade dans les alentours de Krabi. Ludo conduit un des scooters : Adrien se met tout devant, et il place ma mère à l'arrière. Elle n'a pas l'air bien rassurée au début, mais elle accepte de venir. Camille conduit le deuxième scooter, je suis derrière elle : cela lui fera de l'entraînement, elle qui veut en acheter un pour ses déplacements dans Paris.  Même si la route jusqu'à Krabi est empruntée, elle est agréable grâce aux paysages et aux visages souriants des Thaïs que nous rencontrons en chemin.
Au retour de Krabi, nous nous arrêtons sur la plage d'Ao Nang, où l'on ne résiste pas à une baignade. On s'attarde sur la plage jusqu'au coucher du soleil, magnifique.

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Ce n'est qu'à la nuit tombée que nous prenons le chemin du retour jusqu'à l'hôtel. Mais avec nos maillots humides sur la peau, et sans la chaleur du soleil pour nous sécher, la balade est nettement moins agréable. Le scooter de Ludo menace sans cesse de caler, et l'idée d'une éventuelle panne nous inquiète (le souvenir de nos mésaventures en Chine est bien présent dans nos esprits). On prend tout de même le risque de s'arrêter au bord de la route pour se couvrir un peu mieux. Adrien et Camille qui sont devant, chacun sur un scooter, ont froid, exposés au vent. On les enveloppe dans les serviettes de bain, car d'après Camille la pneumonie est proche ! Arrivés à l'hôtel, après une douche chaude et un bon rhum-coco, il n'y paraît plus.

La fête du 31 décembre approche : déjà la fin de l'année !
A l'hôtel, grand barbecue de poissons frais au menu, et fruits pour le dessert. Ca ne ressemble pas du tout à ce que l'on a l'habitude de manger en cette occasion, mais que c'est bon !

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Dommage que comme d'habitude, le service ne soit pas à la hauteur : les gambas arrivent tardivement, et encore crues.
L'hôtel a également prévu des ballons en papier de riz : d'après le principe de la mongolfière, l'air chauffé grâce au brûleur permet au ballon de s'envoler. On lance plusieurs ballons dans le ciel. C'est beau et poétique, ces ballons qui s'envolent, emportant nos voeux au dessus de la mer. Ils s'éloignent rapidement vers l'horizon, seuls points lumineux dans la nuit, et nous les suivons du regard le plus longtemps possible. Un moment de pureté rare.

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Mais la soirée ne fait que commencer ! Retour à la réalité avec le jeu des mimes proposé par Camille. Le principe est simple : les équipes s'affrontent, et il faut faire deviner un personnage célèbre, un proverbe ou le titre d'un film à son coéquipier, en mimant la situation, sans parler bien sûr. Je fais équipe avec Ludo, qui s'avère excellent dans ce jeu. Il nous fait pleurer de rire dans son mime pour me faire deviner le proverbe : " qui vole un oeuf, vole un boeuf", ou encore dans l'imitation de "Wallee". Camille n'est pas mauvaise non plus dans son imitation de Madonna, et provoque elle-aussi des fous rires incontrôlables. Quant à Adrien, il réussit parfaitement à faire deviner à son équipe "le Seigneur des Anneaux", en reproduisant à la perfection la gestuelle de certains personnages du film.
Pourvu que 2010 soit à l'image de ce début d'année : belle et heureuse.


Quelques jours plus tard, nous partons pour une sortie en mer d'une journée. Au programme : la célébrissime île de Phi Phi avec sa non moins célébrissimme plage de Maya Bay (l'endroit où a été tourné le film "la plage"), et les îles Mosquito et Bamboo.
On vient nous chercher à l'hôtel pour nous conduire à l'embarcadère, où nous prenons place à bord d'un speed boat.

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Nous ne sommes pas les seuls à avoir eu l'idée de cette excursion, et les touristes sont très nombreux à attendre leur bateau. Mais l'accueil comme l'organisation sont très pros, et nous prenons rapidement place dans notre bateau. Il fend les eaux à toute allure, et nous arrivons en 45 minutes sur la magnifique baie située sur la côte Ouest de Phi Phi Lee (il y a deux îles regroupées sous le vocable de Phi Phi : Phi Phi Lee, inhabitée, et Phi Phi Don).
Maya bay mérite sa réputation : l'endroit est superbe ! Contrairement à ce que l'on peut voir dans le film, la baie n'est pas entièrement fermée sur elle-même, même si les falaises la bordent de part et d'autre.

