LA THAILANDE
Du 1er décembre 2009 au 1er mars 2010
A notre arrivée à Bangkok, on est impressionné par la classe et la propreté de l’aéroport. D’immenses statues identiques à celles se trouvant à l’entrée des temples saluent notre
entrée en Thaïlande.
On l’oublierait presque à l’autre bout du monde, et au vu des températures tropicales, mais c’est bientôt Noël, et l’aéroport arbore fièrement les décorations de circonstances.
Nous récupérons nos bagages et nous nous dirigeons vers la sortie, après avoir retiré un peu d'argent au distribanque : nouveau pays, nouvelle monnaie, et ici c'est le bath (1 euro = 50 baths
environ).
Ici, le ballet des taxis est parfaitement orchestré (et on les reconnaît facilement : ils sont roses vifs, ou jaunes et verts ), et chacun attend son tour dans la file d’attente. Pas de faux
taxis, pas de rabatteurs à l’horizon. Et ça, c’est reposant. Rapidement, nous prenons place dans un taxi, qui prend la voie rapide pour nous conduire en centre ville. Par contre, la conduite
reste la même qu’ailleurs en Asie : sportive ! Le taxi se faufile entre les autres voitures, double, freine brutalement.
Je suis agréablement surprise par l’état de l’autoroute, et le nombre de voitures qui s’y trouvent. Comparé au Vietnam, c’est un autre monde, le monde civilisé tel que nous le connaissons !
Nous descendons à l’hôtel que nous avions réservé via internet, une auberge de jeunesse dans le quartier de Thewet. L’hôtel se situe dans une petite impasse calme, on se croirait presque à la
campagne, surtout lorsque nous apercevons un écureuil qui se promène sur les fils électriques.
Il est déjà 21 heures, ce qui est une heure tardive en Asie où tout le monde mange vers 18 heures. On renonce à l’idée d’aller au restaurant, qui risque d’être fermé. Heureusement, un
Seven/Eleven se trouve au coin de la rue et nous dépanne pour ce soir. Au menu : chips, pâtes déshydratées et yaourt. Un vrai repas de fête …
Le lendemain matin, nous partons à la découverte de Bangkok.
Nous décidons de prendre le bateau, qui est un moyen de transport bien pratique dans cette grande ville de dix millions d’habitants, victime de monstrueux embouteillages. En plus, c’est facile de
s’y retrouver, la rivière Chao Phraya servant d’artère principale à la ville. Il suffit de prendre place à bord d’une embarcation pour descendre ou remonter ce cours d’eau. Le bateau s’arrête à
tous les embarcadères, zigzaguant d’une rive à l’autre.
Nous prenons donc le bateau à l’embarcadère le plus proche de notre hôtel, à une vingtaine de minutes de marche. On passe à travers le marché aux fleurs, on admire les nombreux petits étals où
les marchandes fabriquent des guirlandes de fleurs que les Thaïs achètent pour leurs offrandes à Bouddha. On remarquera aussi que les conducteurs de taxis, ou de tuks-tuks accrochent ces fleurs à
l’avant de leurs véhicules.

Beaucoup de petits marchands ambulants proposent de quoi grignoter, mais toute cette friture accompagnée de sauces riches en colorants ne nous tente pas. On achète par contre des fruits, ananas
et pastèque tout frais, que les marchands coupent en cubes et déposent dans de petits sacs plastiques, d’où on les extrait à l’aide de piques en bois. Et ça, c’est délicieux. Il y a aussi des jus
de fruits, 100% fruits pressés, bien désaltérants et goûteux. Ils nous attirent à chaque fois que l’on met le nez dehors : jus de mandarines, jus du fruit du dragon, jus de pastèque …
Tout au long de notre parcours, nous remarquons de nombreux portraits du Roi, exposés un peu partout dans la ville. A chaque fois, les portraits sont entourés de fleurs, de bougies. Nous
comprenons vite que les Thaïs vouent un véritable culte à leur Roi, et nous aurons l’occasion un peu plus tard de nous apercevoir jusqu’à quel point ils poussent cette adoration.
Je constate aussi, et je le fais remarquer aux garçons, un nombre important de gens en surpoids. Et ça, c’est une grande surprise. Le mythe de la jolie Thaïe en prend un sérieux coup dans l’aile.
Quelle différence avec le pays précédents, où nombre de Vietnamiens étaient minces, avec des traits fins !
Le quartier que nous traversons ne me semble pas des plus propres, et nous ne tardons pas à voir des rats près des bouches d’égouts, attirés par les déchets jetés au coin des rues. Oh non, encore
des rats ! Moi qui imaginais que Bangkok serait une ville aseptisée, et bien ce n’est vraiment pas le cas.
Nous arrivons à l’embarcadère; c‘est là que nous prendrons le bateau pour rallier le cœur de ville. Sur un ponton de bois, des marchands vendent des tranches de pain de mie aux couleurs verdâtres
dans de grands sacs en plastique. On ne tarde pas à comprendre que ce pain est destiné aux poissons énormes et affamés qui prolifèrent dans le coin. Nous achetons nous aussi ce pain de mie
avarié, et nous le lançons aux poissons, créant ainsi une véritable émeute parmi eux. Ils s’agitent, se jettent avec frénésie sur chaque miette, se chevauchent avec de grands battements de queue
qui les propulsent carrément hors de l’eau. Cela amuse beaucoup Adrien qui tente de nourrir équitablement chacun d’entre eux. Mais ici, c’est le plus fort, ou le plus rapide qui l’emporte, et qui
entraîne son morceau de pain sous l’eau pour tenter de le manger seul, sans partage. Lorsqu’on jette une tranche de pain à un endroit où il n’y a pas de
poisson, on les voit immédiatement se précipiter dessus.

Nous prenons le bateau, au milieu d’autres touristes et des autochtones. Le bateau est plein, les places assises sont prises d’assaut. Il reste de la place debout, accroché à la rambarde. De là,
la vue sur les rives du fleuve est imprenable. La ville offre un contraste saisissant entre tradition et modernité. Les temples les plus connus, comme le Wat Arun avec sa silhouette si
particulière, jouxtent des immeubles ultra moderne, des ponts High-tech, tandis que de petites cabanes en tôle et en planches mal assemblées continuent à offrir un habitat aux plus pauvres.
Nous descendons à l’embarcadère le plus proche de l’Ambassade de France. Je veux me faire confirmer que mon passeport doit être refait, sa validité s’arrêtant en juillet 2010. Après avoir
patienté plus d’une heure dans la salle d’attente, et avoir vu passer un grand nombre de couples franco-thaïs venus célébrer ici leur union (dans tous les cas, c‘est Monsieur qui est Français, et
Madame qui est Thaïe, avec une différence d‘âge pouvant aller d‘une à deux générations entre eux), nous sommes enfin reçus.
Une charmante fonctionnaire m’explique ce que je sais déjà : mon passeport n’a qu’une validité de cinq ans, parce qu’Adrien est porté dessus. Il est valable jusqu’en juillet 2010, mais la plupart
des pays demandent, pour délivrer leurs visas, à ce que le passeport soit valable six mois après cette date de délivrance. Conclusion : il faut donc le refaire. Bien entendu, pour cela, il me
faut présenter un papier que je n’ai pas : une copie intégrale de nos actes de naissance. Je réfléchis rapidement pour trouver une solution. De la famille va venir nous voir en Thaïlande à la fin
de l’année, pour passer les fêtes avec nous. Je vais en profiter pour lui demander de me porter ce papier, et je retournerai à l’Ambassade vers la fin janvier, lorsque nous reviendrons sur
Bangkok pour la suite de notre voyage.
Une fois cette formalité à peu près réglée (du moins dans son organisation future), nous reprenons le bateau pour aller visiter le Grand Palais. C’est en fait un ensemble de temples construits à
l’intérieur d’une enceinte de plus de 200 hectares. On le voit de loin, avec ses tuiles vernissées rouges et vertes et son stûpa doré qui étincelle sous le soleil. Mais ce n’est rien comparé à ce
qui nous attend à l’intérieur : les façades des temples sont recouvertes de faïences de toutes les couleurs, de morceaux de verre, les colonnes sont ornées de sculptures, lourdement chargées de
dorures..C’est une profusion de couleurs éclatantes,

l’un des temples, le plus visité, se trouve la statuette du Bouddha d’Emeraude. Pour aller le contempler, il convient de se déchausser, et de laisser ses chaussures à l’entrée du bâtiment. Une
fois à l’intérieur, on aperçoit une petite statuette en jade, placée tout en hauteur, à plus de 10 mètres du sol. Les Thaïs lui vouent un véritable culte, et il y a des règles strictes à
respecter ici. On entre déchaussé dans la pièce, il est interdit de faire des photos, il ne faut pas pointer la statue du pied (en définitive, on s’assoit en
tailleur et on observe les Thaïs offrir des bâtonnets d’encens à Bouddha).
On continue la visite, on admire les immenses statues qui gardent la porte des temples, et dont la reproduction parfaite nous avait déjà frappé à l’aéroport.

Adrien est quant à lui subjugué par la gigantesque fresque de presque 200 panneaux qui retrace un des récit épique de l’hindouisme, de la naissance du prince Râma 7, en passant par son mariage,
l’enlèvement de sa femme, son exil, jusqu’au retour sur le trône. On lui confie l’appareil photo, et il mitraille un peu trop à notre goût. Mais comme c’est facile d’effacer les photos en
surnombre, on le laisse faire. Et plus, c'est vrai que les panneaux sont beaux, avec les peintures à l'or fin.

On quitte le Grand Palais. Le long des rues, des petits marchands ambulants proposent quantité de produits touristiques : cartes postales, petites statuettes, masques, porte-clefs… Mais si on
s’éloigne un peu des sites historiques, on voit des choses beaucoup plus étonnantes.
Comme ce marchand d’amulettes, ou ce marchand de dentiers.