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Avec sa plage de sable blanc, sa mer couleur menthe à l'eau, ses immenses rochers qui l'entourent, l'endroit a de quoi séduire ! Et depuis la sortie du film, son succès a été décuplé. La conséquence c'est que les bateaux accostent par dizaines ici, et y déversent leurs flots de touristes. Lorsque nous arrivons à Maya Bay, il est encore tôt dans la matinée, et l'endroit est relativement calme. Mais l'invasion va vite devenir insupportable, et nous quittons la plage sans regret. Dommage, j'imagine le plaisir que nous aurions eu à nager dans ces eaux transparentes, et à jouer aux explorateurs à l'arrière de la baie où un étroit chemin de sable permet d'accéder.

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Nous faisons une deuxième halte en pleine mer : on va bien finir par les voir, ces poissons !
Nous nous équipons des masques et tubas, et nous plongeons. Il y a pas mal de courant, et je préfère jouer la carte de la sécurité en enfilant un gilet de sauvetage. Je sangle Adrien dans un autre gilet de sauvetage : cela nous permettra de flotter sans effort en cas de fatigue ou de crampe.
Je retrouve le plaisir que j'ai déjà éprouvé lors de précédentes plongées dans d'autres pays. Sous l'eau, tout est différent : seul le bruit de ma respiration dans le tuba trouble le silence des lieux. Les poissons multicolores évoluent avec grâce, et passent près de moi. Il me semble à chaque fois que je vais pouvoir les toucher, alors qu'au dernier moment, ils font un écart et m'évitent.
Je suis quand même un peu déçue par la qualité de l'eau : elle n'est pas aussi limpide que je l'avais imaginé, ni que l'on nous l'avait fait espérer. Beaucoup de coraux sont morts au fond de l'eau, et ça n'est pas bon signe quant à la pollution.

Nous reprenons la navigation, en longeant les falaises recouvertes de végétation. Nous passons près d'une gigantesque grotte : Viking Cave. C'est ici que certains viennent ramasser les nids d'hirondelles que les Chinois achètent à prix d'or, pour leurs prétendues vertues aphrodisiaques.

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Nous arrivons à Phi Phi Don. Le site, magnifique, est complétement dénaturé par la foule qui s'y presse.

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Trop, c'est trop et là on atteint les limites du supportable. En fait, la plage baignable de l'île est minuscule, c'est une étroite bande de sable où chacun cherche à poser sa serviette sans écraser son voisin. Les filles paradent en bikini le long de la plage, les garçons body-buldés exposent leurs muscles huilés au soleil, tandis que la sono diffuse à fond les dernières chansons américaines à la mode. Bref, Ko Phi Phi pourrait être une plage de n'importe quel endroit du monde, et plus rien ne permet de dire qu'on est encore en Thaïlande.

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Nous déjeunons dans un restaurant de l'île, et nous nous baignons dans ses eaux tièdes. Encore une fois, je pense que trop de tourisme tue le tourisme. J'imagine ce que devait être l'île il y a 20 ans : le paradis. Une eau transparente, protégée du courant par sa baie entourée de falaises, une plage de sable blanc bordée de pins maritimes d'où venait le chant des oiseaux ...
L'île ne garde aucune trace du tsunami survenu en décembre 2004 : tout a été reconstruit, mais en pire. Petits commerces de souvenirs, magasins de vêtements avec quantité de paréos, tongs, lunettes de soleil, chapeaux, crèmes solaires, se touchent sur l'étroite bande de sable qui rejoint le port. Il règne un bruit et une agitation frénétique sur ce port, où accostent les ferrys chargés de touristes venus passer quelques jours de vacances à Ko Phi Phi. Nous qui avions fait le choix de ne pas séjourner ici, nous nous en félicitons !

Nous reprenons le bateau jusqu'à Bamboo Island. La raison du nom de cette île m'échappe : il n'y a pas un seul bambou à l'horizon. Mais le snorkelling y est particulièrement agréable, l'eau est claire et les poissons nombreux. Adrien se trouve entouré d'un banc de poissons avec lesquels il partage une banane. Et il a du succès !

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La plage est superbe, sauvage, sans aucune habitation. Elle fait d'ailleurs l'objet d'une protection toute particulière, étant classée parc naturel.
Nous passons la majorité de notre temps sur l'île dans l'eau, il fait tellement chaud !
Mais soudain le temps se gâte, de gros nuages gris envahissent le ciel, et l'on entend le tonnerre gronder au loin. Il nous semble voir quelque chose, là-bas, loin sur la mer. Est-ce que c'est une vague, est-ce que c'est un nuage de pluie ? Dans le doute, tout le monde regarde l'horizon avec inquiétude. Les voix se taisent, un silence de plomb s'installe. La tension est palpable, et le souvenir du tsunami est dans toutes les têtes. Ce qui ne nous aide pas vraiment à se rassurer, c'est la présence de panneaux indiquant le chemin à suivre pour se retrouver dans les hauteurs de l'île en cas de tsunami.