Le bruit et l’agitation qui règnent dans la ville sont épuisants. La circulation semble bloquée en permanence : dans cette ville de plus de dix millions d’habitants, on ressent immédiatement le
problème de l’engorgement urbain, sans parler de la pollution ! A part le premier jour, le ciel demeurera uniformément gris… La chaleur qui règne ici rend vraiment pénible la moindre visite. En
fait, et paradoxalement ce sont les centres commerciaux qui offrent fraîcheur et repos. Pas le moindre jardin public, pas le moindre espace vert. La rivière semble être le seule élément naturel
de la ville, mais la couleur de l’eau est vraiment douteuse … Je ne serais pas étonnée qu’elle serve d’égout.
Nous trouvons facilement de quoi manger dans les rues, qui regorgent de petits restaurants installés sur le trottoir. Quant on parle de restaurant de rue, ça n’a rien à voir avec ce que nous
connaissons en France ! Ici, quelques tables et tabourets en plastique sont disposés sur le trottoir, et le cuisinier travaille au moyen d’un petit réchaud à gaz sur lequel il a posé son wok. Il
dispose aussi d’une table sur laquelle il coupe ses légumes) On se régale de délicieuses phat thai (ce sont des nouilles frites, agrémentées de légumes et de viande finement émincés).
Le lendemain, nous décidons de profiter des charmes et avantages d’une grande ville pour aller visiter l’aquarium et voir un film au cinéma. Pour cela, direction un des grands shoppings center de
Bangkok à Siam Square. On prend un taxi qui nous amène là-bas pour moins de 2 euros. Il y a des prix qui continuent à nous stupéfier…
On passe un bon moment au Siam Ocean Word, un aquarium gigantesque où l’on découvre des espèces méconnues, comme ce crabe-araignée monstrueusement grand, et où l’on admire des espèces fascinantes
comme cette raie manta, ou ce requin. Lorsqu’il passe au dessus de nos têtes dans le tunnel de verre, c’est vraiment impressionnant.

Là, je garde le sourire parce la paroi nous sépare.
La salle de cinéma se situe à un des nombreux étage de ce centre commercial. On tourne un peu en rond avant de comprendre comment y accéder, entre les escalators et les ascenseurs. On finit par
trouver et on s’installe confortablement dans les spacieux fauteuils de la salle de cinéma. La première bonne surprise c’est qu’ici on choisit sa place, comme au théâtre en France. Et le prix
varie en conséquence. Les meilleurs places restent malgré tout bien moins cher que chez nous. La seconde bonne surprise, c’est que le film est en anglais, sous-titré en thaïs. Pour nous, ça va
quand même être plus facile à comprendre ! Même si le film que nous avons choisi est un film catastrophe, où l’action est plus importante que les dialogues…
En sortant du cinéma, on a juste de le temps de grignoter quelque chose à l’étage restauration de cet immense centre commercial, avant qu’il ne ferme. Il y a l’embarras du choix : cuisine
japonaise, chinoise, thaïs, italienne, fast food …
Puis nous prenons place dans l'impressionnante file d’attente pour taxis. Mais les taxis, d’un commun accord, ont décidé de ne pas mettre les compteurs. Le prix de la course est
fixé à presque 6 euros, soit environ le double du prix normal. Nous attendons longuement notre tour, certaines personnes avant nous, surtout des Thaïs, renoncent à prendre le taxi, devant ce prix
prohibitif. Nous, nous n’avons pas vraiment le choix, même si on râle devant cette arnaque caractérisée. Nous finissons par arriver à l’hôtel, vraiment tard, et vraiment fatigué par cette
journée. Et comme les mauvaises choses vont toujours ensemble, Ludo oublie son téléphone portable dans le taxi…
Le lendemain, c’est le 5 décembre, jour de l’anniversaire du Roi. En conséquence, tous les monuments de la ville sont fermés. Nous allons tout de même en bateau jusqu’au quartier chinois, et on
se perd avec plaisir dans les petites ruelles. C’est un bric-à-brac d’épices, de fruits, de confiseries, de jouets en plastique, de bijoux fantaisie, de chaussures, de vêtements de contre-façon.
Les poulets rôtis sont suspendus au-dessus de étals de poissons, des sacs d’épices ou de champignons séchés exhalent leurs parfums chargés.

Nous nous rendons vite compte que les commerçants ferment leurs boutiques les uns après les autres. Ils semblent pressés de célébrer l’anniversaire du Roi. Et plus le temps passe, plus
l’affluence dans les rues est importante. Pratiquement tout le monde est vêtu d’un tee-shirt rose. Des groupes se réunissent au coin des rues, devant les nombreux portraits du Roi : ils allument
des bougies, déposent des fleurs.

L’excitation qui règne partout dans la ville est perceptible, elle semble se communiquer à toute la population.
Nous arrêtons avec grand peine un taxi (ils sont presque tous pleins). La ville, habituellement victime d’embouteillage, est aujourd’hui proche de l’asphyxie. Notre taxi roule au pas, quand il
arrive à rouler. Il finit par nous déposer bien avant notre hôtel, il ne peut pas aller plus loin. Des barrières ont été installées dans les rues, et un afflux énorme de piétons se presse sur la
chaussée. Nous suivons le mouvement, d’autant plus que d’après notre plan, l’hôtel est par là. Les arbres sont décorés de guirlandes lumineuses qui brillent dans la nuit, les fontaines sont
éclairées : l’ambiance est résolument féérique.

Nous marchons au milieu de cette foule compacte, seuls étrangers au milieu des locaux. On demande notre chemin à un policier : apparemment, nous sommes sur la bonne voie. L’avenue sur laquelle on
marche est large, bloquée à la circulation et uniquement empruntée par les piétons vêtus de leurs tee-shirt roses. Pour l’occasion, même les chiens ont revêtus une tenue spéciale !

Nous suivons la foule, sans bien comprendre où elle va, et ce qu’elle est venue voir dans la rue ce soir. D’un seul coup, tout le monde s’arrête : un cortège officiel de plusieurs voitures
passent à toute vitesse. Les Thaïs s’agenouillent, respectueux. Cela n’a duré que quelques secondes, mais ça a suffit à nous stupéfier : impossible d’imaginer la même dévotion en France !
D’ailleurs, à part Carla, qui connaît la date de l’anniversaire de notre Président ?
Il n’y a strictement rien à voir, et le Roi malade n’est même pas là cette année.
La foule reprend sa marche. Elle s’immobilise un peu plus loin, victime du nombre de participants. On ne peut carrément plus bouger d’un centimètre, on est complètement coincé. Je n’aime pas trop
ça et je vois au regard de Ludo qu’il est lui aussi inquiet. Les gens allument des petites bougies et chantent. Même si cette foule me semble pacifique, je ne peux m’empêcher de penser à la
conséquence d’un mouvement de panique. On porte Adrien, qui ne peut plus respirer, serré contre nous. Un feu d'artifice éclate, à la plus grande joie des Thaïs, qui s'en émerveillent comme des
petits enfants, poussant des grands cris d'admiration.
Petit à petit, la foule se disperse et nous parvenons à nous dégager de là. Nous renonçons à l’idée de trouver un restaurant ouvert ce soir, et nous mangeons des brochettes et des fruits dans la
rue.
Au bout de 4 jours passés ici, on n’en peux plus de cette ville bruyante et polluée ! Vivement qu’on se mette au vert, ou plutôt au bleu, en descendant vers la mer.
Nous allons à la gare pour acheter nos billets de train. Quel bonheur pour se faire comprendre en Thaïlande ! Tout le monde parle anglais, et cela nous simplifie la vie. A l’entrée de la gare, un
employé nous dirige vers le guichet, et nous donne tous les renseignements nécessaires sur l’horaire du train, le quai, etc… On prend les billets pour le lendemain, pressé de quitter la capitale.
Je réserve par internet une auberge de jeunesse à Bankruit, petite ville sur le golfe de Thaïlande. L’endroit semble bien calme, et peu touristique. Et puis, nous allons enfin pouvoir profiter de
la mer ! Nous sommes tous les trois lassés des grandes villes, spécialement Adrien qui finit par pleurer de fatigue et d’énervement dans les rues de Bangkok.
II°) BANKRUIT
Le lendemain, nous prenons le train en début de matinée. Nous avons la surprise de constater que dans le prix du billet (environ 6 euros chacun) on nous sert un petit déjeuner, et plus tard, un
déjeuner ! Ah, la SNCF pourrait en tirer quelques leçons, elle qui propose des sandwichs rachitiques et à prix prohibitif.
Le train pour le Sud n’a que deux wagons, et roule si lentement que nous avons largement le temps de profiter du paysage : palmiers et bananiers poussent à foison, entourant de modestes petites
maisons en tôle. On aperçoit parfois quelques belles bâtisses, ou des temples richement ornés et décorés. La climatisation est naturelle : des ventilateurs fixés au plafond tentent vainement de
rafraîchir la température qui règne à bord.
Je surveille ma montre : à l’heure précise, nous arrivons dans une petite gare. Persuadée que nous sommes bien arrivés à destination, je fais descendre Adrien et Ludo du train…. Et on s’aperçoit
trop tard qu’on est descendu une station trop tôt : nous sommes à Prachuab Kirikan. Je m’en veux terriblement. Depuis le temps qu’on voyage, je devrais savoir qu’il ne faut pas se fier aux
horaires, et toujours tout vérifier. En plus, quelqu’un de l’hôtel devait venir nous chercher à la gare de Bankruit.
Nous voilà dans une toute petite ville, presque un village. On se renseigne : nous sommes à 60 km de Bankruit. On tente de trouver un taxi : ah, non ici ça n’existe pas ! Il n’y a que des
tuks-tuks, et on est vraiment trop chargé pour en prendre un. On nous propose de louer une voiture, à prix d’or. Cette solution n’est pas plus envisageable que la première. Nous décidons de
marcher jusqu’à la gare routière, que l’on nous a indiqué. On espère pouvoir prendre un bus pour rejoindre Bankruit. A la gare routière, je discute avec la jeune fille qui attend devant moi.
J’apprends qu’il y a effectivement des bus pour Bankruit, mais qu’il faut les prendre à une autre gare routière, située à environ 5 kilomètres d’ici. Spontanément, la jeune Thaïe nous propose son
aide. On accepte, bien sûr ! Elle achète son propre billet de bus, puis s’éloigne en moto. Elle revient accompagnée d’un tuk-tuk. Elle lui a expliqué qu’il fallait nous amener jusqu’à l’autre
gare routière, et a même négocié le prix pour nous ! On la remercie chaleureusement; elle en est toute gênée. Nous entassons les bagages dans le tuk-tuk, on s’assoit où on peut, et c’est parti.
Nous rejoignons l’autre gare routière de la ville, et on prend nos billets de bus.
La gare routière, c’est en fait une petite maisonnette jaune, avec un banc à l’extérieur.

Ce qui est pratique ici, c’est qu’elle donne directement sur la voie rapide, une sorte d’autoroute gratuite qui sillonne tout le pays, en très bon état (ça nous change des routes vietnamiennes).
Dès que nous avons pris nos billets, l’employé s’endort sur sa chaise (je suppose qu’on l’a réveillé en arrivant). Je suis un peu inquiète : de nombreux bus passent sur la route, certains
s’arrêtent, mais comment reconnaître le nôtre ? L’employé nous a dit qu’il nous préviendrait, mais maintenant qu’il ronfle, ça me semble difficile. En fait, il se réveille 5 minutes avant
l’arrivée de notre bus (une question d’habitude sûrement) et nous fait signe de monter.
On prend place dans le bus : pas besoin de préciser que nous sommes les seuls occidentaux à bord. Mais il en faut plus pour éveiller la curiosité des Thaïs, habitués à la présence des touristes
dans leur pays. La route est excellente, et le bus confortable, climatisé. Echaudée par l’expérience du train, je surveille anxieusement les arrêts. Le problème, c’est que je n’y comprends
strictement rien. Le bus s’arrête parfois le long de la route, et ne semble traverser aucune ville. Des passagers descendent à ces arrêts mystérieux. Je demande à mon voisin où nous sommes. Comme
tout le monde ici, il parle anglais, et me dit qu’il me préviendra quand nous arriverons à Bankruit. Il m’explique que le bus s’arrête dans les gares routières des villes, toujours placées sur
les abords de la route principale. Il faut ensuite rejoindre la ville elle-même, à quelques kilomètres de là, avec les moyens locaux : le plus souvent en moto. Ah, d’accord, je commence à
comprendre le système.
Au bout d’une heure environ, et d’après ce que me dit mon voisin, nous arrivons à Bankruit. Nous descendons du bus. Sur une sorte de plate-forme en bambous, deux hommes attendent, allongés : ça
doit être la gare routière. Leurs motos sont garées à côté d’eux. Ils nous montrent un papier sur lequel sont répertoriés le nom des hôtels du coin. On retrouve celui où on a réservé : c’est là
que nous voulons aller. Pas de souci, ils vont nous y conduire ! Comment ? Mais en moto voyons ! Ils répartissent les sacs sur les deux motos, empilent les bagages, saucissonnent ma valise avec
des tendeurs à l’arrière d’une des motos, tandis que nous nous serrons derrière eux.

C’est dans ces conditions que nous arrivons enfin à l’hôtel.
Heureusement, nos peines sont récompensées, car l’endroit est super sympa. Des bungalows individuels sont disséminés dans un grand parc arboré et fleuri, tout proche de la mer. Il y a même une
petite piscine, à la plus grande joie d’Adrien. On s’installe confortablement, et on décide de passer une dizaine de jours ici.

Le temps va vite filer pendant ces dix jours là ! On occupe le plus clair de notre temps à se baigner : que c’est agréable cette eau chaude, presque à la même température que l’air ! La plage est
belle, bordée de palmiers et de pins maritimes. Elle est quasiment déserte, et s’étire sur 5 bons kilomètres. C’est l’occasion pour nous de belles balades, on savoure notre chance d’être ici
quasiment seuls, au soleil, à cette période de l’année. On a bien du mal a imaginer que noël, c'est dans quelques jours.

On prend de belles couleurs aussi, sans aucun coup de soleil. Adrien et Ludo caramélisent rapidement, quant à moi, je pourrais facilement me fondre dans la population.
Dans l’hôtel, il n’y a pas foule non plus : on sympathise avec deux couples de retraités français, venus passer quelques jours en Thaïlande après un voyage en Birmanie (bonjour à vous quatre si
vous nous lisez !). On compare nos expériences de voyage, avec les bons et les mauvais côtés. C’est toujours agréable pour nous qui sommes partis depuis quelques mois déjà, de pouvoir parler avec
des Français sympas à l’autre bout du monde.
On discute aussi en anglais, même si c’est plus difficile, avec un Hollandais nommé Pollux. A part le chien du manège enchanté, on ne connaissait personne qui portait ce nom. On est donc
sûr de le retenir. L’avantage de ce voyage, c’est de rencontrer des gens qui sortent vraiment de l’ordinaire. Pas de doute, c’est le cas de Pollux, qui est venu à Bankruit pour profiter du calme,
et qui ne sait pas quand il en repartira. Il est déjà là depuis 5 semaines !
Adrien se trouve des compagnons de jeu inépuisables pour des parties de Bingo. C’est une sorte de loto, très populaire auprès du personnel de l’hôtel. La cuisinière relance régulièrement Adrien
pour qu’il vienne jouer avec eux. Comme toujours, il apprécie énormément le jeu lorsqu’il gagne, mais très moyennement lorsqu’il perd. Surtout qu’ici, on joue de l’argent. Enfin, des piécettes de
1 bath, ce qui ne représente pas grand-chose (environ 2 centimes d’euro).

On s’arrache parfois à grand peine de la plage, pour partir en balade le long de la côte. On loue un scooter, et à nous la liberté !
On prend un grand plaisir à ces virées sur les petites routes longeant la mer. Nous roulons à petite allure, profitant intensément du paysage. On croise des familles entassées
dans des tuks-tuks bricolés, qui nous saluent bruyamment, on observe les petits villages de pêcheurs, avec leurs maisonnettes si modestes, on traverse des marchés odorants avec leurs étals de
poissons , on voit des vaches brouter paisiblement aux pieds des cocotiers.
Ludo conduit prudemment, car si les routes sont bonnes et toutes asphaltées, les chiens qui les traversent sont nombreux. La plupart du temps, ils restent tranquillement couchés à l’ombre des
maisons, mais il arrivent qu’ils se promènent en meutes le long des routes. J’ai une petite pensée pour Cécile qui a si peur des chiens, et qui doit venir nous voir en Thaïlande …
Les plages sont très longues, et dès que l’on s’éloigne un peu des petites villes, on se retrouve totalement seul. Je n’imaginais pas qu’il puisse encore y avoir des coins près de la mer aussi
paisibles en Thaïlande. Les touristes filent directement vers les plages du sud, à Phuket, ou dans les îles comme Ko Phi Phi. Ici, ce sont plutôt des Thaïs qui viennent passer des vacances ou le
week-end, car ce n’est pas très loin de la capitale.
Je suis cependant un peu déçue de la couleur de l’eau, qui ressemble beaucoup à celle de la méditerranée, et de l’absence de fonds sous-marins. Impossible de voir le moindre poisson dans cette
eau souvent troublée par les vagues et le courant. Cela ne correspond pas à l’idée que l’on se fait des plages thaïlandaises, et je comprends que cela n’attire pas les tours-opérateurs.
Nous sommes tout de même séduit par le calme et l’authenticité qui règnent ici, sans parler de la température de l’eau, quasiment similaire à celle de l’air. Les alizées qui soufflent en
permanence permettent de ne jamais souffrir de la chaleur.
Dans ce coin peu touristique, les plages sont plutôt fréquentées par les Thaïs. On observe qu’ils se baignent tous avec leurs vêtements : hommes comme femmes gardent tee-shirt et pantalons dans
l’eau, puis sortent de la mer ruisselant. J’imagine à quel point ça doit être désagréable, ces vêtements mouillés qui collent à la peau. Même les jeunes femmes Thaïs qui sont en couple avec des
occidentaux ne sont pas en maillot. Ce n’est donc pas une question de moyens, mais véritablement de pudeur. Par contre, ils ne semblent absolument pas choqués de nous voir en maillots de bain.
Nous profitons d’avoir le scooter pour aller manger au restaurant dans la petite ville voisine. Comme toujours, on choisit l’endroit fréquenté par la population locale, ce qui toujours un gage de
qualité. L’avantage ici, par rapport à la Chine, c’est que tout le monde parle anglais, et que le menu est traduit dans cette langue. Même si parfois l’accent asiatique nous pose un problème de
compréhension, il est facile de commander le plat que l’on veut. Le seul véritable souci concerne les épices, car ici la cuisine est plutôt relevée, ce que nos estomacs ne peuvent pas supporter.
Mais, normalement, lorsqu’on demande « no spicy », ça marche. On se régale donc de poissons grillés, de riz et de pâtes frites agrémentées de petits légumes, d‘ananas, de noix de coco,
de pastèque et de bananes.
A l’hôtel, les repas sont bons également, et la gentillesse du personnel sans limite. Un soir, Pollux nous apprend que c’est son anniversaire, et on décide d’aller acheter du poisson afin de le
préparer au barbecue. En contrepartie d’une somme modique, nous sommes autorisés à utiliser le grill de l’hôtel. On nous prépare une assiette de légumes sautés au wok, qui accompagne à merveille
notre thon (acheté un euro au marché du coin).
Un des chiens de l’hôtel, très justement baptisé Lucky, se charge de finir les restes. Après ça, comme tous les soirs, il part en vadrouille sur la plage, accompagné de sa petite copine. Repas à
volonté, caresses des touristes, vagabondage et liberté absolue sous le soleil : on a trouvé le chien le plus heureux de la terre !
A l’occasion d’une balade sur la plage, on rencontre une belle femelle golden retriver, qui nous impressionne par son talent à dénicher les crabes. Sur la plage, d’énormes crabes creusent le
sable et s’y enfouissent. Leur présence est seulement trahie par les trous qu’ils font pour s’enfoncer. Parfois, les trous sont vides. Pourtant la chienne ne se trompe jamais, reniflant et
abandonnant certains trous qui lui semblent sans occupant, et creusant sans relâche dans les autres. Elle finit toujours par débusquer le crabe, l’attrape sans crainte de ses impressionnantes
pinces et le coupe en deux d’un coup de dents. Elle suit Adrien dans l’eau, et semble le surveiller dans sa baignade. Elle a l’air de comprendre tout ce que nous lui disons, un animal très
intelligent à n’en pas douter. Nous ne sommes pas surpris quand Adrien déclare vouloir l’adopter, et il va être difficile de le faire renoncer à cette idée. Le temps passe pourtant, et nous
devons quitter Bankruit pour rejoindre Krabi, dans le sud du pays, où de la famille vient nous voir pour les fêtes de fin d’année.
III°) KRABI
Un tuk-tuk nous amène jusqu'à la gare où nous attendons longuement le train.