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Ces panneaux, on en a vu partout sur les côtes thaïlandaises. Ils ont été installés après la catastrophe pour permettre à la population et aux touristes d'évacuer les lieux à risques au plus vite. Mais ils prennent un autre sens ici, avec cette forme indéfinissable que l'on voit au loin sur la mer. Les premières gouttes de pluie commencent à tomber, l'orage se rapproche, et nous, nous courons jusqu'au bateau pour nous abriter. C'était l'heure du retour de toute façon, et nous rentrons sous la pluie. On décide que la forme entrevue au loin sur la mer n'était qu'un nuage de pluie.

Plus que quelques jours avant le départ de la famille ! Camille met ce temps à profit pour acheter quelques petits souvenirs et dévalise les boutiques de paréos.  C'est aussi la fin des "vacances" pour Adrien, qui contrairement à nos habitudes, n'a pas travaillé les cours du CNED pendant les fêtes de fin d'année. On met les bouchées doubles pour en prendre plein les yeux, et on assiste tous les soirs à des couchers de soleil merveilleux, où les derniers rayons embrasent le ciel, offrant des dégradés de rouge ou d'or. Pas de doute, Camille ne retrouvera pas ces couleurs sous la grisaille parisienne !

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Mais le temps passe vite, et il faut déjà se dire au-revoir. Dur dur de les laisser partir ! Mais peut-être plus dur pour elles de nous laisser ici ! Leur départ nous fait un sacré vide, on se sent un peu perdu pendant quelques jours.
On ne peut s'empêcher de jeter un regard à leur bungalow quand on passe devant, honteusement occupé par d'autres touristes.


Pour couronner le tout, et pour la première fois depuis le début de notre voyage, Ludo et moi sommes malades. Une belle tourista dont on va mettre presque une semaine à se remettre. Je trouve ça un peu long pour une simple gastro, et je pense plutôt qu'on a attrapé un parasite dans les eaux pas vraiment nettes de Ko Phi Phi.
On se sent très fatigué, et je suis à la limite d'aller voir un médecin, mes médicaments étant inefficaces.
Mais on se remet seuls peu à peu, lorsque l'on arrive à dormir. Difficile d'avoir une nuit de sommeil correcte, surtout lorsque notre voisin de bungalow ramène une prostituée d'une de ses virées nocturnes, qui nous réveille en pleine nuit par des gémissements sans équivoques. Et oui, la Thaïlande, c'est ça aussi, il ne faut pas se leurrer ! Depuis le début de notre séjour dans le pays, nous avons croisé de nombreux Occidentaux, parfois vieux et décatis, en agréable compagnie. Cependant, la prostitution est vécue ici différement de chez nous, et me semble moins "sale", moins dégradante pour les femmes. De nombreux Occidentaux qui viennent en Thaïlande choisissent une fille et la gardent pour la durée de leur séjour. Ils se rendent ensemble au restaurant pour les repas de la journée, vont à la plage, ou en balade en moto dans les environs. La demoiselle joue le rôle "d'escort girl". Elle est libre d'accepter ou non ce rôle, il n'y a pas de proxénètes. En tant que femme, je plains ces filles, qui, pour pouvoir se payer des études, vendent ainsi leur corps aux étrangers de passage. Mais la société Thaïlandaise ne les rejette pas, et elles pourront tout à fait exercer un autre métier lorsqu'elles le décideront.

Nous tentons de reprendre les habitudes de notre trio, et consacrons les matinées au travail scolaire d'Adrien, tandis que les après-midi nous partons en vadrouille dans les environs. On découvre ainsi une ferme piscicole, où l'on élève des poissons-chats. Ils grouillent autour des bassins, ouvrant une gueule immense pour tenter d'attraper la nourriture qu'Adrien leur jette. Un poisson-chat, c'est très moche, mais c'est bon ! On en déguste pour la première fois, simplement grillés au barbecue.

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Nous sommes quasiment les seuls touristes à nous promener ici. Les autres visiteurs sont des Thaïs, accompagnés de nombreux enfants, qui sont ravis de nourrir les poissons. C'est la sortie familiale du coin.
Comme la plupart de ceux qui ont une voiture ici, ils entassent les enfants à l'arrière des pick-up. Pas de siège auto ici !

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Nous prenons toujours autant de plaisir à rouler, et à découvrir paysages et habitations, parfois très modestes, qui se serrent le long des routes.

Certaines exposent leurs toits de tôles colorés, d’autres sont juchées sur pilotis.


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Nous retournons à Ao Nang, et trouvons une plage beaucoup plus calme car un peu excentré. Nous tentons en vain de trouver un autre hôtel dans ce coin, mais celui où nous sommes offre le meilleur rapport qualité-prix dans cette région touristique. On espère qu’il plaira à Karine et Thierry, nos amis bordelais, qui doivent venir nous retrouver ici.