La ponctualité ne semble pas être une priorité absolue, et il semble tout à fait normal que le train ait 3/4 d'heure de retard. Il finit par arriver enfin.
Nous nous installons au milieu des Thaïs et de quelques Occidentaux, qui comme nous, longent la côte Est en train. Le trajet jusqu'à Sura Thani dure 4 heures, mais il est agréable et nous permet
de profiter du paysage. Nous devons descendre à Sura Thani pour rejoindre Krabi en bus, car le train ne va pas dans cette direction. On sait qu'il nous reste encore 2 ou 3 heures de bus, et il
est presque 18 heures. Pourvu qu'il y ait encore des bus en fin d'après-midi ! Comme souvent, dès que nous descendons du train, nous sommes assaillis par les rabatteurs, qui nous proposent des
transferts vers les îles voisines, ou vers le sud du pays. C'est justement dans cette direction que nous voulons aller, mais nous n'apprécions pas vraiment l'empressement du rabatteur à vouloir
nous embarquer dans son taxi en direction de la gare routière. Il a beau nous répéter qu'il faut se dépêcher parce que le dernier bus va bientôt partir, je prends le temps d'aller vérifier ce
qu'il me dit au guichet de la gare. On me confirme que la gare routière est à l'autre bout de la ville, que les bus pour Krabi se prennent là, et que le dernier bus part vers 18H. Nous fonçons
rejoindre le rabatteur ; grâce à sa conduite ultra sportive, on arrive à temps pour le bus. Et c'est reparti pour 3 heures de trajet supplémentaire...
On est vraiment fatigué de cette journée de transfert qui n'en finit pas. Adrien s'endort, appuyé sur mon épaule.
Nous arrivons enfin à Krabi, où une voiture envoyée par l'hôtel que j'ai réservé via internet, nous conduit jusque là-bas. Il est presque 22 heures, et après un repas rapide, on ne pense
qu'à une seule chose : se reposer !
C'est le lendemain que nous découvrons véritablement l'endroit où nous sommes.
L'hébergement est simple : des petits bungalows sommaires mais avec sanitaires privés, dans un jardin où la végétation aurait bien besoin d'être un peu domptée. Les feuilles mortes qui tombent
des arbres en permanence sont balayées tous les matins, et simplement repoussées dans les coins.
Mais l'endroit à de nombreux atouts : c'est très calme (un exploit sur cette côte très touristique), peu onéreux (notre bungalow coûte moins de 20 euros), et l'environnement est magnifique. La
petite plage privée est agréable, avec sa végétation tropicale, et l'eau est si chaude ! Ca, c'est vraiment le bonheur, on se baigne dans une mer à 30° !

Tous les soirs, un superbe coucher de soleil enflamme le ciel, et nous ne nous lassons pas de l'admirer.
Pour ma part, j'élis domicile dans un hamac accroché entre deux cocotiers, d'où j'ai une vue imprenable sur la plage, et sur les pains de sucre qui s'élèvent dans la mer.
On est cependant très déçu des fonds, et de la qualité de l'eau. Ce n'est pas ici que nous verrons des poissons, les marées troublent d'ailleurs l'eau, à moins que ce soit la pollution ...
Dès qu'on s'éloigne un peu du bord de la plage, au moyen d'un canoé, on se rend compte que les collines sont recouvertes de jungle. A certains endroits, la mangrove recouvre la plage et il est
impossible d'y accéder. Ce côté sauvage est vraiment beau, même si je n'aimerais pas dormir dehors !
Nous décidons de rester ici environ un mois, pour rayonner dans les environs et recevoir famille et amis qui doivent venir nous voir au soleil.
Nous prenons nos petites habitudes : tous les matins nous sommes réveillés par le chant mélodieux des oiseaux, qui se perchent dans les nombreux arbres du jardin. On aperçoit même un couple de
toucans, qui nous observent avec curiosité en penchant la tête sur le côté, génés par leur énorme bec. Les écureuils s'élancent avec agilité et courent le long des branches, pour notre plus grand
plaisir. Ce qui est nettement moins agréable, c'est qu'on va voir ici des serpents et des scorpions... Dès le premier jour, Ludo voit un serpent qui se dresse entre les cailloux , tout près d'un
bungalow. Il rentre dans son trou dès qu'il l'aperçoit. Quant aux scorpions, des touristes viennent prévenir l'accueil qu'ils ont trouvé cette charmante petite bête dans leur bungalow. Cela n'a
pas l'air de traumatiser le personnel, qui se contente de lui couper la queue. Moi, je n'ai jamais vu un scorpion aussi gros, et je suis plutôt impressionnée par un tel voisinage. On prend la
sage décison de toujours bien refermer la porte du bungalow, pas question de la laisser entrouverte, même si nous ne devons faire qu'entrer et sortir. Ah, si je pouvais faire un cordon sanitaire
autour du bungalow...
J'ai aussi la surprise de voir un varan d'au moins un mètre de long, venu fouiller les poubelles du bungalow voisin. Une fois qu'il a trouvé ce qu'il cherchait, il s'enfuit au plus vite,
dissimulé par la végétation.
Entre deux baignades, nous rejoignons par la plage le petit village de pêcheurs tout proche, profitant de la marée basse pour passer sur les rochers. Ici, la plage est plus grande, bordée par les
pins maritimes. Une fois la pêche terminée (ici, on pêche de nuit) les barques sont amarrées en bord de plage.

Sur des grands filets tendus entre des bambous, les pêcheurs déposent les seiches. L'odeur qui s'en échappe est caractéristique !
Nous profitons d'être là pour manger dans un petit restaurant du village, tenu par une petite famille Thaïe. C'est parfois un peu difficile de se faire comprendre, mais quand les jus de fruits
arrivent, quel régal ! Des purs jus d'ananas, de bananes, de mangues, pressés une minute avant, pour 50 centimes d'euros. Les plats coûtent à peine plus chers, et sont vraiment bons.
Après ça, on continue notre balade sur la plage.
Tout au bout, quelques beaux hôtels se partagent les lieux. Pas de doute, ils sont bien trop onéreux pour nous. Mais, moyennant quelques euros, on peut profiter de la belle piscine de l'un d'eux.
Adrien s'éclate, et passe son temps à plonger et nager sous l'eau. Un vrai poisson !
A s'amuser comme ça, le temps passe vite, et c'est déjà la fin de l'après-midi. Nous ne sommes pas vraiment sûrs de pouvoir rentrer en passant par la plage, car la marée a bien remontée. Pas
d'autre choix, il faut prendre la route. Cela ne nous enchante pas, car il y a peu d'éclairage. Voitures et motos nous obligent à la plus grande prudence, et nous changeons de voie avant d'en
croiser une. Ludo ne veut pas marcher sur les bas-côtés, où l'herbe empêche de voir où l'on met les pieds. Il craint la présence des serpents, et la suite va lui donner raison ! Alors qu'il
marche au milieu de la route, et que nous le suivons, je remarque quelque chose qui se tortille au sol. Je hurle de peur : un serpent à anneau rouge et noir vient de lui passer entre les jambes,
sans qu'il le voit. Adrien s'accroche à moi, terrifié. Il serre sa main dans la mienne, trempée de sueur. J'essaie de me dominer pour ne pas l'effrayer plus encore. On se dépêche de rentrer, et
on se promet à l'avenir de ne plus être dehors à la nuit tombée.
Nous louons aussi un scooter pour nous rendre jusqu'à Krabi. Nous sommes à 25 kms de là, mais la route est agréable. La ville, si elle n'est pas très belle, offre tous les services qu'on peut en
attendre : une bonne pizzéria pour ceux, qui comme nous, sont en manque de nourriture occidentale, des magasins avec des produits occidentaux ...
Sur le retour, nous nous arrêtons à Ao Nang, qui est la station balnéaire la plus prisée. C'est une véritable concentration de magasins vendant souvenirs, maillots de bains, paréos, tongs, et de
bars-restaurant.
Un peu trop touristique à mon goût : il y a ici beaucoup plus d'Occidentaux que de Thaïs.
Les fêtes de Noël approchent, et avec elles l'arrivée de ma mère et de ma soeur Camille. Nous sommes impatient de les voir, et Adrien encore plus !
Nous allons à l'aéroport de Krabi afin d'accueillir nos visiteuses.
Derrière une paroie vitrée, on aperçoit les premiers voyageurs qui descendent de l'avion. Le temps passe mais elles n'arrivent toujours pas. Je commence à m'inquiéter : pourvu qu'elles n'aient
pas raté leur correspondance à Bangkok ! Mais non, les voilà ! Les retrouvailles sont chargées d'émotion, et puis on a tant de choses à se raconter.
Elles semblent fatiguées du voyage, et elles arrivent avec leurs microbes... J'espère que le soleil et la chaleur vont leur faire du bien.
C'est leur premier voyage en Asie : les différences avec l'Europe leur sautent aux yeux, c'est un vrai choc des cultures ! Le côté exotique ressort d'autant plus qu'il fait chaud, et que quelques
heures auparavant elles étaient soumises aux rigueurs du froid parisien.
Nous les ramenons jusqu'à l'hôtel. J'ai quelques craintes sur la simplicité de l'hébergement, mais cela semble leur convenir. Pour le moment, et après leur premier repas thaï, il est
l'heure d'aller dormir.
Les jours suivants, nous alternons baignades, séances lectures et bronzages sur la plage.
On les emmène en balade sur la grande plage des pêcheurs : c'est plus agréable de s'y baigner, le sable est fin et il n'y a pas de rochers dans l'eau.
Adrien profite à fond de tous les moments passés avec sa grand-mère et sa tatie, et elles sont souvent prises à partie pour ses jeux. Et nous, ça nous fait des vacances !

Nous retournons à la piscine du bel hôtel voisin, et on passe un agréable après-midi à s'y baigner, ou à lézarder au soleil, confortablement installés sur les transats. Adrien, quant à lui est
fidèle à ses habitudes, et ne décolle pas de la piscine.
(j'ai pris
un peu d'avance niveau bronzage)
On sait maintenant qu'il faut repartir avant que la nuit tombe...
Lors de l'une de nos balades sur la plage, un pêcheur nous montre l'énorme poisson-lune qu'il a ramassé dans ses filets : terrifié d'être hors de l'eau, l'animal se gonfle comme une outre,
hérissant ainsi les piquants qui recouvre son corps. Le pêcheur le remet à l'eau. Mieux vaut éviter de poser le pied dessus !
Le jour de Noël est bien particulier cette année. Il fait si chaud qu'on a bien du mal à se rendre compte qu'on est à cette période de l'année ! La famille, habituellement réunie pour les fêtes,
n'est pas au complet. Il n'y a bien sûr ni repas traditionnel, ni sapin décoré : l'ambiance est toute différente, avec nos tongs aux pieds ... Quant aux cadeaux, ils ne sont ni nombreux, ni
volumineux, au vu de la place dont nous disposons pour les transporter. Cette année, Adrien ne reçoit pas une pile vertigineuse de cadeaux, et c'est très bien. Nous revenons à l'essentiel :
quelques livres, des jeux pour sa console, et c'est tout ! Le mythe du père Noël s'écroule tout seul, sans peine ni ressentiment. Mais c'est vrai que les doutes étaient présents dans l'esprit
d'Adrien depuis longtemps...
Quelques jours plus tard, nous décidons de faire une sortie en bateau dans l'île voisine : koh hong.

Pour cela nous prenons un petit bateau à moteur, affrété par l'hôtel, et appelé ici bateau longue-queue. Avec nous dans le bateau, il y a deux jeunes femmes et leurs deux enfants. Et c'est parti
pour la journée !
Le paysage est magnifique : les ilôts couverts de végétation tropicales se découpent à l'horizon avec leur forme caractéristique en pain de sucre. Dommage que le bateau soit si bruyant, cela
gâche la sérennité qui se dégage des lieux. Au bout d'une heure de navigation, le bateau ralentit et s'engage entre deux énormes rochers. Quelle surprise !

Nous débouchons sur une sorte de piscine naturelle, dans laquelle l'eau est d'un vert lumineux.
L'endroit est magnifique, mais nous ne sommes pas seuls ! D'autres bateaux font également halte ici, et y déversent leurs occupants. On s'équipe tout de même : masques et tubas, et on
plonge. Mais il y a peu de fonds, et les poissons ont sans doute fuis la foule. Cela reste agréable d'y nager, tant l'endroit est surprenant : de hautes falaises nous entourent, recouvertes de
jungle, et seul le passage que nous avons emprunté en bateau permet de rejoindre la mer.
Nous repartons en bateau jusqu'à l'île de koh hong. Cette fois encore, d'autres touristes investissent les lieux, mais c'est vrai que nous sommes fin décembre, et c'est la haute saison ici.
Malgré le monde, l'endroit me plaît : plage de sable blanc bordée de collines en pain de sucre recouvertes de végétation, eau transparente et chaude.

On va y rester quelques heures, et c'est ici que nous faisons la pose déjeuner au moyen de paniers repas préparés par l'hôtel. Pas de sandwichs jambon-beurre-cornichon à l'horizon, dommage ! A la
place, salade de riz et fruits frais. Frugal, mais bon.
On se baigne avec grand plaisir dans cette eau claire, et ici il y a des poissons ! Munis de nos masques et tubas, on plonge et on nage sous l'eau au milieu d'eux.
Dès qu'on sort de l'eau, le soleil tape sérieusement, et on se réfugie à l'ombre des arbres plantés sur la plage pour déjeuner.
Après le déjeuner, la baignade est moins agréable, car sous l'influence des marées, la mer commence à se retirer.
Nous reprenons le bateau : le dernier arrêt se fera sur un adorable petit ilôt, relié par une bande de sable à l'îlot voisin.

Mais à peine commençons-nous à plonger que nous remarquons d'énormes oursins, aux redoutables piques venimeuses ! Adrien n'est pas rassuré et sort de l'eau : il restera sur le sable avec
Camille et sa grand-mère.
Ludo et moi nous restons dans l'eau, décidés à continuer la plongée, tout en faisant attention à ne pas nous faire piquer. Je n'ai jamais vu de pareils oursins, leurs piques mesurent au moins 50
cm. !
Une des jeunes femmes qui est avec nous sur le bateau, se fait piquer au pied. Le problème, c'est que l'épine s'est cassée et qu'un morceau reste planté dans son pied. Cela n'a pas l'air
d'inquiéter le capitaine du bateau, qui se contente de lui mettre un peu d'ananas sur la blessure. Il lui assure que demain les épines sortiront seules de la peau : j'ai de sérieux doutes. J'ai
pris un spray antiseptique dans mon sac : cela permettra au moins de désinfecter la plaie.
Nous rentrons à l'hôtel sans autre incident, fatigués mais enchantés de notre journée au grand air.
Un autre jour, nous louons des scooters afin d'aller en balade dans les alentours de Krabi. Ludo conduit un des scooters : Adrien se met tout devant, et il place ma mère à l'arrière. Elle n'a pas
l'air bien rassurée au début, mais elle accepte de venir. Camille conduit le deuxième scooter, je suis derrière elle : cela lui fera de l'entraînement, elle qui veut en acheter un pour ses
déplacements dans Paris. Même si la route jusqu'à Krabi est empruntée, elle est agréable grâce aux paysages et aux visages souriants des Thaïs que nous rencontrons en chemin.
Au retour de Krabi, nous nous arrêtons sur la plage d'Ao Nang, où l'on ne résiste pas à une baignade. On s'attarde sur la plage jusqu'au coucher du soleil, magnifique.

Ce n'est qu'à la nuit tombée que nous prenons le chemin du retour jusqu'à l'hôtel. Mais avec nos maillots humides sur la peau, et sans la chaleur du soleil pour nous sécher, la balade est
nettement moins agréable. Le scooter de Ludo menace sans cesse de caler, et l'idée d'une éventuelle panne nous inquiète (le souvenir de nos mésaventures en Chine est bien présent dans nos
esprits). On prend tout de même le risque de s'arrêter au bord de la route pour se couvrir un peu mieux. Adrien et Camille qui sont devant, chacun sur un scooter, ont froid, exposés au vent. On
les enveloppe dans les serviettes de bain, car d'après Camille la pneumonie est proche ! Arrivés à l'hôtel, après une douche chaude et un bon rhum-coco, il n'y paraît plus.
La fête du 31 décembre approche : déjà la fin de l'année !
A l'hôtel, grand barbecue de poissons frais au menu, et fruits pour le dessert. Ca ne ressemble pas du tout à ce que l'on a l'habitude de manger en cette occasion, mais que c'est bon !

Dommage que comme d'habitude, le service ne soit pas à la hauteur : les gambas arrivent tardivement, et encore crues.
L'hôtel a également prévu des ballons en papier de riz : d'après le principe de la mongolfière, l'air chauffé grâce au brûleur permet au ballon de s'envoler. On lance plusieurs ballons dans le
ciel. C'est beau et poétique, ces ballons qui s'envolent, emportant nos voeux au dessus de la mer. Ils s'éloignent rapidement vers l'horizon, seuls points lumineux dans la nuit, et nous les
suivons du regard le plus longtemps possible. Un moment de pureté rare.

Mais la soirée ne fait que commencer ! Retour à la réalité avec le jeu des mimes proposé par Camille. Le principe est simple : les équipes s'affrontent, et il faut faire deviner un
personnage célèbre, un proverbe ou le titre d'un film à son coéquipier, en mimant la situation, sans parler bien sûr. Je fais équipe avec Ludo, qui s'avère excellent dans ce jeu. Il nous fait
pleurer de rire dans son mime pour me faire deviner le proverbe : " qui vole un oeuf, vole un boeuf", ou encore dans l'imitation de "Wallee". Camille n'est pas mauvaise non plus dans son
imitation de Madonna, et provoque elle-aussi des fous rires incontrôlables. Quant à Adrien, il réussit parfaitement à faire deviner à son équipe "le Seigneur des Anneaux", en reproduisant à la
perfection la gestuelle de certains personnages du film.
Pourvu que 2010 soit à l'image de ce début d'année : belle et heureuse.
Quelques jours plus tard, nous partons pour une sortie en mer d'une journée. Au programme : la célébrissime île de Phi Phi avec sa non moins célébrissimme plage de Maya Bay (l'endroit où a été
tourné le film "la plage"), et les îles Mosquito et Bamboo.
On vient nous chercher à l'hôtel pour nous conduire à l'embarcadère, où nous prenons place à bord d'un speed boat.

Nous ne sommes pas les seuls à avoir eu l'idée de cette excursion, et les touristes sont très nombreux à attendre leur bateau. Mais l'accueil comme l'organisation sont très pros, et nous prenons
rapidement place dans notre bateau. Il fend les eaux à toute allure, et nous arrivons en 45 minutes sur la magnifique baie située sur la côte Ouest de Phi Phi Lee (il y a deux îles regroupées
sous le vocable de Phi Phi : Phi Phi Lee, inhabitée, et Phi Phi Don).
Maya bay mérite sa réputation : l'endroit est superbe ! Contrairement à ce que l'on peut voir dans le film, la baie n'est pas entièrement fermée sur elle-même, même si les falaises la bordent de
part et d'autre.

Avec sa plage de sable blanc, sa mer couleur menthe à l'eau, ses immenses rochers qui l'entourent, l'endroit a de quoi séduire ! Et depuis la sortie du film, son succès a été décuplé. La
conséquence c'est que les bateaux accostent par dizaines ici, et y déversent leurs flots de touristes. Lorsque nous arrivons à Maya Bay, il est encore tôt dans la matinée, et l'endroit est
relativement calme. Mais l'invasion va vite devenir insupportable, et nous quittons la plage sans regret. Dommage, j'imagine le plaisir que nous aurions eu à nager dans ces eaux transparentes, et
à jouer aux explorateurs à l'arrière de la baie où un étroit chemin de sable permet d'accéder.

Nous faisons une deuxième halte en pleine mer : on va bien finir par les voir, ces poissons !
Nous nous équipons des masques et tubas, et nous plongeons. Il y a pas mal de courant, et je préfère jouer la carte de la sécurité en enfilant un gilet de sauvetage. Je sangle Adrien dans un
autre gilet de sauvetage : cela nous permettra de flotter sans effort en cas de fatigue ou de crampe.
Je retrouve le plaisir que j'ai déjà éprouvé lors de précédentes plongées dans d'autres pays. Sous l'eau, tout est différent : seul le bruit de ma respiration dans le tuba trouble le silence des
lieux. Les poissons multicolores évoluent avec grâce, et passent près de moi. Il me semble à chaque fois que je vais pouvoir les toucher, alors qu'au dernier moment, ils font un écart et
m'évitent.
Je suis quand même un peu déçue par la qualité de l'eau : elle n'est pas aussi limpide que je l'avais imaginé, ni que l'on nous l'avait fait espérer. Beaucoup de coraux sont morts au fond de
l'eau, et ça n'est pas bon signe quant à la pollution.
Nous reprenons la navigation, en longeant les falaises recouvertes de végétation. Nous passons près d'une gigantesque grotte : Viking Cave. C'est ici que certains viennent ramasser les nids
d'hirondelles que les Chinois achètent à prix d'or, pour leurs prétendues vertues aphrodisiaques.