Nous allons les chercher à l’aéroport de Krabi quelques jours plus tard. Et les voilà ! On est heureux de les voir, et malgré la fatigue qui se lit sur leurs visages, c’est un sentiment partagé. Comme pour ma mère et ma sœur, nous sommes venus les chercher avec le pick-up de l’hôtel, avec banquettes à l’arrière pour un minimum de confort. Ca met dans l’ambiance tout de suite !

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Nous les ramenons jusqu’à l’hôtel (ouf, ça semble leur plaire).
Ils ont le temps de prendre un premier bain avant la nuit, et au vu de la température de l’eau (30 petits degrés) ce serait dommage de s’en priver. Ils se régalent, appréciant autant la tiédeur de l’eau, que les couleurs de la plage dans la luminosité de cette fin de journée.

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On s’attarde dans l’eau, puis sur le sable, goûtant le plaisir et la chance à être ensemble, à l’autre bout du monde. Nous leur faisons découvrir la saveur de la bière locale, la Chang Bier, autant plus appréciée dans ces conditions.

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Adrien est heureux, et que ce soit dans l’eau ou sur le sable, il ne lâche pas Thierry ou Karine d’une semelle.

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La nuit tombe, et Thierry mitraille le coucher de soleil. C’est vrai que c’est beau, on ne s’en lasse pas. Nous avons assisté à des dizaines de couchers de soleil depuis que nous sommes ici, avec un plaisir renouvelé à chaque fois.


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La soirée se passe joyeusement, et nous faisons découvrir à Karine et Thierry quelques plats thaïs, qui ravissent leurs papilles et leurs estomacs. Ils ont peu et mal dormi dans l’avion, et veillent pourtant bien tard ce soir là !  Mais on se doute que l’excitation va bientôt faire place à la fatigue, Et malgré leurs souhait de se lever tôt pour profiter de la journée du lendemain, on les laisse faire une grasse matinée réparatrice.
De notre côté, nous en profitons pour faire travailler Adrien, comme chaque matin, et j’avance un peu dans la rédaction du blog.

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Après ça, la journée est vouée au farniente : repas au resto de l’hôtel, balade sur la plage, sieste dans les hamacs. Et bien sûr, baignade et encore baignade.

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Le lendemain, nous sommes un peu plus actifs, et nous louons des scooters pour une virée dans les environs. Thierry le motard est le plus heureux ! Direction Ao Nang, pour un solide petit déjeuner, préambule nécessaire à la dure journée qui nous attend. Pour nous trois, partis de France depuis si longtemps, c’est un réel plaisir de déguster un petit déjeuner avec un vrai café, un chocolat chaud, et des croissants.
Nous allons sur la belle et grande plage d'Ao Nang, que nous avions répérée précédemment, tentant de nous protéger à grand renfort de crème solaire des rayons brûlants du soleil.

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On aimerait bien pouvoir se rafraîchir par une baignade dans la mer, mais c’est marée basse. On marche longtemps pour un résultat médiocre : l’eau nous arrive aux genoux. On se trempe pourtant, manière d’avoir moins chaud, jusqu’à ce que j’aperçoive quelques petites méduses. Bon, et bien voilà … On ne peut pas se baigner, et on a du mal à rester sur la serviette, il fait vraiment trop chaud.
Le mieux, c’est de lever le camp, et de se trouver un petit resto sympa pour le déjeuner. Mission accomplie : sur le trottoir, un petit resto ambulant a installé une table et quelques tabourets, où nous mangeons à prix dérisoire.

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Après cette pause, nous reprenons les scooters. Thierry et Karine nous suivent sur leur scooter, et apprécient eux aussi cette sensation de liberté que nous éprouvons à rouler sur ces petites routes. Et puis, on préfère être devant, pour qu'ils se souviennent qu'ici on roule à gauche !

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C’est toujours une agréable surprise de voir des éléphants au bord de la route, prêts à accueillir les touristes pour une balade dans la jungle. On se promet de faire ça un peu plus tard.

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Pour le moment, Ludo veut absolument montrer à Thierry une moto qu’il a vu à la vente dans un petit garage. Il veut avoir son avis, en sa qualité de professionnel de la moto. Lorsqu’il la voit, Thierry est lui aussi emballé  ! Et pendant 15 jours, les garçons vont nous parler régulièrement et très souvent  de cette moto, une véritable affaire pour 300 euros…

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Pour l'heure, le temps se gâte, mais on décide de continuer la balade en moto. Seul Adrien serait d’avis de rentrer, mais la majorité l’emporte ! La suite va lui donner raison, car la pluie se met à tomber, et on trouver in-extrémis un abri sur la route. On se protège avec les moyens du bord. Il tombe des cordes !