Nous arrivons à Phi Phi Don. Le site, magnifique, est complétement dénaturé par la foule qui s'y presse.

Trop, c'est trop et là on atteint les limites du supportable. En fait, la plage baignable de l'île est minuscule, c'est une étroite bande de sable où chacun cherche à poser sa serviette sans
écraser son voisin. Les filles paradent en bikini le long de la plage, les garçons body-buldés exposent leurs muscles huilés au soleil, tandis que la sono diffuse à fond les dernières chansons
américaines à la mode. Bref, Ko Phi Phi pourrait être une plage de n'importe quel endroit du monde, et plus rien ne permet de dire qu'on est encore en Thaïlande.

Nous déjeunons dans un restaurant de l'île, et nous nous baignons dans ses eaux tièdes. Encore une fois, je pense que trop de tourisme tue le tourisme. J'imagine ce que devait être l'île il y a
20 ans : le paradis. Une eau transparente, protégée du courant par sa baie entourée de falaises, une plage de sable blanc bordée de pins maritimes d'où venait le chant des oiseaux ...
L'île ne garde aucune trace du tsunami survenu en décembre 2004 : tout a été reconstruit, mais en pire. Petits commerces de souvenirs, magasins de vêtements avec quantité de paréos, tongs,
lunettes de soleil, chapeaux, crèmes solaires, se touchent sur l'étroite bande de sable qui rejoint le port. Il règne un bruit et une agitation frénétique sur ce port, où accostent les ferrys
chargés de touristes venus passer quelques jours de vacances à Ko Phi Phi. Nous qui avions fait le choix de ne pas séjourner ici, nous nous en félicitons !
Nous reprenons le bateau jusqu'à Bamboo Island. La raison du nom de cette île m'échappe : il n'y a pas un seul bambou à l'horizon. Mais le snorkelling y est particulièrement agréable, l'eau est
claire et les poissons nombreux. Adrien se trouve entouré d'un banc de poissons avec lesquels il partage une banane. Et il a du succès !

La plage est superbe, sauvage, sans aucune habitation. Elle fait d'ailleurs l'objet d'une protection toute particulière, étant classée parc naturel.
Nous passons la majorité de notre temps sur l'île dans l'eau, il fait tellement chaud !
Mais soudain le temps se gâte, de gros nuages gris envahissent le ciel, et l'on entend le tonnerre gronder au loin. Il nous semble voir quelque chose, là-bas, loin sur la mer. Est-ce que c'est
une vague, est-ce que c'est un nuage de pluie ? Dans le doute, tout le monde regarde l'horizon avec inquiétude. Les voix se taisent, un silence de plomb s'installe. La tension est palpable, et le
souvenir du tsunami est dans toutes les têtes. Ce qui ne nous aide pas vraiment à se rassurer, c'est la présence de panneaux indiquant le chemin à suivre pour se retrouver dans les hauteurs de
l'île en cas de tsunami.

Ces panneaux, on en a vu partout sur les côtes thaïlandaises. Ils ont été installés après la catastrophe pour permettre à la population et aux touristes d'évacuer les lieux à risques au plus
vite. Mais ils prennent un autre sens ici, avec cette forme indéfinissable que l'on voit au loin sur la mer. Les premières gouttes de pluie commencent à tomber, l'orage se rapproche, et nous,
nous courons jusqu'au bateau pour nous abriter. C'était l'heure du retour de toute façon, et nous rentrons sous la pluie. On décide que la forme entrevue au loin sur la mer n'était qu'un nuage de
pluie.
Plus que quelques jours avant le départ de la famille ! Camille met ce temps à profit pour acheter quelques petits souvenirs et dévalise les boutiques de paréos. C'est aussi la fin des
"vacances" pour Adrien, qui contrairement à nos habitudes, n'a pas travaillé les cours du CNED pendant les fêtes de fin d'année. On met les bouchées doubles pour en prendre plein les yeux, et on
assiste tous les soirs à des couchers de soleil merveilleux, où les derniers rayons embrasent le ciel, offrant des dégradés de rouge ou d'or. Pas de doute, Camille ne retrouvera pas ces couleurs
sous la grisaille parisienne !

Mais le temps passe vite, et il faut déjà se dire au-revoir. Dur dur de les laisser partir ! Mais peut-être plus dur pour elles de nous laisser ici ! Leur départ nous fait un sacré vide, on se
sent un peu perdu pendant quelques jours.
On ne peut s'empêcher de jeter un regard à leur bungalow quand on passe devant, honteusement occupé par d'autres touristes.
Pour couronner le tout, et pour la première fois depuis le début de notre voyage, Ludo et moi sommes malades. Une belle tourista dont on va mettre presque une semaine à se remettre. Je trouve ça
un peu long pour une simple gastro, et je pense plutôt qu'on a attrapé un parasite dans les eaux pas vraiment nettes de Ko Phi Phi.
On se sent très fatigué, et je suis à la limite d'aller voir un médecin, mes médicaments étant inefficaces.
Mais on se remet seuls peu à peu, lorsque l'on arrive à dormir. Difficile d'avoir une nuit de sommeil correcte, surtout lorsque notre voisin de bungalow ramène une prostituée d'une de ses virées
nocturnes, qui nous réveille en pleine nuit par des gémissements sans équivoques. Et oui, la Thaïlande, c'est ça aussi, il ne faut pas se leurrer ! Depuis le début de notre séjour dans le pays,
nous avons croisé de nombreux Occidentaux, parfois vieux et décatis, en agréable compagnie. Cependant, la prostitution est vécue ici différement de chez nous, et me semble moins "sale", moins
dégradante pour les femmes. De nombreux Occidentaux qui viennent en Thaïlande choisissent une fille et la gardent pour la durée de leur séjour. Ils se rendent ensemble au
restaurant pour les repas de la journée, vont à la plage, ou en balade en moto dans les environs. La demoiselle joue le rôle "d'escort girl". Elle est libre d'accepter ou non ce rôle, il n'y
a pas de proxénètes. En tant que femme, je plains ces filles, qui, pour pouvoir se payer des études, vendent ainsi leur corps aux étrangers de passage. Mais la société Thaïlandaise ne les
rejette pas, et elles pourront tout à fait exercer un autre métier lorsqu'elles le décideront.
Nous tentons de reprendre les habitudes de notre trio, et consacrons les matinées au travail scolaire d'Adrien, tandis que les après-midi nous partons en vadrouille dans les environs. On découvre
ainsi une ferme piscicole, où l'on élève des poissons-chats. Ils grouillent autour des bassins, ouvrant une gueule immense pour tenter d'attraper la nourriture qu'Adrien leur jette. Un
poisson-chat, c'est très moche, mais c'est bon ! On en déguste pour la première fois, simplement grillés au barbecue.
Nous sommes quasiment les seuls touristes à nous promener ici. Les autres visiteurs sont des Thaïs, accompagnés de nombreux enfants, qui sont ravis de nourrir les poissons. C'est la sortie
familiale du coin.
Comme la plupart de ceux qui ont une voiture ici, ils entassent les enfants à l'arrière des pick-up. Pas de siège auto ici !

Nous prenons toujours autant de plaisir à rouler, et à découvrir paysages et habitations, parfois très modestes, qui se serrent le long des routes.
Certaines exposent leurs toits de tôles colorés, d’autres sont juchées sur pilotis.
Nous retournons à Ao Nang, et trouvons une plage beaucoup plus calme car un peu excentré. Nous tentons en vain de trouver un autre hôtel dans ce coin, mais celui où nous sommes offre le meilleur
rapport qualité-prix dans cette région touristique. On espère qu’il plaira à Karine et Thierry, nos amis bordelais, qui doivent venir nous retrouver ici.
Nous allons les chercher à l’aéroport de Krabi quelques jours plus tard. Et les voilà ! On est heureux de les voir, et malgré la fatigue qui se lit sur leurs visages, c’est un sentiment partagé.
Comme pour ma mère et ma sœur, nous sommes venus les chercher avec le pick-up de l’hôtel, avec banquettes à l’arrière pour un minimum de confort. Ca met dans l’ambiance tout de suite !

Nous les ramenons jusqu’à l’hôtel (ouf, ça semble leur plaire).
Ils ont le temps de prendre un premier bain avant la nuit, et au vu de la température de l’eau (30 petits degrés) ce serait dommage de s’en priver. Ils se régalent, appréciant autant la tiédeur
de l’eau, que les couleurs de la plage dans la luminosité de cette fin de journée.

On s’attarde dans l’eau, puis sur le sable, goûtant le plaisir et la chance à être ensemble, à l’autre bout du monde. Nous leur faisons découvrir la saveur de la bière locale, la Chang Bier,
autant plus appréciée dans ces conditions.

Adrien est heureux, et que ce soit dans l’eau ou sur le sable, il ne lâche pas Thierry ou Karine d’une semelle.

La nuit tombe, et Thierry mitraille le coucher de soleil. C’est vrai que c’est beau, on ne s’en lasse pas. Nous avons assisté à des dizaines de couchers de soleil depuis que nous sommes ici, avec
un plaisir renouvelé à chaque fois.

La soirée se passe joyeusement, et nous faisons découvrir à Karine et Thierry quelques plats thaïs, qui ravissent leurs papilles et leurs estomacs. Ils ont peu et mal dormi dans l’avion, et
veillent pourtant bien tard ce soir là ! Mais on se doute que l’excitation va bientôt faire place à la fatigue, Et malgré leurs souhait de se lever tôt pour profiter de la journée du
lendemain, on les laisse faire une grasse matinée réparatrice.
De notre côté, nous en profitons pour faire travailler Adrien, comme chaque matin, et j’avance un peu dans la rédaction du blog.
Après ça, la journée est vouée au farniente : repas au resto de l’hôtel, balade sur la plage, sieste dans les hamacs. Et bien sûr, baignade et encore baignade.
Le lendemain, nous sommes un peu plus actifs, et nous louons des scooters pour une virée dans les environs. Thierry le motard est le plus heureux ! Direction Ao Nang, pour un solide petit
déjeuner, préambule nécessaire à la dure journée qui nous attend. Pour nous trois, partis de France depuis si longtemps, c’est un réel plaisir de déguster un petit déjeuner avec un vrai café, un
chocolat chaud, et des croissants.
Nous allons sur la belle et grande plage d'Ao Nang, que nous avions répérée précédemment, tentant de nous protéger à grand renfort de crème solaire des rayons brûlants du soleil.