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La pluie finit par cesser, et nous rentrons à l’hôtel, non sans avoir fait un arrêt goûter pour Adrien dans un petit café adorable.

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Le lendemain, c’est balade sur la plage jusqu’au petit village de pêcheurs. Nous faisons découvrir à nos amis les barques amarrées sur le sable, les poissons qui sèchent au soleil avec leur odeur si caractéristique.

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On va également déjeuner dans un petit resto local, abrité de la chaleur et du soleil sous le toit en palme et bambou de la paillote. Ici, les jus de fruits frais sont un vrai régal, surtout celui d’ananas, et au prix de 0,50 centimes le verre, on se gorge de vitamines C !

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Ce que j’apprécie aussi en Thaïlande, c'est la facilité et le coût des services. Par exemple, celui de la laverie : comme d’habitude, nous donnons notre linge à laver, et nous dépensons … 0,70 euros/par kilo. On le récupère propre, et plié. Karine, qui avait emporté sa lessive à main, n’a plus qu’à l’oublier au fond de son sac. Et moi, je me surprends à rêver une fois de plus : ah, si ce genre de service pouvait exister en France, je ne passerai pas mes week-end en compagnie de ma machine à laver …

Mais il est temps pour nous de quitter définitivement Krabi. Cap sur Ko Lanta !


IV°) KO LANTA


Nous achetons nos places à l’embarcadère, et attendons avec d’autres passagers le ferry qui doit nous amener à Ko Lanta.

Pour certains, l’attente se passe plutôt cool … mais je comprends maintenant pourquoi cette valise grise est fendue.


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Le ferry embarque bien plus de passagers qu’il n’offre de places assises. Le résultat, c’est qu’on se retrouve par terre, serrés les uns contre les autres.

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 Lorsqu’on approche d’îles habitées, des petits canots nous rejoignent, venant amener ou chercher des touristes pour le compte d’un hôtel. Pour monter à bord ou pour en descendre en pleine mer, c’est plutôt acrobatique et les passagers passent de canots en canots jusqu’au ferry.

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Nous arrivons à Ko Lanta. Comme à Ko Phi Phi, il y a ici deux îles : la première est inhabitée, il s’agit de Ko Lanta Noi, et nous passons devant sans nous arrêter. La seconde, c’est Ko Lanta Yai. Nous accostons ici, dans la petite ville de Ban Saladan, typique avec ses maisons en bois sur pilotis à l’entrée du port.


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Après négociation sur le prix, un taxi pick-up nous conduit jusqu’à Phra Ae Beach, la seconde plage de l’île en descendant vers le sud. Mais ni la plage, ni l’hôtel ne nous plaisent vraiment : trop de monde, trop de bruit, et un confort vraiment sommaire.
Après avoir passé une mauvaise nuit ici (à cause de la proximité de bars), nous repartons dès le lendemain. On se met d’accord avec un taxi pick-up pour qu’il fasse des arrêts en descendant vers le sud. De cette manière, nous visitons plusieurs hôtels sur la route, avant de trouver l’endroit idéal : un resort au vaste parc fleuri, au bord de la mer, avec piscine. Je négocie fermement les prix, et pour 24 euros, nous avons un bungalow tout confort, petit déjeuner inclus.

 

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  Le seul inconvénient, c’est l’absence de plage baignable, à cause de la présence de rochers dans l’eau. Mais comme on a l’intention de bouger pour visiter l’île, ça n’a pas une grande importance.
Adrien s’éclate dans la piscine, et passe des heures dans cette eau si chaude et si agréable. Un vrai poisson ! Les adultes ne se font pas prier non plus pour se baigner et jouer dans l’eau avec lui.


Mais depuis son arrivée en Thaïlande, Thierry rêve de conduire un tuk-tuk, lui qui possède un side-car en France. Normalement ils ne sont pas loués aux touristes qui ne savent pas les manœuvrer. Mais, bien décidé à ce que son rêve devienne réalité, Thierry arrive à convaincre quelqu’un de lui louer son tuk-tuk pour quelques jours.

On s’entasse sur les banquettes, et roule ma poule !

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2010-01-20 001 2010-01-17 092 Thierry est heureux et ça se voit !
                
Grâce à lui, nous sommes libres d‘aller et venir sur l‘île et on ne va pas s‘en priver ! Que ce soit à l’un des bar-restaurant du village où nous buvons un verre, agréablement allongés sur des coussins, ou en balade sur les petites routes, les bons moments et les fous rires s’enchaînent.
Le tuk-tuk patine dans les virages, et il faut toute la dextérité d’un conducteur chevronné comme Thierry pour ne pas nous envoyer dans le décor. Karine, à l’avant du tuk-tuk stresse un peu quand nous prenons de la vitesse, ou dans un virage un peu serré.

L’île est vraiment belle et sauvage, pratiquement entièrement recouverte de jungle. La route, construite près du littoral, est la seule qui sillonne Ko Lanta. Au final, ce n’est qu’une mince bande de terre qui est accessible aux hommes et habitées. On entend nettement le chant des oiseaux qui s’élève des arbres.

Le souci principal à Ko Lanta lorsqu‘on circule en tuk-tuk, c’est les côtes… Là, même en prenant de l’élan, il ne parvient pas à les gravir, nous sommes trop lourds ! Nous descendons, et nous marchons jusqu’en haut de la côte où nous retrouvons Thierry. Parfois, Ludo est même obligé de pousser le tuk-tuk.

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En descendant ainsi dans le sud du pays, on trouve une plage paradisiaque en contrebas de la route. Nous garons notre tuk-tuk, et descendons le long d’un petit chemin escarpé jusqu’à la plage.

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Et là, on se trouve quasiment seul sur cette magnifique plage de sable blanc.
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Nous trouvons un peu d’ombre sous les arbres, mais nous passons l’essentiel de notre temps dans l’eau. Elle est claire et tiède, et le sable fin est doux sous nos pieds. Ici, pas de cailloux ni de rochers. Alors que je me baigne avec Adrien, et que Ludo et Thierry se sont un peu éloignés sur la plage, Karine, restée sur le sable reçoit la visite d’un petit curieux. Un singe, venu la saluer, ou venu voir s’il pouvait trouver un peu de nourriture dans nos sacs. Il n’est pas agressif, ce qui rassure Karine, peu habituée à fréquenter ce genre d’animaux à Bordeaux, quoi que …

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Nous quittons la plage et repartons avec notre tuk-tuk. Impossible de descendre plus vers le sud, car la route fait bientôt place à une piste, impraticable avec notre engin. Quelques motos tentent le passage, et j’imagine l’état dans lequel les motards arrivent à destination : couverts de poussière ! Seuls les 4/4 arrivent facilement à poursuivre leur chemin.

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Nous retournons donc sur nos pas, et déjeunons dans un petit resto, peu engageant par son aspect, mais où, avec les moyens du bord, on nous prépare un délicieux repas thaï.
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Ici, comme dans beaucoup de restaurants destinés aux locaux, on ne sert pas d’alcool à table. On l’oublierait presque, mais l’île est en grande majorité peuplée par des musulmans. Et j’ai la surprise de constater qu’au Seven/Eleven du village, une autre restriction s’applique : les ventes d’alcool, même légers comme la bière, sont interdites pendant presque toute la journée. L’interdiction est levée vers 17 heures. Tant de rigueur prête à sourire, surtout lorsqu’on voit l’état totalement « allumé » de certains autochtones. Et oui, à côté d’une majorité de musulmans pratiquants, il y a ici quelques beaux spécimens de rastas, aux locks emmêlées, vautrés à l’ombre, qui fument ou consomment d’étranges substances...


De retour à l’hôtel, Karine et Thierry ne résistent pas à l’appel de l’éléphant, et partent pour une balade cadencée sur son dos. Pour nous trois, cela se fera plus tard.

Ils reviennent emballés de leur promenade. Ils ont été impressionnés par la délicatesse de l’animal, posant ses lourdes pattes sans la moindre hésitation le long des ravins.

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Après ça, une bonne noix de coco à partager entre amoureux pour se remettre de ses émotions s’impose !

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 Le lendemain, nous parvenons à décider Karine pour une excursion en bateau dans les îles voisines. Elle surmonte ses angoisses, et accepte de partir en long-boat. A mon avis, le speed-boat est plus confortable, et surtout plus rapide, mais ce n’est pas envisageable pour elle. Nous partons donc dans un long-boat, c’est-à-dire un petit bateau à moteur, ultra bruyant et poussif.

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Au début, Karine a le sourire, mais très vite la traversé va devenir un enfer. La mer est agitée, et assis sur nos bancs en bois à l’avant du bateau, nous sommes trempés. On nous protège tant bien que mal au moyen de bâches de plastique sur les côtés du bateau. Le bateau bouge beaucoup, et plus le temps passe, plus mon estomac fait des siennes. Je me tourne vers Karine, assise derrière moi : elle est blême. Elle tente sans succès de prendre sur elle, mais la peur finit par l’emporter, et elle craque. La voyant pleurer, Adrien s’imagine que nous sommes en situation de risque, et pleure aussi. On le prend contre nous, et on le rassure. Thierry essaie de faire de même avec Karine.
Enfin, le bateau fait un premier stop pour une première plongée en pleine mer. Je suis soulagée de m’arrêter, mon estomac va pouvoir ré-intégrer sa place normale, et cesser de faire le yoyo.