On aimerait bien pouvoir se rafraîchir par une baignade dans la mer, mais c’est marée basse. On marche longtemps pour un résultat médiocre : l’eau nous arrive aux genoux. On se trempe pourtant,
manière d’avoir moins chaud, jusqu’à ce que j’aperçoive quelques petites méduses. Bon, et bien voilà … On ne peut pas se baigner, et on a du mal à rester sur la serviette, il fait vraiment trop
chaud.
Le mieux, c’est de lever le camp, et de se trouver un petit resto sympa pour le déjeuner. Mission accomplie : sur le trottoir, un petit resto ambulant a installé une table et quelques tabourets,
où nous mangeons à prix dérisoire.

Après cette pause, nous reprenons les scooters. Thierry et Karine nous suivent sur leur scooter, et apprécient eux aussi cette sensation de liberté que nous éprouvons à rouler sur ces petites
routes. Et puis, on préfère être devant, pour qu'ils se souviennent qu'ici on roule à gauche !

C’est toujours une agréable surprise de voir des éléphants au bord de la route, prêts à accueillir les touristes pour une balade dans la jungle. On se promet de faire ça un peu plus tard.

Pour le moment, Ludo veut absolument montrer à Thierry une moto qu’il a vu à la vente dans un petit garage. Il veut avoir son avis, en sa qualité de professionnel de la moto. Lorsqu’il la voit,
Thierry est lui aussi emballé ! Et pendant 15 jours, les garçons vont nous parler régulièrement et très souvent de cette moto, une véritable affaire pour 300 euros…
Pour l'heure, le temps se gâte, mais on décide de continuer la balade en moto. Seul Adrien serait d’avis de rentrer, mais la majorité l’emporte ! La suite va lui donner raison, car la pluie se
met à tomber, et on trouver in-extrémis un abri sur la route. On se protège avec les moyens du bord. Il tombe des cordes !

La pluie finit par cesser, et nous rentrons à l’hôtel, non sans avoir fait un arrêt goûter pour Adrien dans un petit café adorable.
Le lendemain, c’est balade sur la plage jusqu’au petit village de pêcheurs. Nous faisons découvrir à nos amis les barques amarrées sur le sable, les poissons qui sèchent au soleil avec leur odeur
si caractéristique.

On va également déjeuner dans un petit resto local, abrité de la chaleur et du soleil sous le toit en palme et bambou de la paillote. Ici, les jus de fruits frais sont un vrai régal, surtout
celui d’ananas, et au prix de 0,50 centimes le verre, on se gorge de vitamines C !

Ce que j’apprécie aussi en Thaïlande, c'est la facilité et le coût des services. Par exemple, celui de la laverie : comme d’habitude, nous donnons notre linge à laver, et nous dépensons …
0,70 euros/par kilo. On le récupère propre, et plié. Karine, qui avait emporté sa lessive à main, n’a plus qu’à l’oublier au fond de son sac. Et moi, je me surprends à rêver une fois de plus :
ah, si ce genre de service pouvait exister en France, je ne passerai pas mes week-end en compagnie de ma machine à laver …
Mais il est temps pour nous de quitter définitivement Krabi. Cap sur Ko Lanta !
IV°) KO LANTA
Nous achetons nos places à l’embarcadère, et attendons avec d’autres passagers le ferry qui doit nous amener à Ko Lanta.
Pour certains, l’attente se passe plutôt cool … mais je comprends maintenant pourquoi cette valise grise est fendue.

Le ferry embarque bien plus de passagers qu’il n’offre de places assises. Le résultat, c’est qu’on se retrouve par terre, serrés les uns contre les autres.

Lorsqu’on approche d’îles habitées, des petits canots nous rejoignent, venant amener ou chercher des touristes pour le compte d’un hôtel. Pour monter à bord ou pour en descendre en pleine
mer, c’est plutôt acrobatique et les passagers passent de canots en canots jusqu’au ferry.

Nous arrivons à Ko Lanta. Comme à Ko Phi Phi, il y a ici deux îles : la première est inhabitée, il s’agit de Ko Lanta Noi, et nous passons devant sans nous arrêter. La seconde, c’est Ko Lanta
Yai. Nous accostons ici, dans la petite ville de Ban Saladan, typique avec ses maisons en bois sur pilotis à l’entrée du port.

Après négociation sur le prix, un taxi pick-up nous conduit jusqu’à Phra Ae Beach, la seconde plage de l’île en descendant vers le sud. Mais ni la plage, ni l’hôtel ne nous plaisent vraiment :
trop de monde, trop de bruit, et un confort vraiment sommaire.
Après avoir passé une mauvaise nuit ici (à cause de la proximité de bars), nous repartons dès le lendemain. On se met d’accord avec un taxi pick-up pour qu’il fasse des arrêts en descendant vers
le sud. De cette manière, nous visitons plusieurs hôtels sur la route, avant de trouver l’endroit idéal : un resort au vaste parc fleuri, au bord de la mer, avec piscine. Je négocie fermement les
prix, et pour 24 euros, nous avons un bungalow tout confort, petit déjeuner inclus.
Le seul inconvénient, c’est l’absence de plage baignable, à cause de la présence de rochers dans l’eau. Mais comme on a l’intention de bouger pour visiter l’île, ça n’a pas une grande
importance.
Adrien s’éclate dans la piscine, et passe des heures dans cette eau si chaude et si agréable. Un vrai poisson ! Les adultes ne se font pas prier non plus pour se baigner et jouer dans l’eau avec
lui.
Mais depuis son arrivée en Thaïlande, Thierry rêve de conduire un tuk-tuk, lui qui possède un side-car en France. Normalement ils ne sont pas loués aux touristes qui ne savent pas les manœuvrer.
Mais, bien décidé à ce que son rêve devienne réalité, Thierry arrive à convaincre quelqu’un de lui louer son tuk-tuk pour quelques jours.
On s’entasse sur les banquettes, et roule ma poule !

Thierry est
heureux et ça se voit !
Grâce à lui, nous sommes libres d‘aller et venir sur l‘île et on ne va pas s‘en priver ! Que ce soit à l’un des bar-restaurant du village où nous buvons un verre, agréablement allongés sur des
coussins, ou en balade sur les petites routes, les bons moments et les fous rires s’enchaînent.
Le tuk-tuk patine dans les virages, et il faut toute la dextérité d’un conducteur chevronné comme Thierry pour ne pas nous envoyer dans le décor. Karine, à l’avant du tuk-tuk stresse un peu quand
nous prenons de la vitesse, ou dans un virage un peu serré.
L’île est vraiment belle et sauvage, pratiquement entièrement recouverte de jungle. La route, construite près du littoral, est la seule qui sillonne Ko Lanta. Au final, ce n’est qu’une mince
bande de terre qui est accessible aux hommes et habitées. On entend nettement le chant des oiseaux qui s’élève des arbres.
Le souci principal à Ko Lanta lorsqu‘on circule en tuk-tuk, c’est les côtes… Là, même en prenant de l’élan, il ne parvient pas à les gravir, nous sommes trop lourds ! Nous descendons, et nous
marchons jusqu’en haut de la côte où nous retrouvons Thierry. Parfois, Ludo est même obligé de pousser le tuk-tuk.

En descendant ainsi dans le sud du pays, on trouve une plage paradisiaque en contrebas de la route. Nous garons notre tuk-tuk, et descendons le long d’un petit chemin escarpé jusqu’à la
plage.

Et là, on se trouve quasiment seul sur cette magnifique plage de sable blanc.

Nous trouvons un peu d’ombre sous les arbres, mais nous passons l’essentiel de notre temps dans l’eau. Elle est claire et tiède, et le sable fin est doux sous nos pieds. Ici, pas de cailloux ni
de rochers. Alors que je me baigne avec Adrien, et que Ludo et Thierry se sont un peu éloignés sur la plage, Karine, restée sur le sable reçoit la visite d’un petit curieux. Un singe, venu la
saluer, ou venu voir s’il pouvait trouver un peu de nourriture dans nos sacs. Il n’est pas agressif, ce qui rassure Karine, peu habituée à fréquenter ce genre d’animaux à Bordeaux, quoi que …

Nous quittons la plage et repartons avec notre tuk-tuk. Impossible de descendre plus vers le sud, car la route fait bientôt place à une piste, impraticable avec notre engin. Quelques motos
tentent le passage, et j’imagine l’état dans lequel les motards arrivent à destination : couverts de poussière ! Seuls les 4/4 arrivent facilement à poursuivre leur chemin.

Nous retournons donc sur nos pas, et déjeunons dans un petit resto, peu engageant par son aspect, mais où, avec les moyens du bord, on nous prépare un délicieux repas thaï.

Ici, comme dans beaucoup de restaurants destinés aux locaux, on ne sert pas d’alcool à table. On l’oublierait presque, mais l’île est en grande majorité peuplée par des musulmans. Et j’ai la
surprise de constater qu’au Seven/Eleven du village, une autre restriction s’applique : les ventes d’alcool, même légers comme la bière, sont interdites pendant presque toute la journée.
L’interdiction est levée vers 17 heures. Tant de rigueur prête à sourire, surtout lorsqu’on voit l’état totalement « allumé » de certains autochtones. Et oui, à côté d’une majorité de
musulmans pratiquants, il y a ici quelques beaux spécimens de rastas, aux locks emmêlées, vautrés à l’ombre, qui fument ou consomment d’étranges substances...
De retour à l’hôtel, Karine et Thierry ne résistent pas à l’appel de l’éléphant, et partent pour une balade cadencée sur son dos. Pour nous trois, cela se fera plus tard.
Ils reviennent emballés de leur promenade. Ils ont été impressionnés par la délicatesse de l’animal, posant ses lourdes pattes sans la moindre hésitation le long des ravins.

Après ça, une bonne noix de coco à partager entre amoureux pour se remettre de ses émotions s’impose !
Le lendemain, nous parvenons à décider Karine pour une excursion en bateau dans les îles voisines. Elle surmonte ses angoisses, et accepte de partir en long-boat. A mon
avis, le speed-boat est plus confortable, et surtout plus rapide, mais ce n’est pas envisageable pour elle. Nous partons donc dans un long-boat, c’est-à-dire un petit bateau à moteur, ultra
bruyant et poussif.