 On plonge avec plaisir dans l’eau claire et tiède. Les poissons sont là, fidèles au rendez-vous. C’est un bonheur à chaque fois renouvelé de nager, d’admirer leurs formes et leurs couleurs dans leur milieu naturel. Adrien évolue à son aise dans l’eau, et nous montre du doigt les plus beaux poissons, les plus beaux coraux.
Je retourne près du bateau car je ne vois pas nos amis dans l’eau. J’ai la surprise de voir qu’après quelques minutes, Karine est remontée à bord. J’imagine que c’est la conséquence de la navigation agitée de tout à l’heure. Mais lorsqu’il est l’heure de repartir, et que nous revenons au bateau, elle m’explique qu’elle s’est fait piquer par une méduse. La pauvre, décidément c’est sa journée ! Une poche de glaçon est sensée la soulager, et c’est vrai que son genou va dégonfler dans la journée.

 
Le bateau repart, et s’arrête rapidement devant l’entrée d’une grotte : voici Ko Muk. Tout le monde a l’obligation de s’équiper des gilets de sauvetage, et de suivre le guide, ou plutôt la lumière de sa puissante lampe torche.
On saute à l’eau, et on motive Adrien à nous suivre. Karine et son genou préfèrent rester sur le bateau.
Nous commençons à nager dans la grotte, qui devient de plus en plus sombre au fur et à mesure de notre avancée. Au bout de quelques mètres, nous sommes dans l’obscurité la plus complète. Karine a bien fait de ne pas venir, elle n’aurait pas supporté ça. Et c’est vrai que c’est très impressionnant de nager dans le noir et sous la roche, sans quitter des yeux le seul point lumineux dont nous disposons : celui de la lampe torche du guide ! Je suis très fière d’Adrien, qui nage courageusement malgré ses appréhensions.

 Nous débouchons enfin à l’air libre. Whaou, c’est magnifique !

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On se croirait dans une piscine naturelle d’un vert irréel, protégée par d’immenses falaises de part et d’autre, auxquelles s’accrochent une végétation épaisse et luxuriante. Nous passons un bon moment ici, à nager et faire les fous dans l’eau.
Nous revenons au bateau et prenons un modeste déjeuner sur place.

L’arrêt suivant se fait sur l’île de Ko Hai : plage de sable blanc, eau transparente, et pains de sucre se découpant à l’horizon… C’est la plus belle plage que j’ai vu jusqu’ici en Thaïlande.

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Nous la quittons à regret, et rentrons à Ko Lanta.

Après la visite du singe, et la piqûre de la méduse, Karine qui est décidément l’amie des bêtes, héberge un crapaud dans sa salle d’eau, venu jouer les voyeurs alors qu’elle prend sa douche. Jaloux, Thierry le met dehors.


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Pour notre dernière journée à Ko Lanta, nous squattons la piscine. Une eau chaude comme ça en France, ça n’existe pas !

Et une dernière fois, on assiste à un merveilleux coucher de soleil sur la mer.

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Le lendemain, nous nous levons tôt : nous devons prendre le bateau jusqu’au continent, et rallier Krabi pour prendre un vol jusqu’à Bangkok . Mais alors qu’une navette passe tous les jours à l’hôtel pour amener les clients à l’embarcadère, aujourd’hui elle n’est pas là. Le personnel de l’hôtel, gentil mais inefficace, ne se souvenait plus que nous partions aujourd’hui…
Moi, je ne m’énerve plus, plusieurs mois en Asie m’ont appris que cela ne servait à rien, et qu’on trouvait toujours une solution. Le temps passe, c’est désormais trop tard pour le bateau (que nous avons déjà payé).
Au final, l’hôtel appelle un minibus. Il perd encore une heure à aller chercher d’autres touristes dans différents hôtels de l’île. L’une des passagères s’inquiète pour son vol, mais le chauffeur la rassure : promis, il arrivera à temps à l’aéroport.  Dès la sortie du bac, il enfonce la pédale d’accélérateur et va conduire comme un dératé jusqu’à Krabi. Dépassement de la ligne continue, absence de visibilité pour doubler : cela ne le dérange pas du tout !
Adrien s’endort sur la banquette arrière, et j’aimerais bien en faire autant, au moins je ne verrais pas les risques pris. Mais nous arrivons sans accident à l’aéroport, et largement à temps pour notre vol. Bangkok, nous revoilà !

V°) RE- BANGKOK


Comme de vieux habitués, nous retrouvons facilement nos marques à l’aéroport de Bangkok. On prend un taxi familial, qui nous accueille tous les cinq et nos bagages.

L’hôtel que j’ai choisi est idéalement situé : proche des quais, et surtout proche de l’ambassade de France où j’ai pris rendez-vous pour faire établir les nouveaux passeports. Mais si cet hôtel a vécu ses années de gloire, elles sont maintenant très loin derrière lui. Immense et vieillissant, il n’a rien d’agréable. Les premières chambres que nous visitons sont vétustes et déjà occupées par … des cafards.

On nous propose d’autres chambres, à un étage supérieur. Elles nous semblent plus propres, et nous décidons de rester là au vu de l’heure tardive.


Le lendemain, je me rends à l’Ambassade de France avec Adrien : empreintes digitales et photos sont prises pour nos nouveaux passeports, qui devraient être prêts dans les 8 jours.


Le temps est gris et lourd, l’atmosphère polluée, taxis et tuk-tuk sillonnent les rues sans relâche et à grand bruit : bref, Bangkok est fidèle à elle-même.

Nous prenons le bateau-bus local pour remonter la rivière Chao Phraya jusqu’à l ‘embarcadère le plus proche du Wat Pho. Les rues que nous traversons pour y arriver sont pittoresques : les paniers débordent de poissons séchés, de fruits secs, d’épices.

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Au Wat Pho, on admire principalement le temple du gigantesque Bouddha couché. Il fait quand même 45 mètres de long et 15 mètres de haut ! Il contient à peine dans ce petit temple. Nous entrons ici pieds nus, comme dans tous les temples en Thaïlande. J’apprends ici que la position couchée est celle précédent l’atteinte du nirvana : je m’en souviendrai lorsque j’aurai mauvaise conscience de ne rien faire, allongée dans un hamac.

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On déjeune dans un restaurant de rue, sur le bord du trottoir. Comme bien souvent ici, ce sont les repas les plus simples qui sont les meilleurs.

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Et on savoure de délicieuses pâtes sautées au wok, avec petits légumes et poulet. Le dessert est constituée de beignets de bananes, achetés un peu plus loin sur le trottoir.


Les shoppings center offrent une alternative intéressante à la canicule et au bruit qui règnent en ville. Et surtout, il y a de magnifiques salles de cinéma ! Comme au théâtre, on peut choisir ses places dans la salle. Nous allons voir « Avatar », à un prix défiant toute concurrence, et dans des conditions optimales. C’est la seconde fois que nous nous rendons dans une salle de cinéma à Bangkok, mais c’est une grande première pour Thierry et Karine. Ils ont la surprise d’entendre retentir l’hymne au Roi dans la salle, invitant tous les spectateurs à se lever dans un recueillement silencieux.

Le film, en 3D, nous en met plein les yeux ! On ne comprend pas tous les dialogues, en anglais, mais le sens général suffit pour comprendre l’histoire.

Nous trouvons facilement de quoi dîner dans l’un des très nombreux restaurants du shopping center. Il y a l’embarras du choix : nourriture chinoise, vietnamienne, japonaise, italienne, etc …


Un taxi nous ramène à l’hôtel, un taxi qui arbore quantité d’autocollants d’interdictions collées sur le tableau de bord, ou sur les vitres. Certaines sont classiques : interdiction de manger et de boire à bord, d’autres beaucoup plus surprenantes : interdiction de voyager avec un durian (fruit exotique qui a la suave odeur de l’égout), ou de péter ! Ca nous fait beaucoup rire, surtout Adrien qui a eu un devoir de dessin où il devait imaginer un pays rempli d’interdictions, le pays de « Ne pas ».

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A Bangkok, on fait aussi une balade en bateau sur les klongs, c’est-à-dire les canaux qui sillonnent la capitale. Ici, plus de grands immeubles ultra-modernes ! Dans cette partie de la ville, place aux petites maisons modestes, presque des cabanes sur pilotis au toit de tôle.  Construites sur l’eau, au moyen de planches mal assemblées, ces vieilles baraques de tôles côtoient quelques belles villas protégées par de hautes grilles en fer, et quelques temples bien cachés. Une végétation dense entoure ce quartier liquide : des bambous, des bananiers, des cocotiers …

 

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Nous terminons la balade devant le Wat Arun, facilement reconnaissable entre tous les temples de Bangkok grâce à sa silhouette particulière.

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 De près, on s’aperçoit que le bâtiment principal est entièrement recouvert de morceaux de faïence, dans un style plutôt kitch que l’on retrouve dans de nombreux temples de la ville.

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Malheureusement, les vacances de Karine et Thierry en Thaïlande touchent à leur fin. On a partagé avec grand plaisir ce petit bout de voyage, et il est maintenant temps de continuer notre route à trois. Nous les laissons partir à regret. Quant à nous, nous quittons Bangkok pour quelques jours. Nous reviendrons y chercher nos passeports lorsqu’ils seront prêts. Pendant ce temps, cap sur Kanchanaburi.


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Par florence - Publié dans : LES PAYS VISITES
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