Au début, Karine a le sourire, mais très vite la traversé va devenir un enfer. La mer est agitée, et assis sur nos bancs en bois à l’avant du bateau, nous sommes trempés. On nous protège tant
bien que mal au moyen de bâches de plastique sur les côtés du bateau. Le bateau bouge beaucoup, et plus le temps passe, plus mon estomac fait des siennes. Je me tourne vers Karine, assise
derrière moi : elle est blême. Elle tente sans succès de prendre sur elle, mais la peur finit par l’emporter, et elle craque. La voyant pleurer, Adrien s’imagine que nous sommes en situation de
risque, et pleure aussi. On le prend contre nous, et on le rassure. Thierry essaie de faire de même avec Karine.
Enfin, le bateau fait un premier stop pour une première plongée en pleine mer. Je suis soulagée de m’arrêter, mon estomac va pouvoir ré-intégrer sa place normale, et cesser de faire le yoyo.
On plonge avec plaisir dans l’eau claire et tiède. Les poissons sont là, fidèles au rendez-vous. C’est un bonheur à chaque fois renouvelé de nager, d’admirer leurs formes et leurs couleurs
dans leur milieu naturel. Adrien évolue à son aise dans l’eau, et nous montre du doigt les plus beaux poissons, les plus beaux coraux.
Je retourne près du bateau car je ne vois pas nos amis dans l’eau. J’ai la surprise de voir qu’après quelques minutes, Karine est remontée à bord. J’imagine que c’est la conséquence de la
navigation agitée de tout à l’heure. Mais lorsqu’il est l’heure de repartir, et que nous revenons au bateau, elle m’explique qu’elle s’est fait piquer par une méduse. La pauvre, décidément c’est
sa journée ! Une poche de glaçon est sensée la soulager, et c’est vrai que son genou va dégonfler dans la journée.
Le bateau repart, et s’arrête rapidement devant l’entrée d’une grotte : voici Ko Muk. Tout le monde a l’obligation de s’équiper des gilets de sauvetage, et de suivre le guide, ou plutôt la
lumière de sa puissante lampe torche.
On saute à l’eau, et on motive Adrien à nous suivre. Karine et son genou préfèrent rester sur le bateau.
Nous commençons à nager dans la grotte, qui devient de plus en plus sombre au fur et à mesure de notre avancée. Au bout de quelques mètres, nous sommes dans l’obscurité la plus complète. Karine a
bien fait de ne pas venir, elle n’aurait pas supporté ça. Et c’est vrai que c’est très impressionnant de nager dans le noir et sous la roche, sans quitter des yeux le seul point lumineux dont
nous disposons : celui de la lampe torche du guide ! Je suis très fière d’Adrien, qui nage courageusement malgré ses appréhensions.
Nous débouchons enfin à l’air libre. Whaou, c’est magnifique !

On se croirait dans une piscine naturelle d’un vert irréel, protégée par d’immenses falaises de part et d’autre, auxquelles s’accrochent une végétation épaisse et luxuriante. Nous passons un bon
moment ici, à nager et faire les fous dans l’eau.
Nous revenons au bateau et prenons un modeste déjeuner sur place.
L’arrêt suivant se fait sur l’île de Ko Hai : plage de sable blanc, eau transparente, et pains de sucre se découpant à l’horizon… C’est la plus belle plage que j’ai vu jusqu’ici en Thaïlande.


Nous la quittons à regret, et rentrons à Ko Lanta.
Après la visite du singe, et la piqûre de la méduse, Karine qui est décidément l’amie des bêtes, héberge un crapaud dans sa salle d’eau, venu jouer les voyeurs alors qu’elle prend sa douche.
Jaloux, Thierry le met dehors.

Pour notre dernière journée à Ko Lanta, nous squattons la piscine. Une eau chaude comme ça en France, ça n’existe pas !
Et une dernière fois, on assiste à un merveilleux coucher de soleil sur la mer.

Le lendemain, nous nous levons tôt : nous devons prendre le bateau jusqu’au continent, et rallier Krabi pour prendre un vol jusqu’à Bangkok . Mais alors qu’une navette passe tous les jours à
l’hôtel pour amener les clients à l’embarcadère, aujourd’hui elle n’est pas là. Le personnel de l’hôtel, gentil mais inefficace, ne se souvenait plus que nous partions aujourd’hui…
Moi, je ne m’énerve plus, plusieurs mois en Asie m’ont appris que cela ne servait à rien, et qu’on trouvait toujours une solution. Le temps passe, c’est désormais trop tard pour le bateau (que
nous avons déjà payé).
Au final, l’hôtel appelle un minibus. Il perd encore une heure à aller chercher d’autres touristes dans différents hôtels de l’île. L’une des passagères s’inquiète pour son vol, mais le chauffeur
la rassure : promis, il arrivera à temps à l’aéroport. Dès la sortie du bac, il enfonce la pédale d’accélérateur et va conduire comme un dératé jusqu’à Krabi. Dépassement de la ligne
continue, absence de visibilité pour doubler : cela ne le dérange pas du tout !
Adrien s’endort sur la banquette arrière, et j’aimerais bien en faire autant, au moins je ne verrais pas les risques pris. Mais nous arrivons sans accident à l’aéroport, et largement à temps pour
notre vol. Bangkok, nous revoilà !
V°) RE- BANGKOK
Comme de vieux habitués, nous retrouvons facilement nos marques à l’aéroport de Bangkok. On prend un taxi familial, qui nous accueille tous les cinq et nos bagages.
L’hôtel que j’ai choisi est idéalement situé : proche des quais, et surtout proche de l’ambassade de France où j’ai pris rendez-vous pour faire établir les nouveaux passeports. Mais si cet hôtel
a vécu ses années de gloire, elles sont maintenant très loin derrière lui. Immense et vieillissant, il n’a rien d’agréable. Les premières chambres que nous visitons sont vétustes et déjà occupées
par … des cafards.
On nous propose d’autres chambres, à un étage supérieur. Elles nous semblent plus propres, et nous décidons de rester là au vu de l’heure tardive.
Le lendemain, je me rends à l’Ambassade de France avec Adrien : empreintes digitales et photos sont prises pour nos nouveaux passeports, qui devraient être prêts dans les 8 jours.
Le temps est gris et lourd, l’atmosphère polluée, taxis et tuk-tuk sillonnent les rues sans relâche et à grand bruit : bref, Bangkok est fidèle à elle-même.
Nous prenons le bateau-bus local pour remonter la rivière Chao Phraya jusqu’à l ‘embarcadère le plus proche du Wat Pho. Les rues que nous traversons pour y arriver sont pittoresques : les paniers
débordent de poissons séchés, de fruits secs, d’épices.
Au Wat Pho, on admire principalement le temple du gigantesque Bouddha couché. Il fait quand même 45 mètres de long et 15 mètres de haut ! Il contient à peine dans ce petit temple. Nous entrons
ici pieds nus, comme dans tous les temples en Thaïlande. J’apprends ici que la position couchée est celle précédent l’atteinte du nirvana : je m’en souviendrai lorsque j’aurai mauvaise conscience
de ne rien faire, allongée dans un hamac.

On déjeune dans un restaurant de rue, sur le bord du trottoir. Comme bien souvent ici, ce sont les repas les plus simples qui sont les meilleurs.

Et on savoure de délicieuses pâtes sautées au wok, avec petits légumes et poulet. Le dessert est constituée de beignets de bananes, achetés un peu plus loin sur le trottoir.
Les shoppings center offrent une alternative intéressante à la canicule et au bruit qui règnent en ville. Et surtout, il y a de magnifiques salles de cinéma ! Comme au théâtre, on peut choisir
ses places dans la salle. Nous allons voir « Avatar », à un prix défiant toute concurrence, et dans des conditions optimales. C’est la seconde fois que nous nous rendons dans une salle
de cinéma à Bangkok, mais c’est une grande première pour Thierry et Karine. Ils ont la surprise d’entendre retentir l’hymne au Roi dans la salle, invitant tous les spectateurs à se lever dans un
recueillement silencieux.
Le film, en 3D, nous en met plein les yeux ! On ne comprend pas tous les dialogues, en anglais, mais le sens général suffit pour comprendre l’histoire.
Nous trouvons facilement de quoi dîner dans l’un des très nombreux restaurants du shopping center. Il y a l’embarras du choix : nourriture chinoise, vietnamienne, japonaise, italienne, etc …
Un taxi nous ramène à l’hôtel, un taxi qui arbore quantité d’autocollants d’interdictions collées sur le tableau de bord, ou sur les vitres. Certaines sont classiques : interdiction de manger et
de boire à bord, d’autres beaucoup plus surprenantes : interdiction de voyager avec un durian (fruit exotique qui a la suave odeur de l’égout), ou de péter ! Ca nous fait beaucoup rire, surtout
Adrien qui a eu un devoir de dessin où il devait imaginer un pays rempli d’interdictions, le pays de « Ne pas ».
A Bangkok, on fait aussi une balade en bateau sur les klongs, c’est-à-dire les canaux qui sillonnent la capitale. Ici, plus de grands immeubles ultra-modernes ! Dans cette partie de la ville,
place aux petites maisons modestes, presque des cabanes sur pilotis au toit de tôle. Construites sur l’eau, au moyen de planches mal assemblées, ces vieilles baraques de
tôles côtoient quelques belles villas protégées par de hautes grilles en fer, et quelques temples bien cachés. Une végétation dense entoure ce quartier liquide : des bambous, des bananiers, des
cocotiers …
Nous terminons la balade devant le Wat Arun, facilement reconnaissable entre tous les temples de Bangkok grâce à sa silhouette particulière.

De près, on s’aperçoit que le bâtiment principal est entièrement recouvert de morceaux de faïence, dans un style plutôt kitch que l’on retrouve dans de nombreux temples de la ville.

Malheureusement, les vacances de Karine et Thierry en Thaïlande touchent à leur fin. On a partagé avec grand plaisir ce petit bout de voyage, et il est maintenant temps de continuer notre route à
trois. Nous les laissons partir à regret. Quant à nous, nous quittons Bangkok pour quelques jours. Nous reviendrons y chercher nos passeports lorsqu’ils seront prêts. Pendant ce temps, cap sur
Kanchanaburi.
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